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interview de Whyzdom



   

Whyzdom
 Whyzdom

   France
 Date : 2007

Réalisée le lundi 14 avril 2008 avec Tely, Nico et Vynce, à Paris

 

 Suite de l'interview de Whyzdom publiée hier, que vous pourrez retrouver dans la section Interviews. Elle concernait le groupe en général, les questions suivantes seront quant à elles en rapport avec le premier EP du groupe, "Daughter of the Night".


Corsairr : Pouvez vous nous parler du concept de l'EP ?

 

Vynce : Ça tourne beaucoup autour de la mort. Souvent dans les groupes extrêmes, la mort est une image qu'on aime bien brandir ou revendiquer. Mais dans Whyzdom, c'est la mort comme une figure intimement liée à nous même et inévitable. Donc au travers des chansons, on parle de la peur de vieillir et de ce qu'il y a au bout de la route. Mais il n'y a pas une ligne directrice de toutes les chansons :
- La première chanson (Witness) parle de la guerre et du fait qu'on en est témoin sans pouvoir réagir et donc la mort règne un peu partout.
- Daughter of the night, c'est un personnage qui est entre la vie et la mort, sur le fil du rasoir.
- The train, c'est un cauchemar, dans lequel le personnage principal est dans un train et il essaie d'en sortir. Il n'a pas compris que descendre du train c'est mourir.
- On the wings of time, c'est une chanson sur la peur de vieillir.
Donc à chaque fois, il y a la mort qui rôde. Mais ce n'est pas une image grand-guignolesque. C'est quelque chose de vraiment ancré en soi. La pochette en est un parfait exemple, il n'y a pas de crâne. La mort est un personnage encapuchonné, sur un trône et régnant sur tout. Il y a aussi Telya (NdlR : elle représente la fille de la mort/nuit), ce qui donne un côté presque familial. La mort est juste là.
Dans les chansons, comme sur la pochette, la mort a souvent la parole, elle est très présente. Mais elle se contente de constater les faits, elle n'est pas agressive.


Telya : Dans les textes, il y a toujours une lueur d'espoir. Malgré le côté dark que représente la mort, il y a toujours un élément rassurant que mon personnage s'efforce de faire ressortir.


Racontez nous l'histoire de la fille de la nuit ...

Vynce : C'est un conflit entre le père et la fille, le père étant la figure de la mort et la fille étant la fille de la nuit, la figure de la vie. Il y a une personne entre la vie et la mort. La fille est éprise du jeune homme et essaie de l'attirer du côté de la vie, et la mort tente au contraire de mettre fin à cette existence. Donc pendant toute la chanson il y a cette dualité.


Parlons un peu de la jaquette !

 

Vynce : C'est la chanson Daughter of the night. La dualité qu'on évoquait précédemment est reprise sur la pochette. Les deux personnages sont intimes. Souvent on représente la vie et la mort comme des personnages opposés et contradictoires, mais nous avons préféré les représenter comme une famille. Dans le clip justement, je voulais qu'on voit à la fin, que sous le capuchon de la mort se trouvait le même visage que celui de la fille de la nuit. Par ailleurs, il y a la figure de la fille de la nuit en avant plan qui regarde le spectateur, en signe d'indépendance par rapport à ce qui se passe en arrière plan. C'est la note positive !


Pourquoi avoir choisi d'écrire les textes en anglais ?

 

Vynce : Il y a une quinzaine d'années j'écrivais mes textes en français. Lors de démarchages de label, une maison de disque anglaise m'a répondu « oui, on aime bien ce que vous faites. Mais est-ce que vous pouvez le refaire en anglais ? » et quand une maison de disque anglaise te demande ça, la réponse est évidemment « oui oui, je vous donne ça la semaine prochaine ». Et donc depuis, je fais tout en anglais. C'est une langue dans laquelle je me sens très à l'aise.


Tu penses que la langue anglaise apporte quelque chose à ton chant ?

 

Telya : Dans mon ancien groupe, on m'avait demandé de ne chanter qu’en français. C'est pas évident pour du métal. Chanter en anglais me convient parfaitement.


Vynce : En plus, on ne compose pas de la même façon pour du chant anglais que pour du chant français. Quand tu es anglophone, une partie des mélodies que tu écris est dictée par la musique de la langue. C'est abominable de prendre une chanson en français et de simplement la traduire. Il y a des problèmes d'accents toniques. Même si ton accent est bon, ça sonne plouc pour un anglais. Le rendu de la mélodie anglaise est différent du rendu de la mélodie française. A mon goût, la mélodie anglaise, après que la langue ait imposée sa musique, rend mieux pour le metal que la mélodie française. Par exemple :


Nico : J'avoue que je n'ai pas spécialement d'attirance pour le metal en français. Si Vynce m'avait proposé un projet en français, ça m'aurait sûrement pas intéressé. Et puis j'aime bien ne pas comprendre les paroles.


Vous nous avez parlé du bout des lèvres d'un clip sur Daughter of the night... Va falloir nous en dire un peu plus !

 

Vynce : Alors ce clip a été tourné en juin 2007. Les créations Vultus nous ont beaucoup aidés pour les costumes et pour le lieu de tournage. On a monté une équipe de gens qui ont bien aimé la musique, on devait être une quinzaine. Très peu de sommeil et beaucoup de gros souvenirs ! Ça a pris beaucoup de temps pour sortir les premières versions. (NdlR : au moment de l'interview la post production n'était pas encore achevée). Mais maintenant que l'on vient de signer, on ne va pas le publier comme ça parce qu'il pourra être utilisé comme bonus track de l'album ou pour appuyer promotionnellement la sortie de l'album. On a de très très belles images, mais vu toutes les tâches qui se présentent, notre priorité n'est pas de finir ce clip. On l'enverra à notre label quand on l'aura fini pour qu'il prenne une décision quant à l'utilisation de ce document.


Pourquoi avoir choisi Daughter of the night pour le clip ?

 

Vynce : On avait accès à un château et des robes superbes, il fallait donc faire un truc à huis clos et ça collait bien au thème de cette chanson là. Sinon, on voulait faire The witness mais il nous fallait créer une atmosphère post-nucléaire avec vingt cinq mille figurants (rires)… Mais on ne désespère pas. Pour la prochaine fois !


Et concernant l'album à venir ... vous pouvez nous en dire un mot ?

 

Vynce : On a déjà enregistré sept morceaux dont quatre sont sur l'EP et on va les réenregistrer. En plus de ça, on a déjà trois autres morceaux composés, peut-être même quatre, voire cinq. Donc on a entre dix et douze titres. On va enregistrer ça en juin. Ça sera du Whyzdom : la tonne d'orchestre, la tonne de chœur, la tonne de guitare, la tonne de grosse caisse, la tonne de chant, la tonne de tout ! On nous appelle « Monsieur Plus ».


Nico : Tout à la brouette !


Vynce : Donc ça va avoiner grave !


La mort sera toujours présente ? Est-ce que l'univers Whyzdom est définitivement dark ou c'était juste le premier EP ?

 

Vynce : Vynce : L'univers Whyzdom est dark mais empli d'espoir ! Les chansons sont en quelque sorte des témoignages émotionnels. Souvent le personnage central commet une erreur dans sa vie et la chanson, comme un témoignage, donc, rappelle de ne pas la commettre à notre tour. Par exemple, la dernière chanson que j'ai écrite, The old man in the park, parle d'une jeune fille qui regarde par la fenêtre tous les matins et qui voit un vieil homme assis sur un banc. Un matin, il n'est plus là, il est mort. A la fin de la chanson, on comprend que c'est son père qu’elle n’a jamais connu et auquel elle n'a jamais osé parler et qu’il est maintenant trop tard pour aller lui parler !


Vous avez deux minutes de bandes pour convaincre les gens d'acheter votre EP.


Vous avez deux minutes de bandes pour parler aux gens qui n'aiment pas ce que vous faites.