Décidément, les soirées sont atypiques au Poste à Galène de Marseille ! Contrairement à Delain, le groupe grec Septicflesh n'arriva pas avec huit heures de retard ce lundi 16 Mai. Et c'était tant mieux, car pas moins de quatre groupes étaient programmés pour cette soirée aux couleurs du death metal. Dur dur d'être à la fois journaliste et live reporteuse, car interview oblige, je n'ai pu assister qu'à la moitié de ce long concert.
J'arrivai alors que le set du groupe W.E.B battait son plein… dans une ambiance désespérante de platitude, qu'on se l'avoue. Mais ils auront eu au moins le mérite d'essayer de redorer un public qui s'obstina à rester morose et commença seulement à se réveiller un peu pour Svart Crown, un groupe français qui, aux dires des quelques connaissances que j'avais dans le public, a sa petite réputation. Cela dit, la poignée de metalleux ne prit réellement des allures de foule en délire que lorsque les rois de la soirée montèrent sur scène, après une attente un peu longuette cependant. On peut dire que ce public que certains qualifieraient - à tort - de sataniste a eu une patience d'ange. Il faudra quand même que l'on m'explique à quoi les groupes occupent leurs après-midis si c'est pour, une fois le soir venu, effectuer leurs réglages devant les gens. Un problème technique peut-être…ma foi. En tout cas, le show fut au moins à la hauteur de nos attentes.
Set-list Septicflesh :
The Vampire From Nazareth
Communion
Chaostar
The Great Mass
The Virtues Of The Beast
Unbeliever
Pyramid God
Lovecraft Death
Oceans Of Grey
We The Gods
DNA
Esoptron
Persepolis
Rappel :
Anubis
Five Pointed Star
Lumières tamisées, introduction musicale lente et inquiétante, musiciens tels des ombres aux longues chevelures sombres arrivant de dos sous les ovations, entrez dans l'univers de Septicflesh. Malgré la présence des banderoles aux couleurs de "The Great Mass", encombrant tellement la scène qu'on se demande comment ils ont pu headbanguer, le groupe déploya toute son énergie dès l'entrée de set. Prudents (ou tout simplement efficaces, c'est selon comment on voit les choses!) les Grecs attaquèrent avec The Vampire From Nazareth. L'accueil futt au rendez-vous. Lumières et machines à fumées se déchaînèrent. D'ailleurs, au bout de trois ou quatre morceaux, on constata très vite une chose : trop de fumée tue la fumée. On n'y voyait presque plus rien et les photographes étaient dans la galère. Dommage. Cela n'avait pourtant pas l'air de déranger les fans, qui s'en donnaient à coeur joie dans les pogos, tandis que le vocaliste, Spiros, les appellait en brandissant sa basse telle une arme, à grands renforts de "Come oooooooooon" furieusement énergiques. Sous un rideau de dreadlocks, le beau Christos était en transe avec sa guitare. Question jeu de scène, tout était là. Ou presque. Question mise en place musicale, également. Que le prochain qui ait envie de dire que le death metal est une panique bruyante vienne me voir, je l'attends. Globalement, la relation avec le public était bonne même si la communication vocale n'était assurée que par Spiros : l'énergie était là, l'envie aussi, et les Grecs justifiaient ainsi en se passant de mots le fait que la France est "leur second pays". Au final, un set efficace bien qu'un brin monotone - mais c'est le répertoire du groupe qui veut ça. Il alterna entre les morceaux de "The Great Mass" et ceux des précédents opus. Le son n'était pas extraordinaire, mais il restait honorable quand on connait les difficultés de ce genre de petites salles en matière de sonorisation. La lourdeur et le côté décadent des compositions en était tout de même relativement bien conservé, et le groupe, friand d'introductions orchestrales comme celles de Oceans Of Grey, étaient suffisamment mises en valeur au cours de ce concert. Côté rythmique, ce sont surtout les morceaux énergiques comme Pyramid God qui eurent le pouvoir d'emporter la foule. Le groupe ne manqua pas de placer le tube Anubis en rappel. Etre placés dans la mezzanine permit d'avoir un autre point de vue sur la scène et, accessoirement, de se reposer un peu les oreilles. C'est ainsi qu'on a pu apercevoir le batteur qui, derrière ses pans de tissus, s'agitait comme pour montrer qu'il était là. C'est ainsi qu'on a aussi pu apercevoir un technicien sur le plateau, planqué derrière une banderole, ayant l'air de patienter sagement. Sans doute là en cas de problème. Rude travail que de devoir être sur scène à se dissimuler et à attendre alors que le groupe connaît la gloire. Pas de doute, Septicflesh sut se donner les moyens d'assurer un spectacle digne de ce nom. On regrettera simplement l'attente un peu longue.
Pour résumer, en bonne cité phocéenne, Marseille a accueilli les Grecs comme il se devait. Si le metal est loin d'être la musique nationale en France, et surtout le death metal, il n'en est pas moins respecté et admiré par une communauté de fidèles et il est bon de savoir qu'il pourra toujours compter sur ce public. Après tout, ce n'est peut-être pas un hasard si le label de Septicflesh est Marseillais : un signe du destin? Une preuve qu'ils sont ici chez eux? En tout cas, s'il est question de les accueillir chez nous, nous, on signe volontiers.
● Lwiz