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Nightwish au Zénith (23/03/09)


Près d’un an après leur dernier passage dans l’Hexagone, les Finlandais de Nightwish reviennent enfin en France pour notre plus grand bonheur. Pour preuve, le Zénith de Paris affiche complet pour les deux dates de leur tournée française. Les premiers fans se présenteront devant les barrières dès sept heures du matin, venant de toute le France. Le temps se rafraichit, les vigiles se décident à installer les barrières vers 18 heures et la pression des fans augmente. Trente minutes plus tard, les portiques s’ouvrent enfin et, après un contrôle relativement soft des vigiles, les 4 000 personnes présentes se précipitent dans la salle. Les premiers rangs sont très vite occupés ! Le manager de Nightwish viendra à plusieurs reprises distribuer des goodies de Pain aux premiers rangs, dans la folie générale. Le seul point noir de l’attente se révèlera être l’organisation du Zénith qui, malgré le prix élevé de la place (plus de quarante euros), baissera un écran afin de diffuser de la publicité. L’écran sera contraint de disparaitre rapidement, victime de la bronca du public ! Enfin, le concert commence.

La première partie est assurée par Indica, un groupe finlandais exclusivement féminin produit par notre hôte du soir, Tuomas Holopainen. D’après les commentaires ayant filtrés dans la file d’attente, on aurait pu croire que cela serait un show ennuyeux et plat mais ce fut le contraire qui eu lieu ! Malgré la brièveté du show (cinq chansons), leur musique est énergique et entraînante, les musiciennes s’amusent pleinement sur scène (en particulier la bassiste) et Jonsu, très élégante ce soir, nous gratifiera d’une sublime reprise de Kate Bush. La belle fera également l’effort, entre deux passages au violon, de parler français au public, lequel lui rendra grâce comme il se doit ! Ceci dit, il y a fort à parier que nombre de personnes présentes dans la fosse ont plus profité de la jolie plastique des belles que de leur musique, pourtant joyeuse et pleine de vie ! Il faut cependant avouer qu’Indica n’est pas le groupe le plus qualifié pour chauffer un public tel que celui du Zénith, a fortiori quand Pain et Nightwish doivent suivre. Leur musique est trop « sage » pour cela… Mais elle est quand même fort plaisante !

Vient ensuite le tour de Pain. Cela se ressent dans la fosse. Un mouvement de foule gigantesque se produit, les premiers rangs se retrouvant littéralement compressés entre la barrière et ceux de derrière qui pressent pour gagner quelques minuscules mais « précieux » centimètres ! Pain est LA déception de la soirée. Certes, ils ont joué leurs plus grands tubes, ce qui est normal pour un groupe assurant la première partie. Mais leur set-list fut sans surprise et c’est bien là leur défaut. Aucune surprise, aucune innovation… Peter ne communiquera même pas avec le public, excepté pour « Monkey Business », un clip étant réalisé pour l’occasion. A part ça, leur show n’a pas cassé trois pattes à un canard, malgré le fait qu’il fut puissant, énergique, et qu’il mit une ambiance du tonnerre dans la fosse ! Les fans étaient déchainés, en particulier sur « Shut Your Mouth ». Mais le manque de surprise plombe tous les aspects positifs de leur passage. Une déception de taille s’ajoute à cela : l’absence de « Follow Me » de leur set-list, l’occasion étant pourtant idéale…

Commence l’attente pour Nightwish… Le décor se met lentement en place : la pochette de Dark Passion Play en fond de scène, une ancre de navire près d’Emppu et la coque d’un navire entourant les claviers de Tuomas, notre capitaine de la soirée ! Les membres apparaissent lentement sur scène, en compagnie de Troy Donocley. Résonne alors l’intro. Sublime ! Merveilleuse ! Inoubliable ! Une musique envoûtante et entêtante, à l’esprit festif et celtique, digne de la danse de Jack et Rose dans le film Titanic ! Une seule chanson et l’on sait déjà que le concert sera magique ! Cela est normal : seulement deux dates françaises et ce, dans la seule ville de Paris. Les fans présents sont sans nul doute les fidèles parmi les fidèles. Et le groupe a surement envie de remercier dignement ce public si accueillant ; ce même public qui leur réserva un accueil digne des plus grands l’an dernier !

Commence ensuite 7 Days to the Wolves ». Un choix qui peut paraître surprenant pour ouvrir le bal… Mais ce choix est judicieux ! Son côté heavy nous plonge immédiatement et irrémédiablement dans l’ambiance !!! Et l’on remarque d’emblée un détail frappant : Anette entre plus tôt sur scène. Et ce sur toutes les chansons. Ce détail est révélateur : la belle a gagné en assurance. Elle maîtrise mieux son sujet, sa voix est mieux placée, son jeu de scène a gagné en simplicité et maturité… Certes, des faussetés sont toujours présentes, mais le sourire d’Anette, son énergie et son implication à correctement interpréter les titres du soir, a fortiori les anciens sur lesquels elle se sait jugée, ont raison de ces quelques égarements vocaux… Cela se voit grandement sur les deux titres suivants, « Dead to the World » et « The Siren ».

Le groupe enchaine les chansons avec une joie débordante et surtout communicative. Les sourires d’Anette et d’Emppu font plaisir à voir ! Le public est magnifiquement réceptif au moindre signe venant de scène. Le sol tremble quand les spectateurs reprennent en chœur les « Hey Hey Hey » lancés par Anette ! Vient un des temps forts de la soirée : « The Islander ». Encore une fois, le public répond présent quand Marco s’empare du micro pour solliciter l’aide des fans. Ceux-ci doivent allumer briquets, téléphones et appareils photos pour donner une ambiance collant parfaitement à l’esprit de la chanson. Pour que cela soit parfait, les lumières du Zénith se font muettes. Troy Donocley est de nouveau de la partie, donnant un air d’autant plus magique à une musique qui l’est déjà ! Un vrai moment de musique ! Pour garder cette énergie positive, Tuomas fait immédiatement résonner les premières notes de « Last of the Wilds », toujours en compagnie de Troy. Le bonheur a l’état pur. Des couples danseront sur ce titre, emportés par la passion qu’y s’en dégage.

Le groupe ne compte pas en rester là. « Escapist » fait à son tour son entrée sur scène ! Un moment tout aussi magique que lors des deux titres précédents… C’est alors que Jukka commence un solo que toutes les personnes présentes connaissent par cœur : « Ghost Love Score » is back ! Le batteur se déchaine sur son instrument, ravissant les amateurs du genre. Sans nul doute THE moment à retenir du concert ! Le groupe a décidé de prendre un vrai risque avec ce titre, la voix d’Anette n’étant pas la mieux appropriée pour le reprendre. Mais la Suèdoise, très en beauté ce soir, tient son rang avec force et conviction. Le lyrisme est moins présent mais le charme et l’émotion rendent le lyrisme de Tarja plus que superflu ! Anette s’en sors dignement bien. Sa performance est plus que convaincante, à faire pâlir de rage ses détracteurs les plus ardents ! Certes, on voyait qu’elle avait un peu de mal à tenir les notes les plus aigues mais elle l’a fait ! Avec son envie, ses armes, ses moyens, sa voix ! Elle n’a pas cherché à copier Tarja. Elle a fait sa propre version. Et cela procure un rendu absolument grandiose.

Ce soir, avec ce seul titre, Anette a prouvé qu’elle avait toute sa place dans Nightwish et que se priver de son talent serait une cruelle erreur, n’en déplaise aux fanatiques de Tarja. Les véritables fans de Nightwish savent qu’Anette est définitivement digne de figurer dans le line-up des célèbres Finlandais !

Pour se remettre de tant d’émotion, la belle introduit un peu d’humour. Elle demande, en français (!), au public de chanter avec elle « Frère Jacques », cette chanson étant « la seule qu’elle connaisse en français ». L’assemblée est plus qu’heureuse de s’exhausser et de faire plaisir à celle qui leur procure tant de joie. Public et Anette font un sublime duo avant que la Scandinave ne laisse les fans se débrouiller seuls. Imaginer la scène : 4 000 métalleux déchainés, chauffés à blanc par Pain et Ghost Love Score qui reprennent en chœur « Frère Jacques » ! Tout simplement magnifique !

Ce grand moment avait un but caché : nous procurer un dernier plaisir avant de nous annoncer le moment tant redouté, celui du dernier titre. Non ! Mille fois non ! Impossible ! Ils ne peuvent pas partir. Pas maintenant. Pas après un tel concert ! Chaque personne présente souhaiterait que ce concert ne finisse jamais (du moins pour celles présentes dans la fosse, celles des gradins étant plus calmes). Mais même les meilleures choses ont une fin. C’est ce qui fait qu’elles sont si appréciables ! « Wish I Had an Angel » permet à ceux qui en ont encore de se libérer du peu d’énergie qu’il leur reste ! Mais que ce concert a permit de recharger les batteries mentales !

Les dernières notes retentissent, les membres de Nightwish se regroupent pour saluer la foule. Médiators et baguettes volent en direction du public. La scène se vide peu à peu. Les fans tentent de rester encore un peu afin de profiter encore un peu de cette énergie si bénéfique qui emplie encore la salle. Les videurs auront bien du mal à faire leur travail. Le public quitte à regret le Zénith, le sourire aux lèvres, les étoiles dans les yeux !

Une conclusion à ce show magistral ? In Nightwish, we trust !

Set-list Nightwish :
Intro (Troy Donocley)
1) 7 Days to the Wolves
2) Dead to the World
3) The Siren
4) Amaranth
5) Romanticide (Pyro)
6) Dead Boy’s Poem
7) The Poet and The Pendulum (Pyro)
8) Nemo (Neige)
9) Sahara
10) The Islander (Troy) (Pyro)
11) Last of the Wilds
12) Escapist
13) Dark Chest of Wonders
14) Ghost Love Score (pyro + confettis)
15) Wish I Had an Angel (pyro)
16) Outro

 ● The Silent Force