Live report de l'Elysée Montmartre croisé avec les prestations du 25 mars au Coliseum de Charleroi et du 26 mars à la salle 013 de Tilburg.
Alors que la date de sortie du 9e album des américains de Kamelot n’est pas encore connue (initialement prévue pour le 22 mars 2010 elle est reportée sine die) les voilà repartis sur les routes pour le Pandemonium over Europe Tour. Je ne devais initialement qu’assister au concert parisien mais les imprévus font bien les choses et c’est à trois dates que j’ai pu assister : les deux premières à Charleroi et à Tilburg et la cinquième à Paris. Pour cette tournée Kamelot s’est entouré des allemands de Leave’s eyes, emmenés par la norvégienne Liv Kristine, et des français (cocorico) d’Adagio qui ont engagé avec eux le suédois Mats Leven après avoir remercié leur ancien chanteur Christian Palin. Il est temps de dresser le bilan de ce début de tournée, en mettant l’accent sur la date parisienne.
Les dates de Tlburg et d’Amsterdam était sold-out, il en sera de même ce soir et c’est dans un Elysée Montmartre comble que Kamelot va se produire.
C’est aux français d’Adagio d’ouvrir le bal. Assez fortement déçue par leur prestation quelques mois plus tôt en ces lieux en première partie de Paradise Lost j’attendais Adagio au tournant et l’arrivée du grand Mats Leven (Therion, Malmsteen, At Vance, Amaseffer, excusez du peu) au chant pour cette tournée est de bon augure, pleine de promesses. Comme il y a quelques mois c’est au son de la danse des chevaliers issue du ballet «Roméo et Juliette» de Sergueï Prokofiev que les membres d’Adagio entre uns à uns sur scène avant d’entamer leur set avec le puissant « Vamphyri ». Et dès les premières minutes du court temps de jeu accordé à Adagio on sait que les promesses vont être tenues. Le son est bon (contrairement au son qu’on avait pu avoir à Charleroi), techniquement c’est toujours excellent et la prestation scénique est bluffante. Le travail de Stephan à la guitare est magistral, le clavier est dynamique, la basse et la batterie ne sont pas en reste. La prestation vocale et scénique de Mats Leven est à la hauteur de sa réputation, excellente. Dès jeudi soir à Charleroi tout était parfaitement rodé alors que les français et Mats Leven jouaient pour la première fois en semble, sans répétition préalable, ils avaient placé la barre très haut mais montrent malgré tout des progrès ce soir, on commence à sentir une vrai complicité entre Mats et le groupe, la sérénité de chacun fait vraiment plaisir à voir. Les titres s’enchaînent, faisant la part belle au dernier opus du groupe « Archangels in black ». Le public est conquis et bien présent, répondant très bien à la prestation du groupe, il est rare d’observer un aussi bon accueil pour un groupe de première partie. Le groupe clôt son set sur Fire Forever (tiré de Dominate) et quitte la scène sous de chaleureux applaudissements. Les fans sont comblés, Adagio quitte la scène et quant à moi je tire mon chapeau à Mats Leven et au groupe pour cette belle prestation.
Set-List Adagio
Vamphyri
Fear Circus
Second Sight
Undead
Fifth Ankh
Fire Forever
C’est Leave’s eyes qui prend le relais après une vingtaine de minutes d’attente, le décor est posé avec deux têtes de drakkar (qui laissent d’ailleurs notre cher Gala’ béat d’admiration …) disposées de part et d’autres de la batterie. Je n’attends plus grand-chose du groupe qui même s’il est agréable ne m’a jamais plus convaincu que cela. L’intro de « Njord », morceau titre de leur dernier album se fait entendre et Liv et ses musiciens entrent en scène dans une pénombre qui sied bien à l’ambiance mystique du début du titre avant que lumière (une mise en lumière très réussie par ailleurs) ne se fasse et que musique ne retentisse. Il faut reconnaître au groupe un choix fort astucieux des morceaux joués, en mettant l’accent sur les morceaux les plus dynamiques (oui oui il y en a) de leur dernier album ainsi que Elegy, le single extrait de «Vinland Saga ». Une set-list judicieuse, une Liv plus en forme que lors du Beauty and the Beast Festival en novembre dernier, un beau jeu de lumière ne suffiront pas pour moi à combler les lacunes scéniques et musicales que je reproche à Leave’s eyes. Sur scène Leave’s eyes se résume à une Liv fort gracieuse et souriante mais au jeu de scène quelque peu monotone et statique et à un Alex à la présence très (trop ?) imposante, aidé par une carrure impressionnante, qui se contente d’aller et venir de droite à gauche en secouer sa chevelure (non moins imposante que sa carrure) à tout va et en hurlant de temps à autre, rarement une phrase complète. Les musiciens eux sont complètement transparents, Thorsten Bauer à la guitare est le seul qui bougera de la soirée, Sander (le remplaçant de Mathias et compagnon d’Alla) et Alla (à la basse, qui s’était pourtant montré un peu plus présente à Charleroi) resteront statiques pendant toute la durée du set, totalement en retrait. Le show est fluide mais le contraste entre les deux est très tranché, laissant une impression de déséquilibre criant entre les deux partenaires. Liv délivre une prestation vocale de qualité même si sa voix fluette montre quelques faiblesses sur Elegy. Le peu de texte et les capacités vocales réduites d’Alexander Krull me laissent perplexes quant à sa réelle utilité dans le groupe sauf pour combler les lacunes scéniques de Liv. Le tout manque de naturel. Le groupe tire sa révérence avec Froya’s theme et quitte la scène après avoir salué longuement un public enthousiaste. Un show non dénué de qualités mais insuffisant pour me charmer.
Set-List Leave’s eyes
Intro
Njord
My Destiny
Emerald Island
Take The Devil In Me
Ragnarok
Elegy
Froya’s Theme
Une certaine excitation s’empare de la salle et la scène se prépare à accueillir Kamelot et même si il n’y aura pas de pyro à Paris contrairement à Tilburg le visuel scénique est une fois n’est pas coutume très soigné, à noter en particulier le backtrop qui ornait le fond de scène, un avant goût de l’artwork de l’album à venir. Un grand rideau blanc est tendu devant la scène, masquant la suite des préparatifs et augmentant l’impatience du public, nul doute la tête d’affiche de la soirée est fort attendu. Finalement les premières notes de Ghost Opera, majestueuses, s’égrènent et le rideau tombe quand la musique explose sous les exclamations du public. C’est parti pour plus d’une heure et demi de show. Un Ghost Opera parfait en ouverture et plante très vite le décor, tout le monde (le groupe comme le public) entre très vite dans le show ! Après un Eden Echo toujours aussi magistral, Roy Khan présente ses excuse pour le report de la sortie du nouvel opus du groupe en nous expliquant qu’ils espèrent pouvoir le sortir au mois de juin et annonce un tout nouveau titre et nous nous retrouvons à découvrir avec plaisir l’excellent « Pandemonium », un morceau très symphonique, agrémenté de magnifiques chœurs aériens, mais aussi puissant et dans la lignée de ce à quoi nous avait habitué le groupe, prometteur. Kamelot nous distille par la suite aussi bien des classiques tels que « Karma », When the lights are down », « Rule the world », « Center of the Universe » mais aussi quelques titres plus rare comme un « Lost and Damned » très apprécié à Paris (les publics belge et néerlandais avaient eu en lieu et place un « The Human Stain » moins rare mais tout aussi bon)ou encore un magnifique et prenant « Season’s end » (titre bonus tiré de la version japonaise de « Ghost Opera », encore jamais joué jusqu’alors). Un deuxième nouveau titre fut joué, Hunter’s Season fut écrit par Thomas Youngblood l’an dernier suite à la mort de sa mère, un bon mid-tempo qui n’augure lui aussi que du bon pour l’album à venir.
A Tilburg une Charlotte Wessels (chanteuse Delain) très en voix a offert au public néerlandais une superbe surprise en venant interpréter « Season’s end » sur scène avec Roy, un duo plein d’émotion d’où ressortait une belle complicité entre les deux vocalistes qui étaient partis sur les routes ensemble l’an dernier. En parlant de duo à Paris c’est Simone Simons (venue accompagner son claviériste de compagnon, Oliver Palotaï) qui rejoint Kamelot sur scène pour livrer le traditionnel duo avec Roy sur « The Haunting », un plaisir pour les oreilles après avoir entendu la version d’Elize Ryd (chanteuse du groupe suédois Amaranthe qui accompagne Kamelot sur la partie scandinave de leur tournée) à Charleroi et Tilburg, la choriste officiant avec Kamelot sur ce Pandemonium Over the World Tour nous fait en effet regretter la talentueuse Anne-Catrin Märzke qui tournait avec Kamelot depuis 2007.
La prestation des musiciens est remarquable aussi bien musicalement que scéniquement et celle de Roy Khan est tout simplement magistrale. A Paris, Roy nous confie avant d’entonner Anthem qu’il l’a écrite à l’occasion de la naissance de son fils, Sean et Thomas quittent la scène et Roy s’accroupit pour chanter, accompagnée du seul Oliver, avec un certain recueillement, beaucoup d’émotion mais aussi beaucoup de sobriété, un très beau moment. Personne n’est en reste, certes Roy bénéficie d’une présence incroyable qui attire tous les yeux de son côté mais Sean Tibbets à la basse, Thomas Youngblood à la guitare, Oliver Palotaï aux claviers et Casey Grillo à la batterie ne sont pas en reste et leurs qualités de musiciens et de show mans sont bien mises en valeurs à de nombreuses reprises et notamment lors des intermèdes instrumentaux qui permettent à Roy de prendre une pause de temps à autre, des intermèdes très bien construits, ni trop longs ni trop court et se liant de manière très harmonieuse aux morceaux suivants en chauffant le public.
Avant le rappel les premières notes de l’incontournable Forever retentissent et le public redouble d’enthousiasme notamment pour le traditionnel pont que tout le monde reprend à l’unisson à la demande de Roy Khan, grisant. Roy profite de ce pont pour exprimer sa gratitude au public et pour annoncer à Tilburg qu’ils planifient de revenir à la salle 013 pour y enregistrer leur futur DVD, de quoi enthousiasmer les néerlandais présents. Une bien bonne nouvelle et je tacherais d’en être, la salle 013 est toujours une salle où il fait bon venir. Après avoir remercier chaleureusement le public le groupe quitte la scène mais personne n’est dupe et réclame fort le retour sur scène des enchanteurs.
C’est alors que se fait entendre l’interlude « Un Assassino Molto Silenzioso » introduisant « Tha Black Halo », suivi de « Season’s End et de « Karma ». Le groupe fait alors mine de partir une nouvelle fois mais un concert de Kamelot sans « March of Mephisto », très attendu par les fans, c’est un peu une France sans fromage et c’est donc sur ce titre que se clôture de bien belle façon le show. Un show flamboyant (et pas seulement au sens propre à Tilburg) à la hauteur de la réputation de Kamelot, toujours incroyable à vivre ! Tout y était : l’ambiance, la scénographie, les prestations scéniques, des lights sublimes toujours bien accordés à la musique, un son qui fait honneur à leur musique …. Chapeau bas.
Voilà donc la soirée achevée, une fort bien belle soirée (et un bien fort beau début de tournée) de metal symphonique servie par trois groupes d’un grand professionnalisme.
Set-List Kamelot
Ghost Opera
Eden Echo
Pandemonium (new song)
Lost and Damned
Center of the Universe
Anthem
Instrumental
Pendulous fall
Lights
Key solo
The Hauting (feat Simone Simons)
Hunters Season (new song)
Rule the World
Drum solo
Forever
The Black Halo
Seasons end
Karma
March of Mephisto
● Ptite Note