Interview de Benighted Soul - février 2006

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Galathrandir : Salut à vous tous membres de Benighted Soul ! C'est sympa d'avoir accepté une interview... Alors, pour commencer, comment définiriez-vous votre groupe ?
Jay :
Bonjour ! Et bien... Voilà, pour faire  les présentations,  nous sommes Benighted Soul, un groupe de Métal Lyrique de la région de Nancy-Metz formé il y a un peu plus de deux ans. Notre musique se base sur l’alliance explosive d’une musique métal et d’éléments plus mélodiques (claviers et chant lyrique). Un groupe à la « Nightwish » au départ mais qui s’en est écarté pour trouver ses propres marques et évoluer dans son propre style.
 

G. : On voit sur votre biographie que le groupe voulait au départ faire de la musique "à la Nightwish". Vous avez des influences variées selon les membres, allant de Nightwish, Within Temptation, en passant par Bon Jovi, Pantera, Static X, Dream Theater pour n'en citer que quelques uns... Comment vous servez-vous de vos goûts, vos influences ?
Djang
 : En fait, pour nous, faire de la musique « à la Nightwish », ça se résume, comme l’a dit Jay, à allier du métal et du classique. C’est un style qui tire sa puissance à la fois du mélange mais aussi du contraste entre ces deux mondes très différents. Donc, le groupe s’est effectivement créé en suivant cette idée : vous pourriez facilement le couper en deux avec d’un côté, Jay, Yann, et Eric, à l’influence plus symphonique, plus classique, et de l’autre, Jérémie et moi, à l’influence plus métal. Mais c’est un peu simpliste et je pense qu’il faut aller au-delà de ce concept pour découvrir notre originalité ! Dans le groupe, chacun a ses groupes préférés aux styles parfois complètement opposés. De plus, nous avons tous une formation et un vécu musical différents, ainsi qu’un style de jeu personnel. Nous tirons donc partie de cette diversité d’écoute, de composition, etc., pour développer au fur et à mesure notre propre style. Une bonne manière de s’en rendre compte, ce serait d’écouter nos deux démos, « Enchantment » et « Catharsis » et de les comparer.
  

G. : Deux démos, un DVD, c'est plutôt pas mal et finalement Internet et les outils de l'informatique peuvent pas mal aider... Mais ça doit représenter pas mal de boulot non ? 
Jay :
Je pense que malheureusement, ce n’est pas ce qui représente le plus de boulot. L’aspect « commercial » de la musique est ce qui prend le plus de temps : envoyer des démos pour démarcher les labels, les organisateurs de concerts, faire de la pub sur le net, trouver les contacts nécessaires à l’avancée du groupe... Nous aimerions tous nous consacrer uniquement à notre musique en elle-même, mais je crois qu’aujourd’hui et à regret, le plus important est de savoir se vendre.

G. : Comment se passent vos concerts ? C'est toujours intéressant d'apprendre quelle vision en a un groupe...
Djang
 : Et bien… il y a d’abord l’avant concert ; certains appréhendent plus que d’autres… (Rires). Blague à part, c’est sur scène que le musicien vit sa musique et la transmet. Donc, comme tout groupe, plus l’organisation, les conditions de jeu sont bonnes, plus nous pouvons donner le meilleur de nous-mêmes. Jusqu’à maintenant, nous n’avons jamais été déçu ; de plus, l’accueil autant du public que des organisateurs a toujours été très bon. Avant tout, ce que nous souhaitons, c’est que les gens soit réceptifs, nous respectent : nous, notre musique, notre travail… Certains concerts se sont déroulés devant un public pour lequel le métal lyrique n’était pas une préférence, or, tout s’est très bien passé : il  a su nous écouter, découvrir, apprécier… Nous aimons savoir ce que les gens ont pensé de notre prestation. Or, actuellement, l’aspect live a de bonnes retombées, c’est ce qui nous importe…

G. : Après les démos et le DVD, finalement, votre but c'est l'album en studio non ?
Djang :
Tout à fait. A  notre stade, nous sommes très limités, comme par exemple dans l’émission de supports audio de qualité. Nous faisons donc du mieux que nous pouvons afin de toucher le milieu professionnel… Désormais, non seulement grâce à Simon Bauer ( www.simonbauer.com ), nous avons une nouvelle démo « Catharsis » de meilleure qualité, mais nous avons aussi la possibilité grâce à TDKprod ( www.tdkprod.com ) et surtout Olivier Nelli (http://goredoc.free.fr) de montrer en images nos capacités autant musicales que scéniques. Donc, notre souhait est de rencontrer des acteurs professionnels du monde de la musique (producteurs, distributeurs), avec qui nous pourrions envisager un futur musical et scénique plus sérieux, dont entre autre l’enregistrement d’un album. Ce serait un véritable aboutissement autant humainement que musicalement. Certes, ce n’est pas un souhait très original pour un groupe mais ce qui est sûr c’est que nous cherchons à véritablement le provoquer : nous sommes plein de volonté et cherchons à être les plus perfectionnistes possible. Nous essayons d’être accompagnés d’associations tel Inno, Angel Symphony, Metal Symphonique.com (clin d'oeil)… Donc notre futur se construit grâce à tous ces gens qui croient en nous, aiment avant tout notre musique, nous soutiennent et nous aident à nous faire avancer ; j’en profite pour remercier tous ceux qui nous ont aidé jusqu’à maintenant…
 

G. : Qu'est-ce que vous pourriez dire aux lecteurs pour les pousser à découvrir votre musique ?
Djang :
Si, à l’origine, vous n’écoutez pas de métal, je vous conseille de venir nous écouter car la musique que nous développons fait partie d’un style très accessible et vous permettrait de découvrir d’une bonne oreille le milieu métal. Ne restez pas sur des à priori, des préjugés d’une musique violente, inaudible ou autre… Le métal est avant tout un milieu de musicien qui respecte la musique dans son sens originel bien plus que beaucoup d’autres touristes… Pour les métalleux, peut-être vous reconnaîtrez-vous dans les sentiments que nous cherchons à partager, dans les voyages légendaires, mythologiques, ou d’expériences humaines que nous racontons et mettons en musique…

 G. : Votre nom de groupe n’est pas évident quand on ne manie pas parfaitement l'anglais ! Benighted Soul, pour moi, c'est grosso modo "l'âme couverte de nuit"... Que pensez-vous de ma traduction ?
Jay :
Oui, c’est pas mal ! En fait la traduction exacte est « l’âme plongée dans les ténèbres, cernée par l’ombre ». C’est un terme qui fait partie du vocabulaire religieux et qui désigne en quelques sortes la « brebis égarée » incapable d’entrevoir la lumière divine ; une âme qui se cherche et qui oscille entre le monde du bien et celui du mal. Lorsqu’il a fallu se trouver un nom, nous avons longuement réfléchi à ce qu’évoquait notre musique. Une voix, soutenue par l’orchestration du clavier entrant véritablement en conflit avec les autres instruments évoquant l’ombre (guitare, basse, batterie et aussi la voix de Djang) : l’ultime bataille de l’ombre et de la lumière ! Le nom Benighted Soul nous a semblé idéal pour décrire la musique que nous faisions : toute en contraste, entre paradis et enfer.
 

G. : En parlant d'anglais, vos chansons sont interprétées dans la langue de Shakespeare... Plutôt par choix ou par nécessité ?
Jay :
C’est surtout un choix. Les textes de Benighted Soul évoquent un monde imaginaire (souvent fantastique ou mythologique) qu’il est plus difficile de décrire en français qu’en anglais, langue qui « coule » peut-être plus librement que notre jolie langue maternelle. A mon sens, rares sont les groupes qui parviennent à un bon résultat en français : c’est une langue qui demande un soin tout particulier dans le placement des mots, le choix des sonorités. C’est un travail très complexe si on ne veut pas risquer d’être maladroit. Alors je n’exclu pas d’écrire un jour en français mais pour le moment, je pense que l’anglais colle mieux à notre musique. Et oui, c’est vrai que c’est mieux si on veut s’exporter…
 

G. : On ne comprend pas toujours les textes, emportés par la voix lyrique de Jay ! J'imagine que ça se travaille, une voix impressionnante comme ça ?
Jay :
(
Rires) Effectivement, le choix d’une voix lyrique entraîne forcément une moindre compréhension des paroles. Je travaille pourtant beaucoup sur l’articulation : c’est la clé du chant lyrique « articuler dans le legato » ! Oui, c’est beaucoup de travail accompagné d’un bon professeur ! Apprendre à respirer, à s’économiser, etc. Mais c’est surtout beaucoup de soins et de sacrifices…Hors de question de faire la fête trop souvent et surtout pas la veille d’un concert. Le sommeil est capital pour la  voix. Et puis : pas trop d’alcool, pas de café, d’aliments gras…. Tout cela entraîne une hygiène de vie impeccable ! (bon, je vous rassure, je me lâche parfois quand même !)
 

G. : Au final, diriger un groupe comme le vôtre pas encore très connu (commentaire perso : pas autant qu'il le mérite !) c'est plutôt l'éclate totale, du sacré boulot ou un peu des deux ?
Jay :
Les deux ! Parfois ça peut être l’éclate totale et parfois, c’est un sacré boulot qu’il faut pouvoir gérer avec les études et autres activités. Pour ma part, Benighted Soul, c’est aujourd’hui 70% de mon temps et surtout de mes pensées.  C’est carrément… un mode de vie ! C’est beaucoup de galères, beaucoup de portes fermées, mais également beaucoup de joie et de plaisir quand une des portes finit par s’ouvrir. Il faut beaucoup de volonté et de foi en son œuvre pour persévérer. Mais de ce point de vue là, pas de problème, on est toujours partants !
 

 G. : Quelque chose à rajouter ?
Jay :
Merci à toi et bonne chance à Métal Symphonique.com !

Djang
 : La même chose ! Et ce pour toute votre équipe !
 

G. : Merci de cette interview, j'espère vraiment que les gens prendront la peine de voir votre travail !!! Qu'ils aiment ou pas... D'ailleurs, en conclusion, que pourriez-vous dire à ceux qui n'aiment pas trop votre musique (la question difficile !!!) ?
Jay :
Tant pis ! (Rires)
James :
Il en faut, non ? Et il part boire une bière… (Rires)
Djang :
(Rires) Aussi bizarre que cela puisse paraître, actuellement, les personnes qui émettent le plus de critique à notre sujet proviennent du style musical que nous développons. Nous sommes bien plus respecté par des personnes provenant de  styles « opposés ». Peut-être est-ce justement parce que ces derniers ont un meilleur recul vis-à-vis de notre musique contrairement aux premiers qui recherchent parfois trop la comparaison à tel ou tel groupe existant. Pourtant, d’une personne à l’autre, les influences ressenties dans les morceaux sont différentes ! Preuve que chacun peut y trouver son compte… De plus, tous les groupes à notre stade se doivent d’être aidés et non d’être jugés avant d’avoir pu montrer leur capacité… Je pense avant tout qu’il y a plusieurs manières d’apprécier la musique d’un groupe : les supports audio, vidéo mais aussi l’écoute instantanée en live. Venez nous écouter, venez nous découvrir ! Merci de votre intérêt !


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