![]() Whyzdom France Date : 2007 Interview de Vynce Leff de Whyzdom accompagné de Lisa Middelhauve (ex-Xandria) réalisée au Raismes Fest par Ptite Note le 12 septembre 2010 |
Dans le cadre de la participation de Whyzdom au Raismes Fest j’ai retrouvé leur tête pensante Vynce Leff ainsi que leur chanteuse invitée Lisa Middelhauve (ex-Xandria) pour une interview fleuve le 12 septembre 2010.
Ptite Note : Bonjour Vynce, bonjour Lisa. Il s’agit déjà de la troisième interview de Whyzdom pour www.metalsymphonique.com. La dernière fois nous vous avions interviewés dans le cadre de la sortie de votre premier album "From The Brink of Infinity". Un an après nous voici au Raismes Fest, comment va Whyzdom ?
Vynce Leff : Depuis la dernière interview… Que je réfléchisse… Bon le gros changement je crois qu’il est clair, on parle bien sur du changement de chanteuse.
PN : Oui en effet, on en reparlera.
VL : Mais sinon Whyzdom va très bien, en juin dernier nous avons du faire face au départ de notre chanteuse et nous nous sommes mis immédiatement à la recherche d’une nouvelle chanteuse. Comme nous avions quelques dates en préparation (en particulier ce Raismes Fest) et comme dans ce genre de situation nous préférions tourner la page le plus rapidement possible nous avons immédiatement prévenu sur notre myspace et sur notre site web que nous chercherions des amies invitées pour chanter avec nous sur les prochaines dates, que nous ne limitions pas au Raismes Fest. Une des chanteuses à laquelle on a pensé était Lisa donc nous l’avons contactée et elle a gentiment accepté de venir faire cette date avec nous, et probablement quelques dates encore. Alors maintenant pour la suite nous travaillons sur notre deuxième album. Comme finalement les lignes mélodiques et les textes étaient essentiellement composés et écrits par moi cela ne va pas changer grand-chose au niveau processus de composition donc tout cela est bien avancé et ce sera tout à fait dans la lignée du premier album. Pour l’instant nous n’avons pris aucun retard sur le planning prévu avant même de savoir que Telya allait partir.
From The Brink Of Infinity
PN : Lors de la dernière interview vous vous apprêtiez à sortir votre premier album "From the Brink of Infinity". Un an après sa sortie un petit bilan artistique et personnel ? Est-ce que tu l’écoute encore et quel regard portes-tu sur cet album ?
VL : A titre personnel, à chaque fois que je sors un album (je pense que c’est mon septième album d’après mes souvenirs) je n’écoute plus (ou alors extrêmement rarement) l’album que je viens de sortir. En revanche j’adore le jouer sur scène avec tout le groupe donc c’est toujours un très grand plaisir de le jouer sur scène. Je pense que c’est un album que j’aime beaucoup, que tout le groupe aime beaucoup mais néanmoins on a envie d’aller plus loin et d’être plus cohérents sur le suivant. Et on espère que les fans poursuivront dans le même délire que nous.
PN : Tu penses donc que "From the Brink of Infinity" n’était pas assez cohérent ?
VL : Finalement c’est un projet qui était né dans ma tête plusieurs années auparavant donc j’y ai mis des idées accumulées pendant plusieurs années en fin de compte. Alors que là nous partons de zéro et j’ai demandé aux autres gars du groupe d’intervenir plus dans la composition et on fait un travail plus d’ensemble avec un processus de composition moins étalé dans le temps donc forcément il y a plus de cohérence dans ce que nous voulons faire. De plus nous allons être plus ambitieux au niveau des structures de composition, nous essayons de faire des choses certainement un peu plus sophistiquées. Je pense que ce sont des choses que l’on peut faire sur un deuxième album alors que sur un premier album on essaye de faire des choses qui ont plus d’impact directement. Là nous prenons un peu plus de libertés. De toutes les façons il faut se dire que c’est un premier album qu’on adore mais que cela reste un succès limité puisqu’il ne faut pas rêver, nous restons quand même un tout petit groupe.
Lisa Middelhauve : Veux-tu savoir ce que je pense de cet album ?
PN : Mais bien sûr je t’en prie.
LM : Je pense que cet album est “freaking fucking genius”, “freaking fucking brilliant” !
PN : Et du côté du public, de la presse et des ventes ? Comment cela s’est-il passé ?
LM : C’est une question méchamment délicate. Bad girl. Et ma réponse à une question telle que celle-ci serait : « Nous somes très satisfaits du succès que nous avons ». (rires). C’est la réponse convenue. Une fille ne parle jamais d’argent et un groupe ne parle jamais de ventes.
VL : De toute façon le label ne nous dit pas tout, nous avons des informations partielles. Ce que l’on peut dire c’est que c’est un bon chiffre du label, c’est satisfaisant mais très très loin de tout ce qu’on peut imaginer sur des gros groupes comme Nightwish, Within Temptation … Cela n’a absolument rien de comparable. C’est de l’amateurisme, au sens noble du terme, parce que nous aimons ce que nous faisons et nous sommes tous des amateurs.
PN : Sous-entendu Nightwish et Within Temptation n’aiment pas ce qu’ils font ? (rires)
VL : Non pas du tout mais ils sont passés à un autre niveau où la masse de public est tellement importante que forcément les questions d’argent ont plus d’importance pour eux que pour nous parce que finalement que nous vendions ce que nous avons vendu ou 50% de plus cela ne fait pas beaucoup de différence en euros, alors que pour les gros groupes cela fait une sacrée différence.
PN : Et du point de vue de la presse ?
VL : La presse a été très positive d’une manière générale en France et aussi d’ailleurs un petit peu partout dans le monde. Les allemands ont été un peu plus sévères.
LM : Ils sont très critiques parce que la scène metal allemande est immensément vaste. Il y a des centaines de milliers de groupes de metal en Allemagne et beaucoup de groupes allemands ont du succès. Je sais que les chroniques allemandes peuvent être très mauvaises et ce particulièrement avec les groupes de metal à chanteuse, ce n’est plus une mode, c’était à la mode il y a quelques années. Je me suis renseigné un peu sur Whyzdom avant d’accepter de jouer avec eux aujourd’hui, j’ai donc cherché quelques chroniques à propos de « From The Brink of Infinity » dans des magazines et webzines allemands. J’en ai trouvé quelques unes qui n’étaient pas très positives mais je pense que c’est normal. Il y a un dicton en Allemagne qui dit : « plus vous avez d’ennemis, plus vous aurez de succès ». Je pense donc que Whyzdom a un relativement bon succès et quand j’ai parlé d’eux à des musiciens connus quelques un les connaissaient et aimaient ce qu’ils font. Et je sais qu’à la maison Xandria croise les doigts pour moi aujourd’hui puisque je leur ai parlé de Whyzdom et ils ont beaucoup aimé. Ils ont du succès en Allemagne.
PN : Oui l’Allemagne est une grande Terre de metal.
VL : Oui il est donc plus fréquent d’avoir des critiques négatives en Allemagne.
LM : Ce sera maintenant moins difficile puisque Whyzdom a un espion en Allemagne. (rires)
PN : Et enfin un petit bilan « public », un an après la sortie de "From The Brink of Infinity" ?
VL : On a un public formidable. Nous ce qu’on a remarqué au niveau du public, c'est que quand on a fait la tournée avec Delain le public a toujours été super agréable et je pense qu’ils sont tous venus nous voir après le show pour nous dire qu’ils aimaient beaucoup ce qu’on faisait et donc ça a bien marché. Le public que nous rencontrons est très positif et c’est ça qui nous pousse et qui nous fait plaisir.
Tournée avec Delain (France, Espagne, Elysée Montmartre)
PN : Et bien cela tombe bien que tu parles de la tournée avec Delain puisque c’est l’autre point marquant de cette année écoulée. Vous nous parliez de la date à la Scène Bastille en avril 2009 lors de notre dernière interview et celle-ci vous avait enchantée, qu’en a-t-il été de la tournée d’octobre 2009 ? Le feeling a-t-il été aussi bon ?
VL : C’était vraiment un super moment que nous avons passé tous ensemble, le public était super dans toutes les salles où nous sommes allés, et nous avons sympathisé très rapidement avec les musiciens de Delain et leur équipe. C’était vraiment sympa d’être avec eux. Je me souviens que quand nous étions à Strasbourg Martijn (le claviériste et fondateur de Delain) est venu nous voir en nous disant « La salle est complète, nous avons fait ça ensemble » (en parlant de la date du lendemain à Paris à l’Elysée Montmartre), il nous a inclut dans l’équipe et ça cela nous a fait vachement plaisir. On a vraiment eu un contact très chaleureux avec eux et avec le tour manager Rik Boersema et c’est vraiment la tournée de rêve. Et évidemment cela nous a poussés beaucoup et cela a fait beaucoup de chose pour notre reconnaissance auprès du public français mais aussi espagnol.
PN : Un an après quels souvenirs et enseignements tirez-vous de cette expérience ?
VL : D’un point de vue technique on s’est beaucoup inspiré de leur façon de faire parce que nous les avons vus à l’œuvre, cela nous a appris plein de choses. Je pense que cela nous a appris une approche plus professionnelle d’un point de vue technique. Et cela nous a surtout donné envie de recommencer dès que c’est possible.
PN : Comment avez-vous vécus les problèmes vocaux de Charlotte dès le deuxième jour de la tournée ?
VL : Elle a en effet éprouvé les premières difficultés lors du deuxième concert à Madrid et le lendemain le tour manager est venu me voir en disant qu’ils avaient un problème et que Charlotte ne pouvait pas chanter ce soir là à Barcelone. Il m’a alors demandé si Telya pouvait chanter deux ou trois titres avec Delain et évidemment nous avons accepté et cela nous a fait un immense plaisir de voir Telya sur scène avec Delain. C’était la première fois que je la voyais chanter dans un groupe qui n’était pas le mien et nous avons tous été très fiers de la voir chanter avec Delain.
LM : J’ai vu quelques vidéos de ce soir là sur Youtube et je trouve qu’elle l’a fait de manière tout à fait brillante.
VL : Voilà, c’était vraiment incroyable. Evidemment nous étions tristes pour Charlotte mais en même temps tellement contents de voir Telya s’éclater avec Delain, c’était un de ses groupes favoris donc cela faisait très plaisir. Désolé Charlotte.
PN : C’est un vrai symbole de votre complicité sur cette tournée.
VL : Voilà exactement.
PN : Et dans la continuité, quels souvenirs gardez-vous de la date de Marseille ? Charlotte malade, Delain a du annuler leur concert et vous avez assuré un set plus long que prévu pour pallier à ce manque. Il se trouve que Xavier (à la basse) venait d’arriver dans le groupe, comment avez-vous géré cela ? Parce que vous n’aviez répété que les titres nécessaires à un set de première partie juste avant la tournée avec Xavier, vous n’aviez pas répété un set entier…
VL : Oui on en avait discuté avec Rik (le tour manager de Delain) la veille, nous ne voulions pas annuler le concert, par respect pour le public qui se serait déplacé, nous avons donc décidé d’assurer le concert même si Delain ne jouait pas et de jouer un set plus long avec de nouveaux titres que Xavier n’avait pas encore répétés. Il a travaillé toute la nuit, à un moment je lui ait quand même dit qu’il fallait qu’il arrête et qu’il aille dormir un peu.
LM : Il apparait que Vynce est un peu comme un papa pour le groupe. Mais c’est chouette.
VL : Et après une courte nuit toute la matinée dans le van il a appris ses parties de basse, nous nous sommes installés à Marseille et nous avons fait le show. Nous autres en revanches connaissions bien les chansons donc ça s’est très bien passé, nous nous sommes pas trop mal débrouillés.
PN : Et en dehors du fait que Xavier a du jouer des morceaux qu’il n’avait pas répétés comment avez-vous vécu cette soirée avec un public qui s’attendait à avoir Delain et qui n’a eu « que » Whyzdom ?
VL : Nous avons trouvé tout ça complètement dingue, les gens étaient venus pour voir Delain. Ils n’ont su que 5 minutes avant l’ouverture des portes la salle que Delain ne jouerait pas mais que si ils venaient ils auraient Whyzdom mais cela n’a pas fait reculer le public, le public n’est pas rentré chez lui pour autant, il y avait une bonne affluence dans cette petite salle qu’est le Poste à Galène.
LM : Je crois que j’ai vu quelques vidéos de la date de Marseille et c’était en effet un très bon public, très enthousiaste.
VL : Le public était effectivement incroyablement enthousiaste et j’ai même cru par moment que le club allait s’écrouler.
LM : Ne laissez pas passer votre chance de venir voir Whyzdom en concert, je ne les ai jamais vu sur scène avant d’être invitée à chanter avec eux au Raismes Fest mais être sur scène est la meilleure chose que je puisse imaginer. Si je n’ai pas la chance de remonter sur scène avec eux un jour il est certain que je serais volontiers dans le public. Ne laissez donc pas passer votre chance et venez voir Whyzdom.
VL : Nous devons dire un grand merci au public marseillais et en plus nous nous sommes fait des amis là-bas. Quand ça se passe aussi bien que ça après le concert nous partageons tout avec le public et je peux vous dire que nous sommes super content parce que nous avons plein d’amis maintenant dans le sud et à Marseille et c’est vraiment super.
PN : Pour finir sur cette tournée un beau symbole de votre bonne entente avec Delain a été le fait que vous montiez sur scène tous ensembles avec Delain à la fin du dernier concert de la tournée, à l’Elysée Montmartre ?
VL : Oui c’était super, je crois qu’on ne peut pas résumer cette aventure autrement. C’était un moment magnifique, une surprise qu’ils nous ont faite. Rik est venu nous voir pour nous dire que Delain nous voulait avec eux sur scène à la fin du concert pour dire au revoir, c’était vraiment cool et incroyable d’être sur scène avec eux. Ce sont des souvenirs intenses.
LM : C’est chouette oui parce que malheureusement souvent il y a des conflits entre les groupes mais la musique ce n’est pas cela pour moi, je pense qu’il est important de se soutenir et de s’aider mutuellement. Par exemple j’ai rencontré Liv Kristine qui est une femme incroyable et chaleureuse, elle m’a beaucoup aidée personnellement. C’est une chance de rencontrer des groupes comme Delain ou Whyzdom qui vous offre un accueil chaleureux et vous montrent que ce qu’ils apprécient ce que vous faites avec eux.
PN : Une aventure musicale mais aussi humaine donc, quels contacts gardez-vous avec le groupe ?
VL : Nous nous envoyons quelques emails de temps en temps mais pas si souvent que ça. Ils n’ont pas eu tellement l’occasion de revenir en France à part pour le Thunderfest mais il se trouve qu’on jouait à Marseille le même jour (le 14 mai 2010) sinon nous serions venus les voir avec plaisir.
Metal Female Voices festival
PN : Un mot sur votre participation au MFVF, festival phare des groupes à voix féminines ?
VL : C'est un souvenir extraordinaire. La plus belle scène que nous ayons eu la chance de fouler avec une salle pleine, malgré le fait que nous jouions le matin. Et puis dans l'après midi, la surprise d'avoir une signing session avec une queue énorme qui a duré 1 heure et demie... Un grand merci au public... et à l'organisation du MFVF bien sûr !
PN : Il y avait des caméras et il était initialement prévu que des DVD des prestations de chaque groupes soient vendus lors du festival ce qui n’a pas été le cas. Que s’est-il passé ? Comptez-vous exploiter un jour ces images ?
VL : Je pense que le montage n'a pas pu être fait très rapidement pour assurer une qualité optimale. En ce qui nous concerne, nous n'utiliserons pas ces images... Essentiellement puisque nous allons prendre un nouveau départ avec une nouvelle frontwoman, et nous souhaitons nous tourner vers l'avenir. C’est aussi une question de respect envers notre nouvelle frontwoman.
PN : Telya était malade (une vraie malédiction planait sur les chanteuses à cette époque-ci de l’année 2009), comment l’avez-vous vécu ?
VL : Cela a été difficile pendant la première chanson, mais finalement tout s'est relativement bien passé... Je pense que le public a malgré tout apprécié notre prestation.
Tournée 2010 : Belgique, Suisse, sud de la France, Bordeaux, Paris
PN : Un mot sur ces quelques dates ?
VL : C’est un super souvenir. Surtout que sur plusieurs de ces dates, c'était l'occasion de retrouver des amis que nous avions rencontrés lors de nos précédents concerts.
PN : As-tu ressenti des différences d’accueil entre les différents pays que vous avez visités. Le public français est reconnu par certains groupes européens comme étant particulièrement démonstratifs ? Qu’en est-il des belges/suisses/espagnols ?
VL : Tous les publics que nous avons rencontrés ont été super démonstratifs. Nous avons même eu un slam en Suisse dans une toute petite salle. Un grand souvenir !
PN : Avez-vous des demandes pour d’autres pays ?
VL : Nous avons des contacts en Angleterre et en Italie. Mais rien n'est fait pour l'instant.
Départs ? Nouveaux venus ?
PN : Revenons un an en arrière, peu après la sortie de « From the Brink of Infinity », Tristan a quitté Whyzdom. Au départ ce n’était qu’une absence sur votre tournée en première partie de Delain pour raison professionnelle. Quelles ont été les circonstances de son départ ?
VL : C'était simplement un souci d'agenda. Le métier de Tristan ne lui permettait pas de s'absenter pour tourner avec nous. Il a pris l'initiative de quitter le groupe pour nous laisser plus libres de nos mouvements. Ca a été une grande tristesse.
PN : Il est remonté sur scène lors de votre concert parisien en mai dernier. Un mot sur ces retrouvailles ?
VL : Du coup, oui, ça a été un super plaisir de le faire monter sur scène avec nous pour un morceau. J'espère qu'on pourra renouveler cela !
Telya quitte Whyzdom
PN : La vie d’un groupe ce n’est pas que du bonheur, quelles ont été les circonstances du départ de Telya ? Jusqu’au dernier concert à Bordeaux en juin dernier rien ne pouvait laisser présager cela. Comment avez-vous vécu ça de l’intérieur ?
VL : Une certaine tension avait commencé à s'installer avant le concert à Bordeaux. Puis nous avons longuement discuté avec elle et elle a finalement pris cette décision, en accord avec ses convictions. C'est évidemment très difficile d'avoir à vivre le départ d'une chanteuse lead... Mais du coup, ça a énormément resserré les liens au sein du groupe et de toute l'équipe qui nous aide (Vultus, Lionel notre ingé-son, etc...). Nous nous sommes immédiatement tournés tous ensemble vers l'avenir et vers ce 2ème album en préparation.
PN : Certains fans regrettent qu’il n’y ai pas eu de dernier concert avec Telya. Tu as de plus évoqué la difficulté de trouver la nouvelle frontwoman de Whyzdom avant le Raismes Fest, d’où votre choix d’inviter une chanteuse guest. Un dernier concert avec Telya n’était pas envisageable ?
VL : Je comprends la tristesse des fans. Mais c'était très important pour le groupe d'aller de l'avant, de ne pas avoir de regrets sur le passé, mais plutôt de préparer l'avenir. Nous avons été unanimes à ce sujet : nous sommes immédiatement partis à la recherche d'une nouvelle frontwoman, et d'une chanteuse guest pour assurer l'intérim.
PN : Elle incarnait la Daughter of The Night, que va-t-il advenir de la fille de la nuit ?
VL : La Fille de la Nuit n'est pas nécessairement associée à une chanteuse. C'est d'abord une histoire racontée dans une chanson, et c'est à la nouvelle chanteuse de se l'approprier avec mon aide (puisque j'en suis l'auteur-compositeur) mais aussi avec l'aide de Vultus, puisque ce concept ne se rapporte pas uniquement à la musique mais aussi à l'ambiance visuelle qui se dégage de Whyzdom. Et cette ambiance, nous la devons avant tout à Vultus.
PN : Ces évènements ne vont-ils pas changer ta vision de ton groupe ? Vas-tu autant miser sur ta frontwoman, après ces évènements ne trouves-tu pas trop dangereux pour un groupe d’ériger sa frontwoman en quasi seule image du groupe ?
VL : Je dirais que nous avions moins misé sur la frontwoman que, encore une fois, sur la création d'un univers basé sur notre collaboration avec Vultus. Nous avions commencé à réfléchir aux prochains visuels, avant même le départ de Telya, et il était déjà prévu de donner plus d'importance visuelle au reste du groupe... C'est ce que vous pourrez découvrir dès que nous serons prêts avec le second album.
Une nouvelle chanteuse ?
PN : Tu disais avoir cherché pendant des années pour trouver une chanteuse qui te convenait mais qui était aussi disponible … Comment se passe la recherche d’une remplaçante ? Est-ce plus facile maintenant que Whyzdom a franchit quelques portes ?
VL : C'est évidemment beaucoup plus facile. Whyzdom commence à avoir une petite reconnaissance et le fait d'avoir un album à son actif rend le groupe plus attractif... Nous avons eu énormément de réponses à nos annonces, ce qui ne pouvait pas arriver au moment de la création du groupe.
PN : Il y a donc un certain tri à faire…
VL : Le tri s'est d'abord fait sur les mp3s envoyés... Ce qui permet de réduire le nombre de candidates à auditionner en chair et en os.
PN : Comment les autres membres du groupe sont-ils impliqués dans cette recherche ?
VL : En écoutant les mp3s et en participant à la réflexion commune.
PN : Comment appréhendez-vous l’éventuelle distance qui vous séparera de votre chanteuse ? Tu parles de candidatures venues de Belgique, d’Allemagne…
VL : Peu importe la distance. Si le feeling artistique et humain est là, tout est possible ! Enfin, bon, les candidatures venues du Mexique, d'Amérique ou du Canada, c'est tout de même un peu loin... Nous avions tout de même limité à l'Europe…
PN : Telya était une chanteuse très charismatique avec une grande présence scénique (qu’elle doit notamment à sa formation d’actrice) et avec une voix très reconnaissable. Comment gérez-vous cet après-Telya qui donnait tant de vie à vos chansons ?
VL : Chaque artiste a quelque chose à apporter. La "présence" d'une artiste peut difficilement se comparer à la présence d'une autre... Et la nouvelle frontwoman pourra compter sur nous pour l'aider à exprimer ce qu'elle a en elle.
PN : Vous avez choisi Lisa pour chanter avec vous aujourd’hui, une chanteuse qui n’était jusque là pas vraiment réputée pour sa prestance scénique. C’est un choix qui a surpris vu le caractère théâtral et presque possédé de vos prestations passées. Quelles ont été les raisons de ce choix ? Comment avez-vous été amenés à travailler avec elle ?
VL : Nous adorons Lisa pour sa voix et pour son extrême gentillesse. Ca a été un honneur pour nous qu'elle accepte d'être notre guest... Par ailleurs, elle nous a immédiatement dit adorer notre musique, donc je pense que le feeling est tout de suite très bien passé. Bien sûr, il y a toujours une incertitude quand on correspond avec quelqu'un uniquement par email... Mais je dois dire que nous sommes ravis de cette rencontre. Elle nous apporté énormément pendant ces 3 jours avec nous, par sa générosité, son humour, la grande attention qu'elle porte en permanence aux autres, que ce soit à nous les musiciens ou au public (certains venaient d'Espagne rien que pour la rencontrer). Bref, cela restera pour nous une rencontre inoubliable.
PN : Maintenant que vous avez foulé les planches du Raismes Fest, une petite réaction à chaud ?
VL : C'était un peu stressant, surtout pour Lisa qui a eu un grand grand trac. Mais à part ça, ce Raismes s'est déroulé pour nous sous le signe du plaisir. Un grand grand grand plaisir.
PN : Maintenant que votre prestation au Raismes Fest est passée, qu’en est-il de la suite ? Où en êtes-vous de votre collaboration avec Lisa ?
VL : Pour l’instant on ne peut rien dire du tout. Il va d’abord falloir que j’en discute avec les autres membres du groupe, nous n’avons pas tellement pu en parler. Avez Lisa nous nous sommes mis immédiatement d’accord sur une seule chose, c’est de faire le Raismes Fest, de voir comment cela se passait et de voir plus tard.
PN : Et qu’en est-il des deux concerts à venir. Vous avez annoncé aujourd’hui votre participation au concert de Tarja Turunen au Bataclan à Paris le 10 octobre prochain. On parle aussi du Symphonic Metal Breizh Fest le 12 novembre. Vous ne savez donc pas encore par quelle chanteuse vous serez accompagnés donc.
VL : Si, pour le concert en première partie de Tarja, Lisa sera sur scène avec nous.
LM : J’aime beaucoup Tarja, je pense que même sans être sur scène avec Whyzdom je serais venue pour voir Tarja et Whyzdom.
VL : Et pour la date en Bretagne nous n’en avons pas encore parlé, nous ne nous sommes pas encore décidés.
PN : Vous allez donc faire un point sur votre recherche de chanteuse, vous en êtes où ?
VL : Nous avons des candidates excellentes et je pense que nous allons faire le point la semaine prochaine pour voir si nous continuons à faire des auditions, si nous nous arrêtons là, si nous continuons avec Lisa. Il n’est pas encore exclu d’être sur scène avec notre nouvelle chanteuse au Symphonic Metal Breizh Fest le 12 novembre. Pour le concert de Tarja c’est trop tard donc de toute façon nous avons tout de suite demandé à Lisa si elle en était avec nous. Je lui ai envoyé un email avec pour sujet « Cette fois c’est pour de bon, nous sommes complètement dingues » dans lequel je lui demandais si par hasard elle voulait chanter en première partie de Tarja avec nous.
Dark Whispers Choir/Dark Whispers Orchestra
PN : Nous avions l’habitude de retrouver votre chœur sur scène avec vous pour toutes vos grosses dates quand la taille de la scène le permettait (comme à l’Elysée Montmartre, au Metal Female Voices Festival ou au H’elles on stage l’an dernier), ce qui est le cas au Raismes Fest. Mais ils étaient absents aujourd’hui. Ma question est simple, pourquoi ?
VL : En effet ici nous aurions eu la place mais nous ne les avions pas avec nous parce que c’est une très mauvaise période pour préparer un concert.
PN : Mais ils étaient là au H’elles on Stage l’an dernier, à la même période de l’année…
VL : C’est vrai. Mais il y a eu un certain turn-over au sein du chœur, des changements de personnel donc pour l’instant il n’y a pas de chœur au point. Nous aurions pu essayer de forcer pour les préparer et les mettre d’aplomb pour le Raismes Fest mais nous avions déjà beaucoup à faire avec notre changement de chanteuse, c’est beaucoup de boulot de préparer un set avec une nouvelle chanteuse. La frontwoman était notre priorité, nous nous débrouillerons plus tard pour le chœur.
PN : Peut être un nouveau chœur à Paris pour le concert de Tarja ?
VL : Non il n’y aura pas de chœur sur scène. Nous n’avions pas eu l’autorisation d’avoir le chœur à la Scène Bastille en première partie de Delain (en avril 2009) parce qu’il prenait trop de place.
PN : Le Bataclan ce n’est pas la même chose, c’est déjà une scène plus conséquente…
VL : Je pense que Tarja a besoin de beaucoup de place pour s’exprimer…
PN : Comment recrutez-vous les chœurs ?
VL : On leur demande un très bon niveau en terme de lecture musicale, ils doivent savoir lire une partition musicale parce que les parties de chœur sont très difficiles, il est donc nécessaire que les chanteuses du chœur aient un bon niveau en musique classique.
PN : Et dans le même ordre d’idée tu parlais récemment d’un recrutement d’un éventuel orchestre ou en tout cas de musiciens classiques. Qu’en est-il et comment le recrutes-tu ?
VL : Avec tous les problèmes qu’on a en ce moment le Dark Whispers Orchestra va devoir attendre. Il y a deux façons de travailler avec un orchestre : travailler avec un orchestre professionnel…
LM : Nous avons fait ça avec Xandria, c’est horrible et très contraignant.
VL : Ou alors recruter les musiciens un à un mais c’est terriblement difficile à organiser mais je le ferais sûrement un peu plus tard quand j’en aurais le temps je pense. Je garde toujours cela à l’esprit.
Un deuxième album ?
PN : Quels changements peut-on attendre par rapport à "From The Brink of Infinity" ?
VL : La chanteuse va changer mais à part ça ce sera vraiment dans la même lignée metal avec orchestre et chœur. Je pense par contre que ce sera plus consistant et plus profond.
PN : Où en es-tu de la composition ?
VL : Les titres sont pratiquement totalement composés, les chansons sont presque terminées, nous allons commencer à travailler sur les arrangements de groupe et on espère commencer à enregistrer la batterie cet hiver. Pour l’instant il n’y a aucun retard par rapport au planning que nous nous étions fixé avant le départ de Telya.
PN : Quels seront les thèmes abordés ?
VL : J’avais quelques idées sur la double vision, la possibilité de voir son avenir et le fait d’être aveugle ou pas. Voilà tout ce que je peux dire pour le moment.
PN : Et où en sont les lignes vocales ? Quelle influence pourra avoir la nouvelle chanteuse ?
VL : Je ne sais pas. Nous devrons discuter de tout ça, si notre nouvelle chanteuse a quelques idées pourquoi pas… Je ne sais pas… Mais nous avons déjà un certain nombre des lignes vocales, quelques unes sont bonnes, quelques unes peuvent être meilleures encore et quelques idées pour les améliorer peuvent être la bienvenue. Nous verrons.
PN : Tu parles aussi d’un album plus épique, plus agressif, plus symphonique et plus cohérent. Plus cohérent nous en avons déjà parlé en début d’interview. Peux-tu nous parler des trois autres axes ?
VL : Je pense que ce sera plus agressif parce que Regis (guitare) se surpasse, il compose des riffs vraiment agressifs, vraiment typés heavy metal.
LM : Je dois dire que j’adore le style de Regis.
VL : Je pense que c’est plus heavy et plus agressif. Plus épique et plus symphonique parce que forcément à force de travailler on finit par faire des progrès et je pense j’ai fait quelques progrès en orchestration. J’espère que ça va s’entendre donc ce sera plus symphonique avec plus d’effets.
PN : Tu parles aussi de faire un clip ?
VL : Oui. Quand je compose et quand j’écris des paroles j’ai toujours des images à l’esprit. Pour chaque chanson j’ai des idées de vidéo-clip quand je compose. J’avais déjà un clip dans la tête pour chacune des chansons de From The Brink Of Infinity donc j’ai aussi des idées de clip qui commencent à germer pour le prochain album.
LM : Je vois tout à fait ce que tu veux dire. Quand j’écris une chanson je dois me la visualiser. Je pense que c’est la meilleure façon de procéder.
PN : Du coup le clip de Daughter of The Night qui doit paraitre depuis si longtemps est surement aux oubliettes…
VL : Je me suis demandé récemment si nous n’allions pas le rendre public mais c’était avant que Telya annonce son départ et au moment où elle a annoncé son départ je l’ai mis directement à la corbeille. Encore une fois c’est par courtoisie envers la future chanteuse…
Les actualités du metal symphonique
PN : Dans une interview tu cites Joe Satriani comme étant une de tes références en matière de guitariste. Le hasard du calendrier fait que nous rencontrons peu après la sortie de l’album de Tarja, celle-ci a invité Joe Satriani à jouer sur un de ces morceaux…
VL : Ah bon ? Je ne savais pas.
PN : Tu ne l’as donc pas écouté ? Ma question tombe à l’eau (rires). L’as-tu écouté, quel regard portes-tu sur l’intervention de Joe ?
VL : J’aime beaucoup Joe Satriani.
LM : Je respecte énormément ce qu’il fait mais je préfère la musique plus émotionnelle comme celle de Whyzdom.
PN : Nous avons eu un mois de septembre riche en sorties : Therion, Kamelot, Apocalyptica, Dimmu Borgir, Tristania, Tarja… As-tu écouté certains de ces albums, As-tu un petit mot à dire à ce propos ?
VL : non je n’ai écouté aucun de ces albums, désolé… Je n’ai pas eu le temps de les écouter.
Le jeu de la fin
PN : Nous allons maintenant voir si tu as de la suite dans les idées et passer à un petit « test » devenu presque traditionnel dans les interviews de metalsymphonique.com. J’ai glissé quelques mots que nous t’avions déjà donné il y a un an lors de notre dernière interview, on pourra peut être comparer tes réponses ! C’est parti ! Whyzdom ?
VL : Symphonique
PN : Métal Sympho ?
VL : Whyzdom
PN : Metal Nympho ?
LM : Pouffe Metal (rires)
VL : Soit Pouffe Metal
PN : Freedom ?
VL : Liberté de parole mais nous n’avons pas de voix
PN : Daughter ?
VL : Of The Night
PN : Era ?
VL : Un mix entre du chant grégorien et une musique d’ambiance.
PN : Ah ! La dernière fois tu ne connaissais pas ! Epica ?
VL : Epique.
PN : Patrick Roy ?
VL : What the Fuck ?
PN : Xandria ?
VL : Lisa
PN : Lisa ?
VL : Lady
PN : Raismes ?
VL : Première fois
PN : MS awards ?
VL : Merci
PN : Ascendance ?
VL : So british
PN : Tarja ?
VL : Elle ressemble à une petite amie que j’ai eu une fois, une chanteuse classique aux longs cheveux noirs.
LM : Je pense que c’est une déesse.