Deuxième partie de l'interview de Philippe Giordana concernant "Score To A New Beginning", le troisième album du groupe !
Galathrandir : Est-ce que tu peux nous parler de la jaquette, peinture de Genzo ?
Philippe Giordana : Heu oui, c’est une jaquette en carton avec des couleurs dessus ! Non sérieusement, j’avais été vraiment très agréablement surpris par le travail que Genzo avait fait sur la pochette de « Fall of an Empire », je trouvais que ça collait vraiment bien avec l’ambiance et Osyrhia en général. Du coup quand j’ai commencé à travailler sur l’album je lui ai demandé si ça l’intéresserait de travailler dessus pour la pochette, et il a dit oui tout de suite. On a commencé à plancher sur la jaquette par rapport aux moments clés de l’album, il m’a fait quelques croquis dont un intéressant avec Cenos et Doryan en train de fusionner, ce qu’on retrouve à la fin de l’album, mais les références étaient pas forcément évidentes pour ceux qui ne connaissent pas le contexte. Donc on a plutôt penché pour cette pochette maritime qui représente en fait le morceau Across the Endless Sea Part II et je pense que ça colle impeccable.
G : Justement, Across the Endless Sea Part II, c’est la continuation de la chanson bonus sur la version japonaise du dernier album, Across the Endless Sea ?
P : Voilà, en fait c’est la continuation dans le sens où ça reprend à peu près exactement le même moment qui est raconté sur le bonus japonais, donc cette chanson peut vivre en elle-même, séparément du bonus. Mais comme il y a dedans beaucoup de chœurs qui sont repris, qui sont parfois les mêmes au niveau parole et mélodies que sur la chanson bonus, je pensais que ça ferait un lien agréable et que ça permettrait à l’auditeur de s’intéresser au bonus s’il ne l’avait pas écouté.
G : On parlait de la jaquette et de l’histoire, du coup, « Score To A New Beginning », c’est la fin des chroniques d’Osyrhia ?
P : Oui, c’est la fin des chroniques Osyrhiennes. En fait les chroniques Osyrhiennes racontent juste cette période d’Osyrhia, environ 500 ans, là où Cenos est de retour et réussit à vaincre les armées de la lumière et à mettre tous les peuples d’Osyrhia en esclavage. Ca c’est la période nommée « Les chroniques d’Osyrhia ». Mais il y a un concept beaucoup plus gros que ça qui s’appelle « Osyrhia », et qui va être beaucoup plus développé maintenant, surtout la préquelle (ce qui s’est passé avant) et ça constituera sûrement les prochains albums.
G : Et alors est-ce que tu comptes le jouer sur scène cette fois-ci, pourquoi pas avec un groupe international comme ça a été le cas avec Kamelot en 2007 ?
P : Ecoute on a déjà deux concerts de prévu en septembre, un au Danemark le 24 au Power Scandinavia, on fait la fête d’ouverture en VIP, et un autre en Angleterre pour le Metal Fest UK le 27 septembre. Après au niveau d’une éventuelle tournée ça sera surtout de l’avis du label, pour le reste j’espère pouvoir organiser, peut-être pas cette année, éventuellement un concert exceptionnel dans un endroit centralisé, pas trop loin pour tout le monde donc peut-être en Allemagne. Avec un maximum de guests, donc on peut imaginer jusqu’à 10-12 musiciens sur scène en même temps, en comprenant deux ou trois claviéristes pour faire un effet d’orchestre et réduire les samples. Plus peut-être trois quatre guitaristes et tous les chanteurs qui veulent venir, enfin une grosse fête ! G : Ca fait rêver ça !
P : Beh ce serait bien ouais ! (rires)
G : Et alors pour les concerts du coup ça serait avec le line-up actuel ?
P : Alors les concerts en eux-mêmes « normaux », donc non-exceptionnels, le line-up fixe de tournée est composé de tous les membres de Pathostray moins leur claviériste, parce que forcément c’est ma place à moi ! Plus un guitariste à la guitare rythmique et pour certains solos. Donc on sera toujours un line-up de six personnes comme ça a toujours été le cas.
G : En parlant de scène et de public, qu’attends-tu comme réactions à la sortie de l’album de la part des fans, du public du metal symphonique mais aussi des gens qui n’ont jamais écouté Fairyland et qui tomberont sur l’album à ce moment-là ?
P : Ben première chose, j’espère que ça va leur plaire ! Pour le moment les réactions sont bonnes, les chroniques et les réactions de fans sur internet sont assez intéressantes. A part les habituelles une ou deux chroniques qui sortent complètement du rationnel. On a eu 6/6 à Scream Magazine, un des plus gros magazines papier en Norvège, et je me suis retrouvé aujourd’hui face à une chronique internet norvégienne ou un mec nous mets 3/10. Moi j’arrive pas à comprendre qu’on puisse mettre 3/10 à un album, même le pire album du monde ! C’est pas possible, parce que y a du travail derrière ! Mais dans l’ensemble les réactions sont très positives, je dirais qu’elles sont largement meilleurs que ce qu’on a eu ne serait-ce que sur « Of Wars in Osyrhia » ou même « Fall of an Empire ».
G : En règle générale, comment penses-tu que Fairyland se situe dans le metal symphonique actuel ?
P : Franchement, au niveau de la durée, par rapport à ce qui se fait maintenant et ce qui marche maintenant on est des dinosaures ! Même avec seulement trois albums, le groupe existe depuis 1998, ça va faire 11 ans bientôt, premier album sorti en 2003… Je pense qu’au niveau de Fairyland, on fait un style qui est peut-être pas le style attendu forcément par les fans de metal symphonique actuel. Qui vont plutôt voir des groupes à chanteuse, ou bien des groupes de pur speed symphonique à la Rhapsody. C’est plus vraiment ce que je cherche à faire comme musique, j’ai un esprit plus hardrock/metal symphonique, peut-être sur certaines parties, avec des influences plus Genesis/Marillion sur certains points, donc je ne sais pas. J’espère pouvoir dire qu’après quelques écoutes l’auditeur pourra penser qu’on propose quelque chose de légèrement différent quand même de ce qui se fait actuellement.
G : Et quelles sont les influences pour le troisième album ?
P : Je viens d’en citer deux, Marillion donc et Genesis première période avec Peter Gabriel, et bon Symphony X dans le coin toujours, un peu de Blind Guardian au passage, Sonata Arctica aussi ça peut arriver, et après des influences plus classiques. Mike Olfield, toujours, beaucoup de BO de films, Elfman, Zimmer, John Williams, comme d’habitude !
G : Et au sein du metal symphonique en particulier qu’est-ce que t’écoutes ?
P : Pas grand-chose en ce moment, parce que quand je suis en période de composition j’évite d’écouter de la musique qui se rapproche de ce que je suis en train de composer. Pour éviter justement d’être influencé au maximum et de faire l’erreur de mettre un riff que j’aurais écouté et qui me serait resté dans la tête sans que je sache qu’il ne vient pas de moi. Donc du coup j’ai surtout découvert ces derniers temps les groupes français, que je découvre par les forums sur lesquels je participe. Whyzdom, Qantice, Operadyse, ces trois groupes sont de toute façon excellents et j’ai vraiment hâte que les albums sortent. Après Kamelot toujours, parce que le fait d’avoir tourné avec eux en live, ça marque ! (rires) Et j’aime beaucoup leur musique. Et bien sûr Benighted Soul, « Anesidora » traine dans ma chaine depuis sa sortie !
G : On a beaucoup parlé du débat sur le metal en France et je sais que ça te tient à cœur, que penses-tu de la situation actuelle ?
P : Ben la situation est toujours la même, la France est un pays où la culture est en chute libre, mais vraiment littéralement, le grand public connait très très peu le metal, à part les quelques pseudo groupes qui ont été promus par les chaines grand public. Le seul gros groupe français actuellement c’est Gojira, même si je ne comprends pas trop parce que personnellement je n’aime pas trop. Après le metal en France reste underground comme il l’était il y a trois ans, comme il l’était il y a six ans… Je pense par contre qu’au niveau de la scène française underground, ce qui est bien c’est que c’est une scène très soudée, beaucoup de groupes sont en contact les uns avec les autres, on se file toujours des coups de main d’une façon ou d’une autre. Et c’est comme ça que ça doit rester !
G : Et tu ne penses pas que l’apparition des webzines sur Internet ont changé quelque chose ?
P : Si, dans le sens où le fan de metal lambda qui va sur Internet peut avoir plusieurs avis différents sur les groupes, il peut avoir des interviews différentes. Les évènements organisés par les différents sites comme par exemple Heavylaw qui organise des écoutes régulières, ou Metal Symphonique qui réalise des semaines complètes, ça apporte énormément aux fans ça c’est certain. Et je pense que ça soude beaucoup la communauté metal. Grâce également à toutes les discussions possibles, les forums, les chats, tout le monde devient copain avec tout le monde, les gens se retrouvent à des concerts et finalement ça fait grossir la communauté.
G : Si on prend l’exemple de Fairyland qui est présent dans le monde entier, à ton avis, est-ce que le groupe marche plus en France où ailleurs ?
P : Ailleurs ! Bon apparemment il y a quelque chose qui court actuellement c’est que les français sont quand même parmi les premiers pays au niveau téléchargement illégal, donc… Quand je te dis que ça marche mieux ailleurs qu’en France je te parle au niveau vente, je te parle pas au niveau public, à chaque fois qu’on a joué en France c’était salle pleine et avec des très bonnes réactions ! Mais au niveau des ventes, c’est vrai qu’on a souffert du téléchargement illégal, on a vendu environ 4000 exemplaires du premier album, le deuxième on en a vendu 800 ! (Note : le deuxième album étant sorti sous le label Napalm Records avec une grosse promotion internationale) Donc c’est bien qu’il y a un problème quelque part.
G : Et après la sortie de cet album, quels sont tes projets ?
P : Pour l’instant, promotion ! D’ailleurs je suis invité en tant que parrain à Arles le 6 mai pour une soirée metal organisée par un confrère, Seigneurs du metal, où ils présenteront le nouvel album. Après ça je vais essayer de me battre pour avoir des concerts à droite à gauche voire une tournée, préparer les deux concerts de septembre, et puis dès que ça se calme un petit peu, composition du nouvel album.
QUESTIONS AUDIO
G : Est-ce que tu as un message à faire passer à ceux qui attendent l’album ?
G : Tu as une minute pour convaincre les gens d’acheter « Score To A New Beginning » !
G : Que dirais-tu aux gens qui n’aiment pas ta musique ?
G : Est-ce que tu as un message pour les fans et les gens de Metal Symphonique.com ?
G : Pour finir, on va inaugurer un petit jeu, je te donne un mot, et toi tu dois me dire en un mot ou une phrase ce que ça t’évoque. Tu es prêt ? Si je te dis… Philippe Giordana !
P : Moi ! G : Si je te dis Rhapsody of Fire !
P : Très bon groupe, dommage qu’ils soient dans la merde, j’espère que ça va vite se rattraper. G : Hans Zimmer ?
P : Aaaaah ! (soupir) Excellent ! Video killed the radio star ! G : Golden Eye ?
P : C’est lui ! (rires) G : Jack Sparrow ?
P : Heu… Pirates des Caraïbes. G : Doryan ?
P : Fairyland ! G : Apocalypse Board Online ?
P : Fairyland ! (rires) G : Metalsymphonique.com ?
P : De la balle ! G : Si je te dis gruflok ?
P : Quoi ? G : Gruflok !
P : Qu’est-ce que c’est que ça, beh je dirais, rotchada ! G : D’accord ! Et si je te dis merci ?
P : (rires) Ha ha c’est nul ! (rires) Okay ! Et beh c’était marrant ça !