interview de Philippe Giordana
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Fairyland
 France
Date : 1998
Réalisée le vendredi 24 avril 2009 par téléphone |
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Semaine spéciale consacrée au groupe Fairyland, mené par Philippe Giordana, à l'occasion de la sortie du troisième album du groupe, "Score To A New Beginning"... Et donc interview ! Voici la première partie, concernant le groupe et l'album.
Galathrandir : La dernière fois que tu as été interviewé sur Metal Symphonique, c’était pour la sortie de « Fall of an Empire ». Désormais voici le troisième album, et chez Fairyland beaucoup de choses ont changé… Alors pour commencer, explique-nous !
Philippe Giordana : Plein de choses ! Je crois que ce n’est plus vraiment un secret, tous les membres du groupe à part moi sont partis en juillet 2007, pour aller créer leur propre projet. De façon pas très sympathique mais ça on ne peut rien y faire… Donc du coup j’ai eu le choix entre arrêter le groupe, ce que je n’avais vraiment pas envie de faire, ou le continuer ou bien comme un groupe ou comme un projet solo. Et finalement j’ai décidé de continuer en projet solo en pensant que ça allait faciliter un peu la tâche, et ça a été le cas.
G : Le premier album, en tant que projet solo donc, a un titre évocateur : « Score To A New Beginning ». Pourquoi ce titre ?
P : Je pense que le titre est évident sur plusieurs plans. Déjà au niveau du groupe en lui-même puisque c’est vraiment un nouveau commencement pour Fairyland, c’est une nouvelle formule. Il y a beaucoup de choses qui a été relancé par le fait de partir en projet solo, pas seulement au niveau de la musique mais au niveau du groupe. Et également parce que ça correspond parfaitement au concept raconté sur le troisième album, c’est la fin de la trilogie Osyrhienne, le moment où les forces du Bien vont prévaloir sur les forces du Mal et où le monde va se reconstruire.
G : Et justement cette histoire est contée dans une optique très cinématographique sur cet album, peux-tu nous en dire plus ?
P : Le côté cinématographique de Fairyland ça a toujours été un peu le but du jeu, sur le premier album avec l’intro, la grosse interlude orchestrale, le deuxième album avec les petites interludes et autres. Et sur le troisième j’ai voulu pousser un petit plus loin en développant la structure de l’album vraiment comme un film, avec un générique de début, le déroulement du film avec ses moments clés, puis un générique de fin qu’on pourrait imaginer sur un grand écran avec le défilement des crédits.
G : Au niveau de la musique, tous ceux qui ont entendu l’album jusqu’à présent trouvent que tu t’es beaucoup plus ouvert (on le voit dans les chroniques), plus de variations, de rythmes, d’ambiances… Qu’en penses-tu ?
P : Ben c’est cool ! (rires) C’est bien, je suis content que les gens le ressentent comme ça, vu que c’est un petit peu ce que j’ai ressenti pendant l’écriture de l’album. Je n’essaye pas de me fixer un but précis, que ce soit plus dans ce style-ci ou ce style-là, j’écris des morceaux instinctivement et ensuite ils finissent comme ils sont. Donc si les gens sentent qu’il y a plus d’ouverture, plus de technique ou plus de diversité dans les morceaux c’est vraiment positif et j’en suis content.
G : Peut-être qu’on peut faire le lien, vu que tu es désormais seul à la tête du groupe, est-ce que tu penses que ça a influencé ta façon de composer ?
P : Oui et non, disons que j’ai beaucoup plus de libertés au niveau des arrangements non-claviers, donc ce qui touche aux guitares, batteries, basses, chant. Puisque en général les invités faisaient ce que je leur demandait et quand ils avaient des idées, ils en discutaient avec moi et si ça ne me plaisait pas, on les abandonnait, contrairement à ce qui s’est passé sur le deuxième album où on m’a forcé la main pour mettre des trucs. Après je pense que c’est peut-être une évolution personnelle aussi, au niveau de ce que j’écoute musicalement, peut-être de la technique que j’aurais réussi à accumuler, je ne sais pas.
G : Concernant les musiciens, Marco Sandron (le chanteur principal de ce nouvel opus) et les autres musiciens principaux vont-ils rester dans le groupe pour les prochains albums ou pas du tout ?
P : Je pense qu’ils vont rester, parce que travailler avec eux ça a été un régal, très facile, des gens vraiment professionnels, c’était en plus super marrant pendant les enregistrements, et je pense que ce serait dommage de les faire disparaitre vu qu’il y a une identité qui vient avec. Mais tout en sachant qu’ils risquent de revenir sur le prochain album, ce ne sera quand même pas un line-up fixe. Ils auront peut-être des places moins importantes que sur cet album-là, peut-être plus en tant que guests pour certaines parties.
G : Et en parlant des guests justement, pourquoi as-tu voulu en avoir autant et est-ce que ça a été difficile de les rassembler ?
P : En vouloir autant ce n’était pas un but en soi à l’origine, j’avais envie d’avoir des guests qui viennent et qui soient intéressants. Les premiers que j’ai eu en contact étaient justement Fabio et Marco de Pathostray, et même pas une semaine après j’ai eu Georg de Serenity qui s’est proposé spontanément pour venir nous filer un coup de main. Je suis parti sur cette base, j’ai eu un guitariste rythmique, Chris Menta, qui s’est proposé de venir faire les guitares rythmiques, et après en fait ça a été par copinade, tous les gens qui voulaient venir filer un coup de main ou ceux dont j’avais envie. Puis on s’est retrouvé avec une liste comme celle-là, de 16 invités !
G : Et puisqu’on parle des guests et qu’on est sur Metal Symphonique, est-ce que tu peux nous parler de la façon dont s’est passé la participation de Géraldine et Jean-Gabriel de Benighted Soul (chants additionnels sur l’album) ?
P : Pour Jay et Djang, on était tout bêtement sur une conversation MSN un après-midi, j’avais bouclé une grosse partie de l’album, j’avais déjà enregistré les parties de chant principal et il me restait des parties guests à rajouter. Et Djang m’a dit « pour le prochain album, si tu veux on serait heureux de te filer un coup de main », et il me restait une case de libre donc je leur ai directement proposé de venir sur celui-là. Je leur ai envoyé la partie où je voyais le mieux leur chant avec des textes, et je leur ai simplement dit « voilà, vous avez la partie, vous avez les textes, éclatez-vous dessus ! » Ils ont fait des essais, ils ont enregistré des prises qu’il m’ont renvoyé, et on a roulé comme ça !
G : Parlons maintenant du solo de clavier de Marc Ruhlmann de Whyzdom sur le morceau Score To A New Beginning, j’aimerais bien savoir où il se trouve, parce que personnellement pendant les 9 minutes du titre j’entends beaucoup de solo de claviers !
P : Ah d’accord ! (Rires) En fait il y a un moment dans le morceau où il y a un solo de clavier puis une coupure avec de la basse et du piano et un peu de batterie, avec Klaaire de Syrayde qui chante une ligne croisée. Dès qu’elle finit cette ligne en fait il y a le son de clavier qui commence, c’est Marc.
(Note : en fait c’est très exactement à 3 :53)
G : Pour finir sur les guests, c’est la deuxième fois que Flora de Kerion chante la ballade de fin d’album, pourquoi tu lui fais chanter à chaque fois la ballade de fin et pourquoi Flora ?
P : Flora parce que j’aime énormément sa voix. Elle a une voix très agréable, très douce, elle est très très professionnelle aussi, et en studio elle est extrêmement rapide pour enregistrer. Je sais que les prises du deuxième album elle avait tout fait en une demi-heure, à savoir qu’elle avait pris l’avion le matin de Nice pour enregistrer à Paris, et qu’elle est repartie en fin d’après-midi.
G : Ah oui quand même !
P : Ouais ! Et pour cet album-là et bien j’avais envie de retravailler avec elle parce que c’est agréable de travailler avec ! Et pourquoi en général plutôt sur les outro, et bien parce que sa voix pour moi colle beaucoup mieux à des passages doux et calmes qu’à du metal pur et dur. Moi par rapport à Kerion je ne suis pas super fan de sa voix sur les passages metal. Après pour les passages doux je suis sur le cul ! Donc voilà !