interview de Delain
| |
|
 Delain
Pays-Bas
Date : 2005
Réalisée le 10 février 2009 à Paris
|
|
Bravant la tempète, Ptite Note et Galathrandir sont partis à la rencontre de Charlotte et Martijn à Paris, et ont pu avoir un entretien avec Martijn, claviériste, compositeur et fondateur du groupe. Voici la première partie de l'interview, concernant principalement April Rain.
Galathrandir, Ptite Note : Bonjour, comment ça va ?
Martijn : Ca va et vous ? Pas de soucis avec les tempètes ?
G : Non, merci ! Comme vous le savez nous sommes du site web Metal Symphonique, et on aime voir les groupes avec des vrais fans dans notre équipe, donc je laisserais Ptite Note poser les questions !
M : Okay, c'est sympa pour nous aussi de voir des visages connus !
Ptite Note : Ok, tout d'abord, comment pourriez-vous décrire votre musique ?
M : Hummm... Une musique pleine de contrastes. Avec beaucoup de riffs de guitare lourds et des parties lourdes, mais aussi avec une partie plus douce, et on a essayé d'apporter encore plus de contraste sur le nouvel album, plus de parties puissantes et de parties douces. Et il est très symphonique, avec beaucoup de mélodie.
P.N. : Pourquoi le titre "April Rain" ("Pluie d'avril", en français) ?
M : C'est principalement du ressort de Charlotte parce qu'elle écrit les paroles, elle a fait le choix d'April Rain. Mais cette chanson est importante dans l'album, beaucoup de choses qui sont dans cette chanson le sont aussi dans l'album plus généralement. Le morceau parle du fait que l'on peut voir les choses de manière positive ou négative, dépendant seulement de la manière dont on regarde. Il y a donc des gens qui peuvent voir les choses d'une façon négative, mais qui ne verront pas les choses merveilleuses. Et donc comme c'est un morceau important dans l'album nous avons choisi d'appeler l'album d'après son titre.
G : Donc vous l'avez vu comme une introduction à votre nouvel album. Nous la voyons de cette manière car c'est la première piste donc... Et le son est aussi assez nouveau...
M : Oui ! C'est vrai, et c'est aussi une des premières chansons que j'ai composé pour le nouvel album, une des plus vieilles nouvelles chansons.
P.N. : Pourquoi avez-vous choisi d'avoir moins d'invités ? (Seulement Marco Hietala est en guest sur April Rain)
M : En fait ce n'était même pas un choix conscient, mais quand on écrivait c'était simple parce que nous avons un groupe maintenant, on connait les qualités de chacun, donc nous avions moins besoin de guests, bien que nous aimions toujours jouer sur scène et faire de la musique avec des personnes différentes. Mais c'est aussi parce qu'il n'y avait pas beaucoup de temps, nous voulions réaliser notre album en un temps donné, et nous avons prévu le temps qu'il nous fallait donc le processus et allé très vite et si vous voulez inviter des musiciens, vous devez préparer des rendez-vous... Donc c'était pour des raisons pratiques, et parce que nous n'en avions pas besoin. Nous voulions aussi montrer aux gens que nous sommes un groupe, et que nous n'avons pas besoin de guests pour faire notre musique !
G : C'est le sentiment qui ressort de cet album, que vous voulez montrer à tout le monde que vous êtes un groupe singulier.
M : Exactement.
P.N. : Aux débuts de Delain, les morceaux de "Lucidity" n'étaient pas prévus pour être joués sur scène puisque c'était juste un projet studio. Maintenant que Delain a fait des concerts et va continuer à en faire, est-ce que les choses ont changé ? Cela a-t-il changé votre manière de composer ?
M : Oui, c'est plus présent dans notre esprit, parce que "Lucidity" n'était au départ qu'un projet. Je n'aurais jamais pensé à cette époque que nous jouerions l'album live. Désormais il nous reste à voir puisque nous n'avons pas encore joué les nouveaux morceaux, mais je pense qu'il seront plus appropriés pour les concerts. Je le sens plutôt bien. En tout cas je l'avais en arrière-pensée quand j'écrivais, en me disant "ce riff de guitare rendrait super bien sur scène, je l'imagine sur des grosses enceintes". On écrit les choses différemment, même inconsciemment.
G : Vous avez déjà joué Go Away et Invidia, quelles ont été les réactions du public ?
M : Les réactions ont été bonnes, on a déjà remarqué que ces morceaux marchaient mieux sur scène que ceux de "Lucidity". Je suis très curieux de voir pour les autres ! D'ailleurs jeudi dernier on a fait une répétition générale, juste pour nous, nous avons joué les morceaux pour la première fois et ça a été vraiment magique. Pour la première fois j'entendais tout en live, sans public, mais pour de vrai, et ça me donnait la chair de poule, c'était magique !
P.N. : C'était plus dur de jouer les morceaux de "Lucidity" ?
M : Oui, ils sont très mélodiques, mais peut-être un peu plus simples que les nouveaux. Les nouvelles chansons sont plus rapides, c'est une coincidence, parce que pendant douze ands j'ai composé des choses plus lentes ou sombres, et quand j'ai écrit le second album je voulais essayer autre chose. Je pense aussi que des chansons plus rapides marchent mieux en concert.
P.N. : Il y a des morceaux puissants et heavy comme Go Away, mais globalement l'album et l'ambiance sont plus calmes, avec moins d'hymnes comme The Gathering auparavant. Êtes-vous d'accord, et pourquoi ?
M : Oui, c'est plus orienté guitare. Je pense que ça lui donne plus de pêche, c'est plus lourd, c'était le but de l'album. Je pense qu'un titre comme Virtue and Vice, piste 6, pourrait être développé plutôt dans la veine de The Gathering. L'exception est Nothing Left, la dernière chanson. Elle est plus lente, et grandiose.
G : Et ça va bien vu que c'est la dernière chanson, on attend ce genre de choses pour terminer un album.
M : Oui. "Lucidity" avait Pristine, et c'est aussi une chanson plus calme qui est aussi plus intime.
P.N. : Quelle réaction attendez-vous des fans ?
M : Je m'attends à ce qu'ils soient un petit peu surpris, parce que c'est différent, mais pareil. Je veux dire, vous entendrez que c'est Delain, mais les chansons sont plus rapides, plus heavy, la production est plus travaillée. Charlotte s'est aussi améliorée, parce qu'elle avait dix-sept ans quand elle a chanté pour la première fois, une jeune fille Maintenant elle a vingt-et-un ans, ce qui est toujours très jeune, mais elle a acquis beaucoup d'expérience pendant les dernières années. Donc j'espère que les gens seront surpris en l'écoutant, et en écoutant les morceaux eux-mêmes. J'ai également remarqué que les gens se demandaient comment nous pourrions nous débrouiller tout seuls, sans guests. Je savais déjà pour ma part que ce ne serait pas un problème, parce que j'écris des chansons depuis longtemps. Mais je pense que les gens peuvent être surpris par notre nouvel album ! Je ne sais pas si ça sera le cas, mais j'espère ! (rires)
G : On verra ! Personnellement, j'étais impressionné par le travail sur les claviers, comparé à "Lucidity" où il y a plus un son "synthé", alors que maintenant vous avez un son plus orchestral.
M : Et bien, c'est bon à entendre, parce que c'était le but. C'est aussi parce que le mix sur l'album les a mis plus en retrait, donc ils sont moins proéminents que sur "Lucidity", en donc plus comme une ambiance. L'équilibre est différent.
P.N. : Vous allez être plutôt occupé les mois qui arrivent : promotion, première partie de Kamelot, tournée en tête d'affiche... Est-ce que vous prévoyez d'aller en France ou ailleurs ?
M : Oui, en fait nous allons d'abord jouer effectivement avec Kamelot, et ensuite une tournée en Allemagne, et on prévoit de jouer à Paris en mai. On voudrait en fait faire une tournée en France avant l'été ou après l'été, il faut qu'on voit comment ça s'arrange avec notre planning. Mais l'Allemagne et la France sont les pays les plus importants pour nous. En plus le public en France est vraiment bon, l'Allemagne est plutôt un public de spectateurs, et on doit vraiment les entrainer avec nous, alors qu'en France les gens prennent leurs propres initiatives, ce qui est totalement différent mais vraiment cool.
P.N. : Et ailleurs ? Amérique, reste de l'Europe ?
M : Je pense qu'on pourrait aller en Amérique du sud l'année prochaine, au Japon, mais on ne sait pas encore. Mais je pense qu'il y a des chances pour que cela se fasse l'année prochaine. Enfin on devait d'abord se concentrer sur l'Europe occidentale, pour avoir une bonne base.
P.N. : Et concernant les festivals d'été ?
M : Et bien la sortie de notre album est un peu tardive pour les festivals cette année, donc nous allons faire des festivals, mais je pense que la plupart auront lieu l'année prochaine. Ils bookent les groupes très tôt, en décembre ou janvier, et notre album va sortir en mars donc...
P.N. : Est-ce que vous vous attendiez à ce que Delain devienne ce qu'il est devenu ajourd'hui ?
M : Non. Je me disais en moi-même "n'attends rien, ce sera une déception ou une surprise". Tout ce que vous pouvez faire c'est d'essayer de votre mieux et faire la musique que vous aimez faire, et espérer que les gens l'aiment. Au final c'est bien au-delà de ce que j'imaginais, bien mieux, une grosse surprise, vraiment inspirante, et je suis vraiment reconnaissant.
>> Voir la deuxième partie de l'interview