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Semaine spéciale consacrée au groupe Adrana et à son univers, donc forcément interview ! Sans plus attendre, première question !
Galathrandir : Bonjour à tous ! Toute l’équipe du site Metal Symphonique est très heureuse de vous recevoir pour cette interview ! On pourra ainsi mieux faire connaissance avec votre musique, votre univers, et bien sûr votre premier album qui nous vaut une semaine spéciale sur le site !
Anae : Bonjour à toute l'équipe, merci beaucoup de nous recevoir sur le site Métal Symphonique, nous en sommes ravis !
G : Première question, qui se cache derrière Adrana, et comment est né ce projet ?
Max : Salut à toi ! Adrana, c'est Anae au chant, Grhyll aux claviers, Ludo à la guitare, Emeric à la basse et moi-même à la batterie. Le groupe est né plutôt simplement, fin 2004. Ludo et moi quittions un groupe de reprise rock/metal car nous voulions plutôt jouer du metal
symphonique. L'embryon d'Adrana est né. Nous avons recherché des musiciens puis un line-up initial s'est dessiné en Avril 2005, mois de notre premier concert.
Quelques changements de membres plus tard font qu'Adrana a le line-up actuel depuis janvier 2006.
G : Comment vous répartissez-vous les tâches au sein du groupe ?
Max : Eh bien Anae et Grhyll vont s'occuper de ce qui tourne autour du concept d'Adrana, Emeric et moi maintenons le site internet et le myspace par exemple, Ludo tient les finances du groupe, puis à côté de ça tout le monde va composer, gérer la promo, chercher des plans concerts, etc...
Anae : Tout le monde met la main à la pâte, on est assez polyvalents. Chacun s'attribue une tache selon le besoin du moment comme le précise maxime : Untel organise un concert, un autre travail sur la promotion, mais l'on s'entraide mutuellement, ce qui nous permet d'avancer plus vite et avec moins de difficultés. Au niveau du travail de création, s’il est vrai que nous ne sommes que deux à travailler sur le concept d'Adrana et à écrire, pour ce qui est de la création musicale nous composons tous.
G : Pourquoi ce nom, Adrana ? Je crois que vous poser cette question revient à parler plus précisément de l’univers de votre groupe…
Grhyll : Il s’agit du prénom de celle qui évolue à travers nos chansons et guide nos plumes, la princesse guerrière Adrana. Nous ne voulions pas d’un nom de groupe choisi sans raison particulière, aussi avons-nous associé le concept littéraire à ce nom. Comme nous avons tous plus ou moins été bercés d’histoires d’heroic fantasy durant notre enfance et notre adolescence, c’est vers ce style que nous nous sommes tournés lors de l’élaboration de l’histoire.
G : On ne va peut-être pas rentrer plus en détail dans l’histoire à proprement parler, puisque les gens pourront la découvrir dans l’album, et dans la publication du concept littéraire dès demain sur le site, mais il faut comprendre qu’Adrana, c’est aussi de la littérature derrière. Dans quelle mesure Perturbatio, votre premier opus, suit cette histoire ?
Ludo : Le premier opus est en fait le début de l'histoire d'Adrana. Il commence par la déchéance de son peuple, celui des Anges, à travers la bataille livrée dans la ville de Prusias. L'album Perturbatio introduit l'histoire de la Princesse Adrana, dernière héritière du trône du
royaume des anges.
Grhyll : Nous avons décidé de mettre les chansons présentes sur l’album dans l’ordre chronologique ; s’il y a quelques ellipses dans l’histoire, la progression reste néanmoins constante, depuis le sac de Prusias jusqu’à l’enterrement de Gabrielus et d’Ihria au pied des falaises du Ledoras.
G : Qui sont les personnages peints sur la jaquette ? Et pourquoi cette jaquette et ce design ?
Grhyll : Nous étions en contact avec un graphiste de talent, qui a accepté de nous faire gracieusement une pochette illustrant Adrana et Saneday, un Ours-garou qui accompagne la princesse dans son périple. Lorsqu’il nous a présenté son travail, cela nous a plu et nous l’avons donc conservé.
G : Votre style m’apparait comme un mélange de musique lyrique et épique, qu’en pensez-vous ?
Max : A mon avis chacun voit la musique d'un groupe à sa manière, et c'est ce qui permet de s'approprier la musique du point de vue de l'auditeur. Ensuite la caractérisation de notre groupe comme mélange de musique lyrique et épique me plait bien.
Anae : Il est amusant de voir employés deux termes littéraires pour décrire notre musique…Toutefois, si l’on s’en tient au sens étymologique du terme, « lyrique » signifie l’exaltation des sentiments, or, à l’exception de Mortualia, nos morceaux n’ont pas vraiment cette visée selon moi. De même, le côté épique apparaît sur quelques titres (et particulièrement sur ce premier album), mais je ne pense pas au fond que ce soit ce qui nous caractérisera de façon générale à l’avenir.
Si nous devions présenter notre musique, je commencerais avant tout par préciser que nous faisons une musique à dominante métal (certes, cette interview est pour MetalSymphonique, mais sait-on jamais !), illustrant une histoire par le biais d'orchestrations symphoniques et d'un chant lyrique comme le fait un opéra. C'est pourquoi j'aime à parler d'Opéra métal. Opéra en référence au chant utilisé bien entendu, mais également opéra en tant que mise en musique et mise en scène d'un univers littéraire, par le biais d'une interaction entre divers personnages (comme c'est le cas des opéras rock comme Starmania ou plus récemment « Mozart »).
G : Anae a une approche profondément lyrique de son chant. N’avez-vous pas peur de ne pas plaire à tout le monde avec cette approche, et comment pensez-vous que les gens vont percevoir ce chant plutôt inhabituel ?
Max : Nous sommes déjà conscient de ne pas plaire à tout le monde et je pense que c'est normal quelque soit le style de metal que tu joues. Après tant mieux si tu trouves ce chant inhabituel, ça voudra dire qu'on pourra se démarquer d'une certaine manière des autres groupes dans notre style. Mais avant tout, c'est ce chant là qui nous plait et nous comptons bien faire ce que nous dictent nos envies et non une démarche commerciale. Nous ne sommes réellement pas fan des chants "pop" que de nombreux groupes de sympho choisissent à l'heure actuelle, mais c'est là juste une histoire de goûts.
Généralement les gens perçoivent ce chant de deux façons : soit ils adorent, soit ils n'aiment pas, et je n'ai pas souvent vu de juste milieu.
Anae : C'est un parti pris. Les voix gutturales ne plaisent pas non plus, ainsi que les voix « pop» qui ne semblent pas être au goût de Max par exemple ! Chaque musique a son public et ne peut être appréciée de tous. Les réactions négatives à mon chant viennent plutôt des métaleux de façon générale, peu touchés par la matière classique de la musique, ce que je comprends parfaitement. Mise à part cela, cette « approche » pour reprendre tes propres mots, nous permet d'acquérir un public très large, allant des fans de nightwish jusqu’aux jeunes enfants et leurs parents, comme certains amateurs de musique classique ouverts et curieux.
G : On trouve également des passages parlés, comme sur Gabrielus. Le ton que prend Anae pour les déclamer est assez étrange, pouvez-vous nous en dire plus ?
Anae :
Je n'ai pas réellement cherché à employer une voix particulièrement « étrange » ou « mystique » ; c'est ma voix au naturel (des effets de reverb en plus pour donner de la profondeur). J'utilise la même technique vocale pour parler en concert (ou sur l'album) que pour chanter, c'est peut être cela qui donne ce timbre particulier que vous semblez m'attribuer. Je narre l'histoire d'Adrana, voilà tout. Après cependant, pour des titres comme Prusias je module ma voix en fonction des sentiments qu'évoquent les paroles.
G : Vous alternez entre chant anglais et chant français. Comment choisissez-vous la langue à chanter et pourquoi ?
Anae : Le choix du chant dépend de plusieurs critères. En ce qui concerne nos premières compositions (comme Mortelle fourberie enfantine), le choix de la langue s'est effectué sur un critère esthétique de façon à ce que la musicalité de la langue choisie soit en harmonie avec les couleurs de la musique. En avançant dans l'écriture du concept d'Adrana, on est très vite venu à vouloir attribuer une langue à chaque peuple du Ledoras, ainsi qu'au narrateur de l'histoire. Sur l'album j'utilise le Français, l'anglais et le latin. A terme nous souhaiterions en utiliser plus. J'espère que chaque race aura sa propre langue pour le prochain album. Mais nous n'irons pas jusqu'à créer une nouvelle langue…
G : Comment cela se passe lorsque l’on décide d’écrire un album qui suit une trame littéraire ? Est-ce que vous composez les morceaux en suivant strictement l’histoire, ou est-ce que vous choisissez les moments dont vous allez parler en fonction de la musique que vous avez écrite ?
Ludo : Les deux sont faisables. Pour "Perturbatio" nous avons d'abord créé la musique sans vraiment nous soucier des textes et de ce qu'allait raconter telle ou telle piste. Ce n'est qu'après la phase de composition que Grégoire et Anne ont réfléchi à l'ordre qu'elles allaient prendre dans l'album en fonction de la musique.
Grhyll : Hé hé, ce n’est pas mon cas ! Certes, le plus souvent, on part de quelques riffs, on bâtit quelque chose autour jusqu’à avoir une compo, et là, en fonction de l’ambiance de la musique et de nos besoins, on trouve le passage adapté dans l’histoire, mais il arrive aussi que ce soit le contraire. Saneday par exemple a été un texte en premier lieu, puis la musique est venue s’y ajouter. Il en va de même pour l’introduction de Mortelle Fourberie Enfantine. Enfin, il arrive qu’on parte d’une idée, qu’on se dise « je vais mettre ce passage de l’histoire en musique », et qu’une fois la musique faite les paroles soient écrites.
G : Quelles sont les influences, musicales, littéraires ou autres, du groupe ?
Max : Nous avons tous dans le groupe des influences plus ou moins différentes, je suis très fan de metal dans l'ensemble, ce qui inclut tous les styles avec une affection particulière pour le pagan/folk.
Ludo : Pour ma part j'ai des influences musicales de tous styles. Cela va de la musique classique (qui a une grande importance pour le style que nous faisons) au métal, en passant par le Jazz, la chanson française, la variété internationale, et j'en passe.
Anae : Quant à moi, comme Ludo j'ai des goûts assez éclectiques. J'écoute autant de classique, d'Opéra et jazz que de métal (prog, sympho, heavy). J'aime beaucoup le trip pop et en particulier Portishead et la belle voix de Beth Gibbons. Mon travail de compositeur s'inspire beaucoup des orchestrations classiques, mais les rythmes que j'utilise correspondent plus à une esthétique métal et jazz. Pour ma voix, étant chanteuse lyrique j'ai une technique très classique mais je pioche un peu dans tous les styles de chants pour créer des atmosphères et des nuances particulières se détachant de la rigidité imposée par le style lyrique. Quant à l'écriture, j'aime particulièrement la littérature européenne notamment la poésie. Je lis moins d'héroic-fantasy que Grhyll.
Grhyll : J’écoute également beaucoup de styles, allant de la chanson française pour ses textes au metal. Dans mes compositions, je m’inspire de heavy comme Angra, mais aussi de speed (Galneryus) ou de rock, et surtout d’énormément de classique au niveau de la structure des morceaux, comme les toccata ou les fugues de Bach, que je juge tout bonnement admirables.
D’un point de vue littéraire, je lis beaucoup de science-fiction, de romans actuels et d’héroic fantasy, du théâtre et d’autres ouvrages classiques lorsque l’envie m’en prend.
G : Plus généralement, quels groupes de metal symphonique écoutez-vous, et pourquoi ?
Max : Pour ma part, je vais encore écouter Rhapsody de temps en temps car je ne retrouve ce côté épique nulle part ailleurs, à l’exception peut-être de Turisas... J'aime beaucoup les deux premiers albums d'Avantasia également. Ensuite oui bien sûr il y a d'autres groupes de sympho que j'aime, mais je ne les écoute plus vraiment, préfèrant un bon Eluveitie à Stratovarius par exemple. Ha si...j'ai découvert un groupe de "Christian Metal" il n'y a pas longtemps, c'est HB, avec une chanteuse, ça pourrait s'apparenter à du sympho et c'est bien fait. Dans le groupe, globalement on n'écoute plus trop de sympho, ça parait peut-être un peu bizarre pour des gens qui en jouent mais ce n'est pas conscient, nos goûts changent ou évoluent, mais nous adorons tous toujours en jouer, c'est le plus important. Et je pense qu'en temps que musicien tu es obligé d'élargir tes influences et d'aller puiser ailleurs pour essayer de proposer quelque chose d'original ou de personnel dans le style que tu joues, sans quoi la majorité des groupes de sympho tourneraient en rond.
Ludo : Tout comme Maxime, je trouve Rhapsody indétrônable dans son genre.
Après je reste amateur de l'ancien Nightwish et de Within Temptation, même si ces derniers ont tendance à devenir un peu trop "pop" à mon goût.
Anae : Je n'écoute plus trop de métal symphonique en ce moment, j'en ai trop écouté à une période et les albums entendus m'ont quelque peu lassés. J'attends de voir ce que donnerons les prochaines sorties !! En métal à chanteuse mon coup de cœur depuis deux ans reste Lumsk et peut être Diablo swing orchestra pour son originalité et le talent de leur chanteuse ! Je m'intéresse également aux jeunes groupes de métal sympho français qui font un travail très intéressant dans ce style ! J'ai eu un coup de cœur pour l'univers mythologique et onirique du groupe Amphitryon cette année !!
G : Comment voyez-vous votre musique au regard de la société actuelle, et comment placez-vous votre musique metal en France où elle est généralement assez mal perçue ?
Max : Voilà une question difficile, bien qu’originale ! Tentons d’y répondre…
Je pense qu’au final, dans le milieu du métal, le sympho n’est pas si mal loti que ça, comparé au grind par exemple… Evidement, les gens qui ne connaissent rien au metal symphonique nous regardaient parfois bizarrement, lorsque nous jouons en costume, mais il suffit de faire des showcase pour voir que, dès que la musique n’est plus amplifiée, les gens qui n’auraient jamais mis les pieds à un concert métal s’arrêtent pour nous écouter. Et ça, ça ne me paraît pas possible pour un groupe de death…
Je placerais notre musique comme un style qui n'intéresse pas les médias "mainstream", ce qui n'est pas plus mal après tout ! Alors, certes, on galère plus qu'un groupe de pop/rock à la mode pour se faire connaitre, mais quand on a la chance d'avoir des fans, ils le sont pour un bon bout de temps, pas juste le temps de la mode.
C'est là pour moi la force du metal en France, que d'autres voient comme un inconvénient. Cette musique est peut-être un peu mal perçue dans l'Hexagone mais c’est probablement parce que les gens ont peur de tout ce qui est différent ; et en effet, quand tu passes pas 20 fois par jour à la télé, c'est que tu ne rentres pas dans la norme et donc que tu es différent.
Mais là encore je ne considère pas vraiment ça comme un inconvénient car peu importe
le regard que lancent les gens sur ta musique, toi tu fais quelque chose que tu aimes pour des gens qui te comprennent.
G : Voici un exercice difficile : vous avez deux minutes pour convaincre les gens d’écouter et/ou d’acheter votre album !
Max : Seulement 2 min ? Ca va être "short" haha... Non mais je pense que mon discours ressemblerait à quelque chose comme : « Le but n'est pas de savoir de quoi, la "non-connaissance" d'Adrana, te sauve, mais ô combien de savoir qu'est-ce que cette découverte auditive t'apportera dans ton épanouissement personnel pour les années à venir ! »
Ou plus simplement : « Viens écouter mon groupe, on joue du heavy sympho et si tu aimes on te le rendra. »
G : Qu’avez-vous à dire à ceux qui n’aiment pas votre musique ?
Ludo : Tout simplement qu'ils n'y connaissent rien ! Non, plus sérieusement je ne pense pas qu'on puisse dire à quelqu'un qui n'aime pas ce que l'on fait qu'il a raison ou tort. C'est juste une question de goût musical. Cela ne serait pas drôle que tout le monde aime les mêmes choses, il n'y aurait plus de challenge à leur faire apprécier.
G : Et que diriez-vous à vos fans et aux lecteurs qui aiment ce que vous faites ?
Ludo : Cela me touche que des gens nous suivent depuis le début de notre histoire, et que d'autres qui découvrent notre musique sachent l'apprécier. Pour cela je ne les remercierai jamais assez. Il ne faut pas oublier que le plus important pour un groupe de musique, c'est son public.
Max : Que l'album est disponible sur la boutique Nightwish France peut-être, non ? Haha, non en premier lieu je les remercie et je n'hésite pas à leur donner d'autres informations sur le groupe, etc...
Anae : Je leur dirai merci pour tout ce qu'ils nous apportent! Les émotions que nous partageons ensemble durant les concerts, la chaleur de leur amitié, mais surtout leurs exigences qui nous motivent toujours plus sur la voie du perfectionnement.
G : Pour finir, quels sont vos projets pour le futur ? Des concerts, un label peut-être ?
Max : Nous essayons actuellement de monter une tournée avec un groupe connu de metal français mais pour l'instant rien n'est sûr et nous avons commencé à démarcher les labels avec l'aide d'Olivier notre manager, acteur bien connu de la scène tourangelle depuis 20 ans.
Grhyll : Sans oublier notre prochain album ! Nous avons déjà trois titres dont la composition est totalement achevée, et d’autres sont en préparation… Alors, rendez-vous d’ici quelques mois (voire un certain nombre, quand même !) pour de nouvelles pistes !
Merci à tous d’avoir pris le temps d’avoir répondu à cette interview ! Bonne chance à tous, continuez comme ça, et à samedi 28 pour le chat !
Grhyll : Eh bien merci à vous surtout pour l’invitation sur Metal Symphonique !
