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Accueil Interviews Adagio
interview de Kevin Codfert



   
Fairyland  Adagio
   France
 Date : 1997

Réalisée en 2009 à Paris en compagnie de Kevin Codfert 
 
 Semaine spéciale consacrée au groupe Adagio, à l'occasion de la sortie du nouvel album, "Archangels in Black" ! La première partie de l'interview concerne surtout le groupe en général.

Nessy : Comment s’est formé le groupe ? Comment a-t-il évolué ?
Kévin Codfert : Le groupe a commencé en 2001, avec le 1er album Sanctus Ignis. Au départ c’était un projet monté par Olivier Garnier, responsable de la boîte NTS à l’époque, qui avait dit à Stéphan “Tiens, j’aime bien ce que tu fais en instrumental, je vais essayer de te trouver des musiciens et un chanteur, et on va essayer de monter le groupe Adagio”.  Donc au départ c’était un projet, et puis de fil en aiguille avec le 2e et le 3e album, j’ai rejoint le groupe, Eric Lebailly a rejoint le groupe, et Adagio a commencé à exister en tant que tel à partir de 2003, avec une majorité de membres français. Donc c’était déjà plus simple pour la communication, et le en travail d’équipe a commencé en 2003. S’en est découlé 3 albums, Underworld, Dominate et Archangels in Black. Il y a eu un live aussi qui est sorti au Japon (mais qui ne compte pas parce que c’est un live), et aussi une succession impressionnante de chanteurs.


Nessy : Effectivement, il y a eu trois chanteurs différents. Comment expliquez vous cela ?
Kevin : Oui, à chaque fois avec les mêmes problèmes. Soit des problèmes de management, soit des problèmes de logistique. Au départ avec David Readman, les choses se passaient très bien, et on a du s’en séparer après Underworld, parcequ’il y a eu des soucis financiers avec son management. Et pour nous c’était plus possible de suivre financièrement. On a donc fait le choix de s’en séparer. On a pris Gus (Gustavo Monsanto), qui est aussi un super chanteur, et on s’en est séparé pour à peu près les mêmes raisons financières ; billet trop cher entre le Brésil et la France. Impossible de trouver un chanteur en France, donc on a été obligés de chercher quelqu’un à l’étranger, mais pour des raisons financières ça a échoué. Alors pour cette fois-ci on s’est dit, soit on cherche un chanteur français, donc on a fait l’effort de chercher quelqu’un ici, soit on cherche quelqu’un qui est dans l’Union européenne, et c’est comme ça qu’on a trouvé Christian.

Nessy : Comment vous répartissez vous les rôles au sein du groupe, pour la composition et la production ?
Kevin : Pour la composition c’est essentiellement Stéphan. Il nous propose des maquettes relativement simples, avec très peu d’arrangements. Nous, on va écouter ça, digérer l’information, et puis faire chacun son arrangement pour son instrument. C’est-à-dire que moi, pour les parties de piano, il va me donner les accords, je vais voir la couleur générale du morceau, et je vais mettre mes influences classiques et les développer. Idem pour Franck (Hermanny) qui est plus dans le rock fusion, et donc il va faire des parties un petit peu atypiques. Le batteur (Eric Lebailly), qui est aussi dans le jazz qui va amener sa couleur. Et les morceaux se développent comme ça. Ça part d’une démo qui est très simple et rigide, et ça va dériver vers quelque chose de plus grand.  En ce qui concerne les autres process de développement du disque, il y a la production. Ça c’est moi qui m’en occupe, je suis producteur exécutif du groupe, c’est-à-dire que je fais les arrangements et la production, donc l’enregistrement. Je m’occupe aussi de tout ce qui est business internet, Franck s’occupe de ce qui est montage vidéo, comme les teasers, mini clips, etc. Donc chacun a une place bien précise dans le groupe, et on se sépare les tâches, parce qu’il y a beaucoup de choses à faire.

Nessy : Adagio est à la base un terme désignant un rythme assez lent. Pourquoi avoir choisi ce nom pour un groupe de métal (dont le rythme est pour le coup assez rapide) ?
Kevin : Je vais essayer de parler au nom de Stéphan. Le nom du groupe n’a pas été choisi parce que ça veut dire lent, mais parce que c’est un mot qui représentait le plus le mélange entre le métal et le classique, et c’est donc un véritable hommage à la musique classique. Après Adagio ça sonne mieux que prestissimo.


Nessy : Quelles sont vos influences musicales ? 
Kevin : On a tous des influences distinctes. Stéphan est influencé par principalement tout ce qui est musique contemporaine du début du siècle ; Bartok ou Satie, qui sont vraiment des compositeurs atypiques. C’est quelqu’un qui est extrêmement fan de Mozart, de Rakmaninov, Chopin, Bach. C’est ce mélange-là qui fait un peu la couleur d’Adagio. On peut surtout retrouver les influences de Bartok et Satie sur Underworld, et je sais que ça n’a pas plu à tout le monde parce que des fois, ça peut être un peu dissonant, mais c’est un style un peu particulier. Pour ma part je suis un peu moins dans le contemporain, mais je suis très fan de Rakmaninov, c’est une de mes influences principales, Musorvsky aussi, que j’affectionne particulièrement, Mozart naturellement. J’adore ce que fait John Williams (qui a composé pour Star Wars et Harry Potter). Ce n’est pas dans le même registre, mais pour moi c’est un grand compositeur. Il y en a plein d’autres mais je cite les principaux. Pour Franck, qui est un petit peu moins dans la musique classique, mais plus dans le rock Jazz fusion, avec des influences de bassiste comme Jaco Pastorius . Il a d’ailleurs joué avec Cyril Achard et Eric (Lebailly) et c’est comme ça qu’on a découvert Eric. Et pour finir, le chanteur (Christian), qui lui est à fond dans le classique, qui a un premier prix de conservatoire au piano, et qui a à peu près les mêmes influences que moi.

Nessy : Et dans le métal en particulier, est ce qu’il y a des groupes que vous affectionnez particulièrement ? 
Kevin : Ouais il y en a beaucoup. Moi j’ai commencé avec le métal à 14 ou 15 ans, sachant que j’avais un bagage classique depuis mes 5 ans. Maintenant je n’écoute plus trop de métal, mais j’en ai beaucoup écouté. J’ai commencé un peu comme tous les gens qui ont fait du métal symphonique par Dream Theater, Angra, Symphony X, Vanden Plas. Après pour les groupes plus anciens, Emerson Lake and Palmer, Genesis, Yes, Pink Floyd, Jethro Tull .


Nessy : Comment situez vous votre musique dans l’horizon musical actuel, au regard de tous les autres styles de musique dans un premier temps, et dans le métal en particulier ? 
Kevin : Dans la musique en général, je ne pense pas qu’on fasse une musique très commerciale, donc je ne sais pas si on pourra toucher un large public un jour (j’espère mais ça m’étonnerai). Après dans le métal je pense qu’on est entre deux styles bien distincts ; un style super mélodique qui est affectionné par un type de public très précis, et puis depuis les deux derniers albums on s’étend vers quelque chose de plus extrême, parce qu’on aime bien aussi. C’est deux styles qui finalement peuvent être compatibles, et peuvent cohabiter. Après, je ne sais pas si on peut faire cohabiter les fans des deux parties. Ça c’est un peu plus compliqué. Après pourquoi pas parcequ’il y a des fans d'extrême qui s’ouvrent à quelque chose de plus mélodique, et puis il y a des gens un peu plus mélodiques qui sont à la cherchent de quelque chose de plus brutal, donc pourquoi pas ?

Nessy : Vous avez une citation propre, “Forever dwelling in darkness” qui veut dire “demeure à jamais dans l’obscurité”. Que signifie cette citation pour vous ?
Kevin :   Alors déjà ça fait partie des paroles de l’album Dominate. Je crois que c’est un fan, sur un forum, qui avait mit ça en citation. Ça avait une valeur symbolique assez forte, et on s’est dit pourquoi pas. Ce n’est pas de l’imagerie, ça s’est fait comme ça, sans trop réfléchir. On s’est dit tiens on va mettre ça sur les tee-shirt. Ça représente bien cet album Dominate, qui est un peu l’album du changement, qui est un album plus sombre.


Nessy : Vous avez changé de chanteur l’année dernière. Comment Christian arrive-t-il à s’intégrer au sein du groupe ? La différence de langage est elle une difficulté ? 
Kevin : Je vais commencer par la différence de langage. On a toujours parlé anglais avec les chanteurs, donc ça, ça ne change pas. On parle très bien anglais donc il n’y a pas de problèmes. Le petit plus, c’est que c’est quelqu’un qui est originaire d’Uruguay, qui est plutôt latin dans l’esprit, et donc c’est quelque chose qui se ressent vachement dans les relations humaines, parce qu’on est finalement plus proche de quelqu’un comme ça. C’est quelqu’un qui est complètement fou, et qui a réussit à s’intégrer super vite au groupe. Je me rappelle les premiers jours, on l’avait fait auditionner sur un play-back, et on l’a fait venir en France pour faire une pré-maquette pour voir ce que ça pouvait donner. Dès le premier jour où il est arrivé chez moi, il est allé à la boulangerie et chez le charcutier pour nous préparer des choses à manger. Et c’était comme une famille, c’est-à-dire que dès le premier jour il s’est intégré, et ça nous a vraiment impressionné. Il s’est senti chez lui tout de suite, il nous a dit “vous êtes ma famille”. Moi je n’aime pas trop les choses précipitées, mais finalement c’était hyper naturel et sincère de sa part, et ça se vérifie encore maintenant. L’intégration elle s’est faite dès le 1er jour. C’est assez cool.

Adagio

La suite concernant principalement Archangels in Black... Demain !