Chronique de "Triumph or Agony" de Rhapsody of Fire
Date de sortie : 2 octobre 2006
C’est avec un grand
plaisir que je me lance dans la chronique du nouvel album de Rhapsody
(désormais « Of Fire »), Triumph or Agony.
Autant le dire
d’emblée sans suspense : cet album est un bon album, probablement plus
riche que Symphony of Enchanted Lands II, mais pas aussi excellent que le
furent en leurs temps les premiers albums du groupe de speed symphonique.
Alors je ne vais pas focaliser ma critique sur le plan
meilleur/moins bon que tel ou tel album, au final on s’en fiche un peu.
L’important, c’est de vraiment écouter cet opus indépendamment des autres.
Et on peut dire qu’au niveau de l’intro, il commence plus que
bien ! Une partie orchestrale sublime, une ambiance toujours plus grandiose
et un son d’une qualité parfaite. C’est beau, on pense surtout aux
meilleures musiques du film du Seigneur des Anneaux.
A la fin de cette intro viennent s’ajouter la guitare et la batterie, qui
terminent ce morceau et annoncent la piste deux, nommée du titre de
l’album. Plutôt énergique, avec des chœurs grandioses, quelques rythmes
guerriers, et un Fabio Lione à la voix plus en forme que jamais ! Mais au
final, la chanson n’est pas très rapide (pas sur un rythme speed en tout
cas) et fait encore trop penser à des chansons
de l’opus précédent. Le refrain n’est pas forcément mémorable non plus.
Piste 3, solo de guitare et rythme plus rapide et plus « simple »
au niveau musical (quelques violons sur le couplet et quelques choeurs) :
Heart of the Darklands est plus agréable, plus facile d’écoute, et
nous réconcilie franchement avec la magie des mélodies de Luca Turilli. Un
joli passage aux violons, et on enchaîne sur LA chanson médiévale du CD.
Old Age of Wonders, ballade médiévale avec effets de clavecins et
flûte, fait sacrément penser à l’atmosphère de Legendary Tales, et c’est un
gros point positif ! Les harmonies sur le refrain sont sublimes, on se
croirait vraiment repartir 500 ans en arrière, à l'époque des
troubadours !
The Myth of the Holy Sword est une chanson qui essaye
d’être vraiment plus simple dans le style, avec un couplet sans aucun
arrangement (si si !) ce qui surprend pour du Rhapsody of Fire à ce niveau,
mais au final c’est plutôt reposant et on n’en entend que mieux la
puissance de la voix de Fabio, qui est vraiment au top encore une fois. La
chanson est pourtant trop lente au niveau du rythme, et on peine à
retrouver la puissance des anciens albums.
Piste 6, Il canto del Vento, changement d’ambiance, et voici la
désormais traditionnelle ballade en italien. Alors on peut aimer ou pas la
beauté de cette chanson calme, mais honnêtement l’air est un peu répétitif
(avec un refrain à grands renforts de chœurs) et la partie piano n’est pas
non plus à tomber par terre.
On repart de plus belle avec Silent Dream, chanson énergique
un peu dans la veine du groupe Luca Turilli’s Dreamquest qui donnerait bien
envie de bouger si le rythme n’était pas aussi lent ! Rhapsody version of
Fire nous montre sa puissance et sa maîtrise de l’orchestre, d’accord, mais
on était habitué à plus de speed quand même !
Le morceau suivant confirme cette impression désagréable, parce qu’il y a
tout pour faire une bonne chanson, mais le rythme lent à tendance guerrière
se répète, se répète, se répète… Bon, il n’y a pas que du mauvais, on a
notamment droit à une accélération sur ce Bloody Red Dungeons, avec
une compo sympa à la guitare.
L’intro de la suivante, Son of Pain, est très émouvante, et
le chant presque murmurant de Fabio colle bien à l’ambiance. On retrouve
tout de même les gros chœurs et le grandiose dans les refrains, et cette
ballade sans guitare ni batterie précède LE gros morceau de l’album.
The Mystic Prophecy of the Demonknight, le genre de chanson qui
justifie à elle seule l’achat d’un album. 16 minutes de bonheur, avec une
intro calme à la flûte, puis des airs celtiques, et un passage guerrier qui
retombe puis repart sur un refrain magnifique : voilà seulement les trois
premières minutes ! Bon, la vitesse n’est toujours pas au rendez-vous, mais
finalement peu importe. Les mêmes airs se répètent pendant cinq minutes,
puis une cassure intervient et on entend à nouveau le thème de l’intro
d'album. Autant dire que le passage qui suit est sublime, mélange de
mélodie, de magie… Revoilà Christopher Lee, au dialogue quand même moins long que sur SoEL II.
C’est après un silence à la 9ème minute que la chanson repart,
de manière plus que surprenante ! Guitare à fond, avec un seul petit air de
synthé, un chant presque death de Fabio (!) et un batteur qui donne
l’impression de se sentir dans son élément, peut-être pour la première fois
de l’album. Rhapsody tente l'approche du metal non symphonique, et même si
ce n'est pas extraordinaire, ça change. Dans l’ensemble, ce long morceau épique contient un condensé de
toute la carrière de Rhapsody, et ce n’est pas rien !
Un point que je n’ai pas abordé depuis le début, c’est le
« scénario ». En effet, pour ceux qui s'intéressent à cet aspect, c’est vrai que cet album est
la fin de l’épopée commencée sur l’album Symphony of Enchanted Lands, et
justement la conclusion est au cœur de ce morceau… Le rendant encore plus
important ! Mais bien sûr, je ne vous dévoile rien de l’intrigue !
La voix de Fabio explose sur la fin, toujours plus puissante et plus belle, et tout fini plus grandiose que jamais (mais jusqu’où iront-ils ?
A-t-on envie de se demander) et l’album aurait bien pu se terminer sur
cette splendide prophétie mystique du chevalier-démon (traduit du titre
original) !
Mais non, il y a une ultime piste, solennelle et inquiétante,
censée annoncée la nouvelle saga et le nouvel univers. C’est très beau et
très « musique de film » dans l’ambiance… L’orchestre monte en
puissance, puis l’album finit doucement par une mélodie calme, qu’on
reconnaîtra si on a écouté le précédent album… Et grosse surprise : un nouveau
narrateur, dont la voix vous dira bien quelque chose… Mais je ne vous en
dit pas plus : écoutez l’album et vous trouverez ! Cette fin géniale donne
sacrément envie d’entendre la suite !!! Ils sont malins chez Rhapsody...
Que dire pour finir ? D’abord,
cet album place la barre très haut,
au niveau de la réalisation, de l’orchestre et des arrangements. Fabio Lione n’a plus rien à prouver concernant son chant, Luca Turilli n’a pas
perdu la main pour ce qui est de composer (bien qu’on aurait aimé un peu
plus d’originalité) et on ne sait pas trop où se situe Alex Staropoli entre
tous ces arrangements. Alex Holzwarth manque d’énergie, et ses
rythmes sont plutôt basiques tout le long de l’album.
On sent quand même que Rhapsody a essayé de tirer des leçons des critiques
du dernier opus (au niveau des voix, des lenteurs) mais on ne retrouvera
vraiment plus le speed symphonique d’avant, c’est à un Rhapsody en flamme
tourné du côté du grandiose et des rythmes guerriers qu’on devra
s’habituer.
Pour tous ceux qui ne connaissent pas vraiment Rhapsody of Fire, pas de
doute : le groupe est à découvrir avec Symphony of Enchanted Lands, Dawn of
Victory et Legendary Tales.
Ceux qui en revanchent les connaissent par cœur, n'hésitez pas : il y
suffisamment de grands moments dans ce Triumph or Agony pour justifier
l'achat.
Et tous ceux qui n’ont envie que d’une chose, du bon métal symphonique
qu’il soit speed ou pas, seront satisfaits de ce grandiose moment de métal
orchestral.
Alors, triomphe ou agonie ? Peut-être un peu des deux : l’agonie
d’un groupe qui peine à se renouveler et à garder son énergie, et en même
temps son triomphe car il semble vraiment difficile de voir un jour leur
puissance égalée.
Tracklist
01. Dar-Kunor
I. Echoes From The Elvish Woods
II.Fear Of The Dungeons
02. Triumph Or Agony
03. Heart Of The Darklands
04. Old Age Of Wonders
05. The Myth Of The Holy Sword
06. Il Canto Del Vento
07. Silent Dream
08. Bloody Red Dungeons
09. Son Of Pain
10 The Mystic Prophecy Of The Demonknight
I. A New Saga Begins
II. Through The Portals Of Agony
III. The Black Order
IV. Nekron`s Bloody Rhymes
V. Escape From Horror
11. Dark Reign Of Fire
I. Winter Dawn`s Theme
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