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chronique - "The Fall of an Empire"

Date de sortie prévue : 27 novembre en Europe (3 jours plus tôt pour l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse), 16 janvier pour les USA et le Canada.

Me voilà donc prêt à chroniquer pour vous le nouvel album de Fairyland, probablement le plus grand groupe de métal symphonique français, qui a réussi a s'exporter dans le monde avec son seul album "Of Wars in Osyrhia".
Digne représentant du speed symphonique (métal épique à rythmes rapides), au départ dans la lignée du géant Rhapsody, nous allons voir en quoi cet album se démarque de cette influence tant critiquée sur le premier opus.
Partons d'un constat : "Of Wars in Osyrhia", qu'on l'aie trouvé excellent ou mauvais, n'avait jamais laissé personne indifférent. Ceux qui le trouvaient simplement copié de Rhapsody ne pouvaient pas nier que si c'était une copie, elle était parfaite. Ceux qui au contraire avaient fait l'effort de se plonger dans le monde d'Osyrhia avaient bien remarqué que Fairyland, c'est une ambiance musicale à part.

Et cette ambiance, on la retrouve avec plaisir dès le premier morceau, une intro symphonique inquiétante et merveilleuse, avec les sons de synthés si caractéristiques depuis le premier album. Au bout d'une minute, l'intro se ralentit, le silence se fait…
Et c'est la grosse claque !!! Une grande envolée symphonique, sur un rythme batterie/guitares imparable, rapide, puissant… Puis on revient à un simple passage claviers avec la voix de Max, nouveau venu au sein du groupe, qui chante d'abord de manière très calme (et très belle). L'ensemble repart et Max monte en puissance, révélant en moins d'une minute les deux aspects caractéristiques de sa voix, qui collent parfaitement à l'ambiance du groupe : beauté et puissance. Entre moments calmes et mélodieux, et montées en puissances du chant et des guitares, avec un refrain à chœurs grandiose, on peut dire sans hésiter que The Fall of an Empire (le titre du morceau) est une grande réussite sur tous les plans ! Au milieu de la chanson on assiste à un petit solo de clavier imitation clavecin, un duo guitare/claviers qui se répondent et un Max décidément déchaîné. Le refrain, qui reprend plusieurs fois le texte "Dreams will never die" (les rêves ne mourront jamais), est un bon exemple de la volonté globale du groupe, d'imposer un monde féerique puissant où la part belle est faite à la beauté et aux rêves. Impossible de décrire en entier le morceau tant il varie et enchaîne les rythmes et les ambiances. Mais même après une vingtaine d'écoutes, je suis toujours autant saisi par la puissance du titre, ce qui est plutôt bon signe.
On enchaîne sur une piste légèrement moins rapide mais pas moins puissante, à coups de gros riffs de guitares. La voix de Max se fait plus hargneuse, et annonce un peu l'ambiance de l'album, globalement plus sombre. Au niveau de l'histoire, on sent un retournement de situation par rapport au premier, et comme on l'entend, "the Shadows fall on Osyrhia" (les ténèbres tombent sur Osyrhia). Au final, chanson énergique à renforts de chœurs, Lost in the Dark Lands en impose par une montée en grandiose sur la fin, qui laisse présager du meilleur pour la suite.
Vient Slaves Forlorn, interlude symphonique d'une minute, et The Awakening, où l'on sent une évolution. Sur cette dernière, le rythme et plus lent, plus progressif. On note sur la fin un passage piano assez sympathique, suivi d'une mélodie de berceuse et d'un grand moment où les chœurs se répondent d'un effet Bohemian Rhapsody (de Queen, comprenez) assez surprenant. En changeant un peu de rythme et de style, le groupe reste convaincant et on a toujours cette ambiance "Fairyland" qui ne s'explique pas mais se ressent !
Puis vient Eldanie Uellë (titre en Osyrhien, langage imaginaire du monde d'Osyrhia !), ballade somptueuse chantée en duo avec Flora, du groupe de métal symphonique français Kerion, et sa voix mélodieuse, douce, si caractéristique. Malgré la lenteur de la chanson (ballade oblige) le morceau est tout sauf ennuyeux, avec un refrain avec des chœurs et de la guitare, qui enchaîne bien avec les débuts de couplets au piano. Tout dans ce morceau, et plus généralement dans l'album, est progressif : les transitions sont savamment maîtrisées, entre des moments simples et d'autres beaucoup plus riches et techniques.
Mais attention, ce n'est pas parce qu'on se repose sur une belle ballade que Fairyland a décidé de changer de tempo de musique ou de faire uniquement des ballades gentillettes (n'y voyez surtout pas des critiques d'autres groupes…). Et on s'en rend bien compte sur Clanner of the Light, qui repart de plus belle et s'inscrit définitivement dans une veine progressive, où on sent par exemple l'influence de Blind Guardian.
On a ensuite une très belle intro, To the Havenrod, qui précède The Walls of Laemnil, pur bijou de speed symphonique, alternant passages rapides et passages plus calmes, reposants, et bien sûr le classique refrain à chœurs.
Anmorkenta est plus mystérieuse et inquiétante, mais toujours aussi habile dans la composition. C'est encore un bel exemple de la puissance du groupe, et d'ailleurs il faut remarquer sur cet album la parfaite maîtrise technique de Pierre-Emmanuel Desfray, le batteur, et en général de tous les membres.
In Duna commence par le chant féminin de Sarah Leyssac, du groupe The Outburst, et fait penser à une superbe ballade qu'on pourrait entendre dans un dessin animé : de la beauté, du merveilleux, et une certaine mélancolie qui imprègne progressivement l'album sur les dernières chansons. Pas de guitare ou de batterie sur ce morceau, on n'en ressent pas le besoin et surtout on peut se reposer en se préparant à un énorme morceau de The Fall of an Empire : le morceau épique The Story Remains, 10 minutes 38 !
Ca commence par un air de piano sympathique… La guitare s'invite, puis la batterie, puis c'est parti pour une grande envolée symphonique/métal assourdissante dont peu de groupes ont le secret… Enorme, tout simplement ! Un petit passage plus calme, et, plus surprenant mais finalement excellent, des mélodies du premier opus sont intégrés à la composition, notamment des passages du morceau Of Wars in Osyrhia. Le chant est sombre, mélancolique (comme l'annonce le titre de la chanson finalement), mais avec une touche d'espoir, qui annonce très certainement la suite de l'histoire. On se laisse facilement porter tout au long de la chanson, avec cependant un petit bémol : à 4:20, les guitares s'effacent pour laisser place à un air de piano connu… La mélodie des films James Bond ! Assez étonnant, ce passage peut franchement déplaire mais finalement dure peu et repart sur une nouvelle envolée symphonique qui nous fait oublier tout le reste. Encore des samples du premier album, du début de ce deuxième, on comprend la démarche (pour coller à la narration, où l'on se rappelle le passé en montrant que l'histoire continue) mais le tout est peut-être un peu trop long, et finalement on ressent un peu le côté répétitif sur la fin. Peut-être que le morceau aurait pu être légèrement raccourci.
La conclusion au piano ouvre sur Look into Lost Years, composition piano/voix chantée par Flora. Sa voix douce et rêveuse colle parfaitement à la mélodie, et il est important de préciser que le début est chanté en… Osyrhien ! Langage imaginaire chanté avec un petit accent italien, le côté surprenant n'enlève rien à sa beauté et même si on ne comprend, évidemment, pas grand-chose, on ressent beaucoup d'émotions et c'est bien là le principal. C'est donc en douceur, avec une grande nostalgie (on verserait presque une larme…) que l'album se termine, et nous laisse rêveur… C'est certain, les rêves ne mourront jamais…

A noter que sur la version japonaise figure une chanson bonus, Across the Endless Sea, qui n'est pas du tout anecdotique puisqu'en reprenant le style de l'album elle intègre des éléments un peu différents, comme par exemple une intro avec des sons électroniques. Encore une fois assez progressive, la chanson est plutôt réussie dans l'ensemble.

On peut dire sans se tromper que "The Fall of an Empire" est un excellent album. Fairyland se dégage des influences trop évidentes, continuant dans son style puissant, rapide, symphonique et si caractéristique. Finalement, le plus dommageable reste la qualité des mélodies, excellente mais pas encore du niveau d'un Nightwish ou d'un Rhapsody, puisque entièrement réalisées au synthé et non par un orchestre… Tout le monde ne peut pas s'offrir l'orchestre, et au moins Fairyland a le mérite d'être quand même saisissant sans. Quelques samples posent peut-être problème ça et là, ou quelques clichés inhérents au genre du speed metal (certains trouveront les textes trop simples, trop axés sur les batailles et le bon et le mal), mais finalement le groupe se démarque et même s'impose comme une figure phare du métal symphonique. Ce n'est pas forcément original de dire ça, mais vivement les concerts !

Un album à écouter sans modération donc, à pleine puissance ; "The Fall of an Empire" est un univers musicalement complexe qui rebutera peut-être aux premiers abords mais vous accrochera pendant encore longtemps, comme ce fut le cas pour "Of Wars in Osyrhia"…

Vous avez dit chef-d'œuvre ?

Tracklist
1. Endgame
2. The Fall Of An Empire
3. Lost In The Dark Lands
4. Slaves Forlorn
5. The Awakening
6. Eldanie Uelle
7. Clanner Of The Light
8. To The Havenrod
9. The Walls Of Laemnil
10. Anmorkenta
11. In Duna
12. The Story Remains
13. Look Into Lost Years
14. Across The Endless Sea (bonus pour la version japonaise)