Ce soir le Black Metal norvégien envahit le Bataclan 3 ans après le dernier passagede Dimmu Borgir en France en avril 2007. On regrettera que le concert, prévu initialement le 20 septembre, ait été reporté à la date du 22 septembre puisqu’en ce jour l’Elysée Montmartre présente aussi une affiche fort alléchante avec le Heidenfest (Heidevolk, Swashbuckle, Equilibrium, Ensiferum, Twilight of the Gods). Le public parisien se réparti donc ce soir dans ces deux hauts lieux que sont le Bataclan et l’Elysée Montmartre et le Bataclan n’accueille qu’environ 700 personnes pour le retour de Dimmu Borgir à Paris, le balcon et les côtés de la salle sont fermés au public. Malgré tout et fort heureusement les norvégiens de Enslaved et de Dimmu Borgir et les finlandais de Sagh ne sont pas venus avec le froid de leurs pays et il fait comme à l’accoutumée bien chaud au Bataclan.
C’est avec surprise que je constate quand je m’engouffre dans la salle vers 19h25 que Sagh a déjà commencé a jouer, et même qu’ils ont bien entammé leur set puisque ceux-ci sont entrés sur scène à 19h00, une demi-heure avant l’heure prévue (heure indiquée sur les billets et le site de la salle) pour le début du concert. Ils jouent donc dans une salle bien vide et il est difficile de se faire une véritable opinion du groupe sur un seul titre (le dernier de leur set, Pyromencer) de leur heavy doom, et ce d’autant plus que les lights sont quasiments inexistants et que le son pourraient être meilleur. Le tout est intéressant mais il faudra les revoir pour se faire une réelle idée de leurs performances scéniques. A noter que si leur musique fait office d’Ovni dans cette soirée Black ils comptent avec eux l’ex-bassiste de Gorgoroth, King Ov Hell.
Set-List Sagh
Godless Faith
Baptism of fire
Mortify
Mother’s revenge
The Executioner Undead
Pyromencer
La fosse du Bataclan devient progressivement un peu plus dense et Enslaved, forts d’un excellent nouvel album acclamé par la critique, « Axioma Ethica Odini », est très attendu. Et ce d’autant plus que leur tournée en tête d’affiche (avec notamment 3 dates en France en octobre) a été reporté sine die après l’annonce de leur tournée avec Dimmu Borgir. Le public se montre donc bien plus enthousiaste que pour Sagh quand les Vikings norvégiens entrent en scène sur l’épique Ethica Odini . Convaincue lors de leur prestation au Wacken Open Air l’an dernier il apparait que leur Black Pagan Progressif risque fort de me convaincre une nouvelle fois ce soir. Ils enchainent sur un autre titre de leur album (sorti entre temps le 27 septembre mais déjà disponible à leur stand merchandising plusieurs jours avant sa sorti nous annonce leur chanteur Grutle), Raidho et le tout passe incroyablement bien en live. Le son est excellent pour une première partie (on regrettera néanmoins peut être des guitares un peu noyées), chaque instrument est bien dosé et le public répond bien présent. Les light, bien que selon certains en dessous de ce que le groupe peut proposer habituellement, sont bien présents et accompagnent harmonieusement le set des norvégiens. Malgré un set court de 45 minutes Enslaved parcourt largement sa discographie, allant jusqu’à chercher Allfadr Ohdinn en 1992, sans oublier Isa, un tube en puissance très bien accueilli par le public. Le claviériste nous offre des nappes fort prenantes et assure le chant clair avec maestria, achevant de graver les mélodies aux accents prog dans nos mémoires. Les riffs eux sont énormes et entrainants (Fusion of Sense and Earth). Le groupe clôt son set avec un Ground excellent en live et caractéristique du groupe.
On pourrait presque dire de ce set qu’il n’avait qu’un défaut, celui d’être trop court et le public est parfaitement chauffé pour Dimmu Borgir. Il parait que les et de Enslaved perdent en puissance et en charme quand ils oeuvrent en première partie, il faudra donc assurément guetter les nouvelles date de leur headlining tour car vu la qualité de leur set ce soir (comme quoi la simplicité des conditions ne nuit pas forcément à l’efficacité d’une prestation live) un concert en tête d’affiche risque d’être plus qu’excellent.
Set-List Enslaved
Ethica Odini
Raidho
Fusion of Sense and Earth
Allfadr Odhinn
Isa
The Beacon
Ground
Le changement de plateau nous dévoile le terrain de jeu des rois de la soirée, un espace scénique qui n’est pas sans rappeler leur dernier clip (celui du single Gateways). Après une intro majestueuse (Xibir, intro de leur nouvel album Abrahadabra) les trois musiciens de tournée (Cyrus, bassiste de Suspiria ; Daray, ex-bassiste de Vader et Brat au clavier) et les trois membres « survivants » de la formation norvégienne (Galder, Silenoz et Shagrath en dernier) entrent en scène et les hostilités débutent avec un inattendu et excellent Spellbound (tiré d’ « Enthrone Darkness Triomphant »). Le Bataclan ne tarde donc pas à tenir sa réputation et l’ambiance devient très rapidement chaude et humide, on se demande alors combien de temps les musiciens vont tenir avec leur costume chargé et très chaud mais fort heureusement ils peuvent se désaltérer en allant boire dans des cornes, la mise en scène est donc soignée jusque dans les moindres détails de la vie scénique du groupe. Dimmu Borgir continue de nous offrir leurs anciens titres, Shagrath, tel un possédé surplombe les premiers rangs et harrangue bien la foule, le regard démoniaque de Galder à la guitare vous transperce. Mais Dimmu Borgir est en passe de réaliser son nouvel album « Abrahadabra » et il compte bien l’exposer ce soir au public quelques jours avant sa sortie (le 27 septembre). Voilà donc que résonnent les premières notes du titre éponyme Dimmu Borgir et tout cela n’inaugure que du bon pour l’album à venir. L’album n’étant pas encore sorti on regrettera cependant la construction de la set-list qui concentre tous les nouveaux titres (cinq au total) au milieu du set des norvégien, il est un peu plus difficile d’entrer dans des titres (même excellents) quand on ne les connait pas encore, une set-list un peu plus aérée de ce côté-là aurait été la bienvenue et cela se ressent quelque peu dans l’ambiance un peu retombée qui règne en ce milieu de set. A noter quand même un sursaut du public quand Dimmu Borgir enchaine avec un Gateways aux vois féminines samplées. Le nouvel album passe malgré tout très bien l’épreuve du live et le Black très symphonique des norvégiens nous transporte allègrement. Dimmu Borgir revient ensuite à ses anciennes amours (et propose une set-list bien variée par la suite, puisant dans une grande partie de la discographie des norvégiens) avec un titre de « Spiritual Black Dimension », The Blazing Monolith of Defiance. Le son est très bon, tous les instruments sont bien servis et le volume sonore reste très raisonnable ce qui est très appréciable. Et les lights soignés et nombreux finissent de nous emporter dans l’univers des norvégiens. Nous ne sommes pas dupes quand Shagrath annonce déjà le dernier titre de la soirée, Vredesbyrd, tout le monde sait (ou tout du moins espère) que les norvégiens n’en resterons pas là et en effet après une courte pause et quelques acclamations du public ils reviennent sur scène nous offrir un rappel absolument détonnant et époustouflant, nous servant de gros hits de leur carrière, de The Serpentine Offering à Progenies of The Great Apocalypse en passant par un excellent Puritania. Du grand Dimmu Borgir, au sommet de son art et le public ne s’y trompe pas, il est complètement transporté. Malgré l’absence des vocaux clairs de l’ancien bassiste ICS Vortex ces morceaux passent magistralement l’épreuve du live grâce à des samples de choeurs majesteux et extrêment prenants (enregistrés avec le chœur utilisé sur « Abrahadabra »), une réelle réussite, Dimmu Borgir renait de ses cendres. Le set costaud se termine tout aussi magistralement avec Mourning Place, le public est conquis, et moi aussi, impressionnant, carré et démoniaque, nous n’en attendions pas moins.
Set-List Dimmu Borgir
Xibir (intro)
Spellbound (by the Devil)
The Chose Legacy
IndoctriNation
Dimmu Borgir
Gateways
Chess with The Abyss
Born Treacherous
A Jewel Traced Trough coal
The Blazing Monolith of Defiance
Vredesbyrd
The Serpentine Offering
Puritania
Progenies of the great Apocalypse
Mourning Palace
Perfection or Vanity (outro)
Une bien belle soirée se termine, les groupes norvégiens ont pleinement tenus leurs promesses et la saison parisienne 2010/2011 commence sous de prometteurs augures.
●Ptite Note