
01. We Shall See The Light (5:25)
02. Guardian Angel (5:09)
03. Keepers Of The Field (5:15)
04. The Reaper (5:05)
05. Diviner (6:22)
06. The Calling (5:40)
07. Howling At The Moon (5:20)
08. Broken Wings (5:26)
09. Angel Eyes (4:55)
Novembre 2010 est un mois très attendu pour nos confrères métalleux du Québec: en effet, c'est à ce moment que le nouvel album de Forgotten Tales, «We Shall See The Light», sort enfin dans les bacs. Groupe créé dans le but de faire connaître le power métal au public québécois, Forgotten Tales est rapidement devenu un combo emblématique de la scène locale et a réalisé sur place les premières parties de célèbres formations telles que Nightwish ou Edguy. Après six ans de silence, le sextet revient avec un nouvel opus au titre poétique et composé de neuf titres toujours aussi énergiques qu'auparavant.
En effet, c'est une musique très dynamique que nous offre cet album, et chaque titre comprend son lot de jeux de batterie frénétiques et de soli endiablés. Si le premier titre éponyme, We Shall See The Light, s'ouvre sur une belle intro atmosphérique et un chant orientalisant qui renouvellent les motifs du groupe, ce sont des promesses qui ne sont pas tenues par la suite, l'opus se restreignant au côté rentre-dedans des précédents albums sans rechercher ni ambiance ni lyrisme. Le power metal proposé par Forgotten Tales réunit à la fois les qualités et les défauts du genre: s'il est sans aucun doute heavy et entrainant, il est aussi répétitif, saccadé et mécanique. Malgré de nombreux changements rythmiques au sein de chaque chanson, une rapidité excessive reste présente et empêche d'intégrer et de mémoriser les thèmes musicaux; et il faut souvent plusieurs écoutes afin de réaliser que certains refrains sont sympathiques et accrocheurs, tels ceux de The Reaper ou encore de Howling At The Moon. Les effets orchestraux développés par le clavier sont souvent intéressants et agréables, comme sur Guardian Angel et The Calling, mais malheureusement noyés dans les riffs de guitare effrénés soutenus par une double-pédale systématique. Ces structures étouffent aussi quelques éléments originaux qui auraient mérité d'être mieux développés, tels des sons de xylophone apportant une réelle fraîcheur sur Guardian Angel, ou encore des choeurs solennels sur Angel Eyes. On n'observe pas de réel changement depuis le précédent opus («All The Sinners») ou même depuis le premier («The Promise») sorti neuf ans plus tôt. On aurait pu penser qu'après cette pause de six ans dans sa carrière, le groupe aurait effectué des changements radicaux dans son esthétique; mais ce n'est pas le cas. Forgotten Tales est égal à lui-même, et si ce choix réjouira les fans de la première heure, il pourra également lasser des auditeurs moins assidus. Seul un traitement plus progressif de la guitare, et notamment des soli, apporte une véritable évolution musicale à l'ensemble.
Le chant, réalisé par Sonia Pineault, est un point intéressant sur lequel il convient de s'arrêter. Paradoxalement, la vocaliste a beau être talentueuse et posséder une excellente technique, son interprétation nuit grandement à la musique du groupe. En effet, si l'on doit concéder à la chanteuse l'originalité de ne pas s'inscrire dans le stéréotype lyrique et d'affirmer une voix indéniablement rock, plus proche de Doro Pesch (Warlock, Doro) ou de Magali Lyuten (Beautiful Sin) que de Tarja Turunen, on doit cependant dire que ce choix devrait être quelque peu nuancé pour ne pas tomber dans un cri inaudible. Sonia Pineault a le privilège d'avoir beaucoup de coffre, mais utilise dans les aigus une voix de poitrine très puissante, qui a tendance à vriller les oreilles et à devenir très vite inécoutable. Même sur Broken Wings, la quasi-ballade de l'album, elle emploie encore cette technique poussée à l'extrême. On aimerait qu'elle se permette, dans les notes les plus hautes, un passage en voix de tête qui rendrait son interprétation plus légère et lui retirerait sa sonorité stridente. Elle effectue d'ailleurs un tel passage sur The Calling et le résultat est parfaitement réussi, on regrette seulement qu'il ne soit fait que sur une seule piste.
Cependant, ces défauts vocaux sont à l'image de l'ensemble de la musique de Forgotten Tales et participent de la même cohérence esthétique: puissance et rapidité sont développées en dépit de l'ambiance et de l'émotion. Même la presque-ballade, Broken Wings, retombe finalement dans ce schéma et ne parvient absolument pas à créer une tonalité plus intimiste qui toucherait le coeur de l'auditeur. Cette absence d'atmosphère et de thèmes plus sentimentaux crée rapidement une impression de répétition incessante et de monotonie. On l'aura compris encore une fois avec cet opus, Forgotten Tales n'est ni un groupe de grands mélodistes, ni un groupe qui sait émouvoir. Au mieux il permet de bons headbangs en concert, mais lasse très vite l'auditeur sur album.
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Très développée, elle est incontestablement accrocheuse et virtuose. On regrette cependant sa mécanicité. |
Elle est souvent noyée dans la masse des guitares et de la batterie pour n'être plus qu'un accompagnement parfois superflu de la musique. |
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Malgré une bonne technique et une grande puissance, Sonia Pineault nous vrille les tympans et devrait nuancer quelque peu son interprétation. Quant aux choeurs, ils sont agréablement employés pour seconder sa voix sur le titre final. |
Il faut reconnaitre que l'album a une grande cohérence esthétique, même si elle confine à la monotonie. |
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Ainsi, «We Shall See The Light» est surtout un album à conseiller aux fans inconditionnels de Forgotten Tales, qui ne seront pas dépaysés à son écoute. Pour les autres auditeurs, il ne s'agira pas de l'opus à obtenir en priorité dans sa discothèque.