
01. Ilmarion (3:19)
02. Shadow Of The Mithril Mountains (5:45)
03. The Tempest (4:13)
04. A Thousand Towers White (4:08)
05. Fire And Brimstone (4:32)
06. The Black Mare (6:13)
07. Lady Of Goldenwood (4:16)
08. Dûrnir's Forge (4:59)
09. The Trials Of Mount Farnor (5:27)
10. Throne Of Bones (1:47)
11. Under The Grey Banner (8:04)
12. Ivory Shores (3:18)
Cinquième effort des Suédois, « Under The Grey Banner » clôt la trilogie des « Chroniques de Dragonland » (« The Dragonland Chronicles ») conçue en 2001 avec « The Battle Of The Ivory Plains » et poursuivie en 2002 avec « Holy War ». Entre temps, les orphelins « Starfall » (2004) et « Astronomy » (2006) se sont greffés à leur discographie, y insufflant un vent de diversité bienvenu. La sortie maintes fois repoussée de ce troisième volet a vu notre patience s'effriter et nos attentes grandir immensément. « Under The Grey Banner » tient-il donc ses promesses? Suite logique de la saga, l'album est un concentré de power metal symphonique très efficace, très bien construit, mais à l'inspiration pourtant limitée, qui ne se démarque pas assez des créations des maîtres icontestés du genre.
S'il est évident que Dragonland ne réinvente pas le power metal symphonique, il l'exécute cependant avec beaucoup d'habileté et de savoir-faire : tous les ingrédients sont ici présents. L'album est centré autour d'une véritable histoire fantastique qui comprend son bestiaire (dragons, elfes...), ses héros, ses ennemis, ses diverses quêtes, prophéties et passages narratifs bien placés, d'ailleurs moins encombrants que chez Rhapsody Of Fire. Le tout a des allures de bande-originale épique et grandiloquente, aux atmosphères très travaillées. Tantôt réalistes dans les détails (épées qui s'entrechoquent sur le titre éponyme, cris de mouettes sur Ivory Shores...), tantôt très épurées (touches féériques sur le douceureux Lady Of Goldenwood) ou à l'inverse très noires (guitares lourdes sur le progressif Dûrnir's Forge), elles se mélangent souvent et cohabitent avec harmonie au sein d'un même morceau (The Tempest, Fire And Brimstone).
La qualité des compositions ne parvient toutefois pas à pallier un manque d'originalité qui envahit très vite le disque. Les entraînantes Shadow Of The Mithril Mountains, A Thousand Towers White et The Black Mare, qui, à l'aide d'un refrain accrocheur et de chœurs puissants, gagnent immédiatement notre adhésion, font irrémédiablement penser à Rhapsody Of Fire et Blind Guardian. Les mélodies et les orchestrations qui les habillent, très réussies malgré le fait qu'elles soient dans leur totalité synthétiques, sont trop typées « Seigneur des Anneaux » pour avoir une chance de se démarquer. Le rapprochement en devient presque effrayant sur le titre introductif instrumental Ilmarionqui, dès les dix premières secondes, évoque l'univers de Tolkien et fait naître les images de Peter Jackson à nos esprits. Quant à l'outro Ivory Shores, on jurerait qu'elle a été composée par Enya, elle-même responsable des ambiances sonores de la saga. Ces influences exacerbées sont d'autant plus regrettable que les deux morceaux sont très convaicants dans leur genre, si l'on fait abstraction de leur pauvre créativité.
Malheureusement, il en va de même pour les lignes de chant, qui sonnent justes, mais franchement fades. Si le groupe fait écho à Turisas le temps d'un Fire And Brimstone, il rappelera Kamelot sur Dûrnir's Forge, tout en évoquant Rhapsody Of Fire sur A Thousand Towers White... Ne boudons cependant pas notre plaisir sur le new age Lady Of Goldenwood, qui nous honore de la présence de la chanteuse du groupe Amaranthe, Elize Ryd, ainsi que du titre éponyme et de ses parties death réalisées par Andreas Solveström, officiant dans le même groupe. Ces deux morceaux se distinguent par leur richesse et leur singularité.
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Les amateurs ne seront pas déçus en matière de power/speed metal. Peu de surprises ici, mais une patte hard très affirmée qui offre un festival de soli, de montées en puissance (comme seul le genre sait en faire) et de longs riffs de guitare contemplatifs à la Metallica (Dûrnir's Forge). |
De subtils arrangements synthétiques, donnant l'illusion d'un véritable orchestre, nous enchantent tout au long de l'album mais ne parviennent pas à gommer le caractère répétitif et impersonnel des orchestrations et des mélodies : l'ombre du « Seigneur des Anneaux » plane sur chaque morceau. |
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La voix posée de Jonas Heidgert, alternant entre sobriété et grandiloquence, ne rayonne que d'une faible lueur. Le chant n'est pas faux mais semble avoir été entendu cent fois déjà... Heureusement, de nombreux invités et des chœurs puissants redonnent du souffle au disque. |
« Under The Grey Banner » n'est certes pas une œuvre inoubliable, mais une excellente production accompagnée d'un ton sérieux (souvent trop grotesque chez la plupart des groupes du genre) en font un disque attachant. Le charme opère notamment sur les morceaux plus complexes. |
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L'épopée touche à sa fin et c'est un rien frustré que l'on quitte l'aventure. On aurait souhaité plus de prises de risques, de fraîcheur et de rebondissements. Le tout est très efficace mais sonne creux ou lisse, voire banal. Dragonland avait pourtant pris une bonne direction avec le très vif « Astronomy »... Ici, même la pochette, créée par Damian Bajowski (responsable des croquis du jeu-vidéo The Witcher), est une suite de stéréotypes : un héros, un sabre et ses victimes. Elle a cependant l'avantage de nous mettre en garde : le héros, c'est Dragonland qui s'assoit, triomphant, sur les cadavres de Rhapsody Of Fire, Blind Guardian et tous ceux cités plus haut... Dragonland, ou l'art du recyclage!!