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Pythia- "The Serpent's Curse"


Pythia - The Serpent's Curse


Date de sortie : 27 février 2012

Jaquette chronique

 

Tracklist

 

1.Cry Of Our Nation 06:38
2.Betray My Heart 04:32
3.Kissing The Knife 04:33
4.Just A Lie 04:05
5.Dark Star 05:38
6.Long Live The King 04:40
7.The Circle 05:04
8.My Perfect Ennemy 05:17
9.Heartless 03:39
10.Our Forgotten Land 05:34


Après un premier album prometteur et quelques concerts avec Tarja, Arch Ennemy, Serenity et même Scorpions, le jeune groupe britannique Pythia, non content de grimper rapidement les échelons du milieu du metal, nous offre désormais son deuxième album, « The Serpent's Curse ». Si « Beneath The Veiled Embrace » était un opus sympathique bien qu'encore trop impersonnel, « The Serpent's Curse » contient une musique bien plus intéressante et travaillée, et donne à Pythia l'opportunité d'apporter sa propre signature au genre.           

 

En effet, même si le groupe persévère dans son style power-metal un brin gothique, les compositions se singularisent de plus en plus des suiveurs de Nightwish, et chaque titre contient son lot de particularités qui permet d'éloigner la formation anglaise de cette catégorie. Dans une interview donnée à Sonic Cathedral, la vocaliste Emily Alice Ovenden affirme elle-même que cet album est plus personnel, et le qualifie de « british power-metal ». Il est vrai que des titres nommés Cry Of Our Nation, Long Live The King ou Our Forgotten Land peuvent évoquer une thématique nationaliste, mais la jeune chanteuse explique, en vérité, qu'elle appelle son pays à ne pas abandonner le metal au profit d'autres genres musicaux qui ne seraient pas typiquement anglais, le metal étant apparu selon elle en terre d'Albion (du moins y a-t-il une tradition anglaise depuis la NWOBHM de la fin des années 1970, ndlr). Et en quoi ce « british power-metal » consiste-t-il donc ? Eh bien, en dépit des éléments typiques du power, passages choraux frénétiques, mélodies enjouées, double-pédale, riffs sautillants et soli techniques, quelque chose d'autre se dégage de « The Serpent's Curse », quelque chose de plus étrange et de plus sombre, un rien de dissonant, une esquisse de mystère. Dès le premier titre, Cry Of Our Nation, le bridge joue avec la justesse et évoque par certains aspects les albums solo de Sarah Jezebel Deva. Kissing The Knife comporte des passages lancinants, Just A Lie, The Circle et My Perfect Ennemy offrent des parties chantées surprenantes, et Our Forgotten Land propose des nappes d'orgue qui entretiennent une atmosphère très Fantôme de l'opéra. Mais l'exemple le plus flagrant est celui de Dark Star, titre complexe où une ligne de chant lente et presque lyrique se superpose à des choeurs saccadés d'une façon qui rappelle un Ghost Love Score quelque peu sinistre, puis embraye sur un passage torturé que l'on croirait sorti d'un album de Benighted Soul. Ainsi, grâce à un univers plus recherché, puisant dans l'étrange et parfois presque dans le malaise, Pythia parvient à trouver son propre son, une musique reconnaissable qui pourra séduire bon nombre de récalcitrants aux clichés du power-metal à chant féminin.

 

Evoluant désormais dans une esthétique qui est la sienne, Pythia régale aussi les tympans de titres beaucoup plus accrocheurs qu'auparavant, travaillant mieux refrains et mélodies. Si les chansons de « Beneath The Veiled Embrace » pouvaient être souvent répétitives, celles de « The Serpent's Curse » sont plus faciles à distinguer, et leurs thèmes musicaux sont plus entêtants et s'acharneront probablement à rester dans la tête de nombreux auditeurs. Les singles Betray My Heart  et The Circle sont extrêmement efficaces, le refrain de Just A Lie est un véritable ver d'oreille, et le riff de Long Live The King est terriblement entraînant. Seul le titre Heartless retombe dans la lassante mécanicité du power-metal, et on le remarque à peine à l'écoute de l'ensemble. Autre petite faiblesse : chaque plage comporte un solo attendu et peu original, bien qu'assez technique. À noter cependant celui de My Perfect Ennemy, placé juste après le premier couplet, et apportant ainsi une variation de structure bienvenue. Quant aux orchestrations, elles sont utilisées de manière bien plus fréquente que dans l'album précédent, et viennent apporter puissance et intensité aux compositions. Long Live The King contient un break symphonique très agréable, Our Forgotten Land une belle intro orchestrale, et tous les titres sont soutenus, bien que discrètement, par les éléments classiques. Il est cependant regrettable que ces interventions ne contiennent presque exclusivement que des effets de cordes, et que certaines parties de clavier sonnent encore très cheap, notamment sur Kissing The Knife. Les choeurs, bien que peu fréquents, sont toujours utilisés avec beaucoup d'à-propos.
           

Concernant le chant, si j'avais déjà loué la performance d'Emily Alive Ovenden dans ma chronique de « Beneath The Veiled Embrace », je ne peux aujourd'hui que réitérer mes compliments. Dotée d'un très beau timbre et évoluant toujours dans un registre de soprano, Emily a encore progressé dans cet album, et offre une technique plus diversifiée que par le passé, bien que très subtilement. Elle sait passer du murmure mystérieux évoquant Lisa Middlehauve (My Perfect Ennemy) à un presque-lyrique maîtrisé (Dark Star), et utilise même un peu ses graves. Sa délicatesse rappelle souvent Simone Simons, et sa grande douceur fait également penser à la talentueuse Maxi Nil. S'exprimant avec une prononciation typiquement anglaise, son interprétation est pleine d'expressivité, d'émotion, et on sent que la demoiselle est extrêmement investie dans sa musique, la vit pleinement et ne cherche qu'à la faire partager aux autres. Encore une fois, elle se révèle un atout essentiel à la musique de Pythia, et ne peut qu'enchanter l'auditeur.


Metal   Symphonique

 

Bien que rassemblant encore certains clichés indissociables du power-metal, l'ensemble n'est pas mécanisé et sait varier les structures. Les musiciens sont toujours aussi professionnels et le rendu est impeccable.

     

L'aspect symphonique n'est pas, et ne sera peut-être jamais au centre de la musique de Pythia. Cependant, les effets orchestraux sont utilisés avec habileté et viennent apporter une intensité supplémentaire aux compositions. On regrette malgré tout que le clavier ne fasse pas toujours illusion.

 
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Voix / Choeurs   Harmonie d'ensemble
 

Le chant d'Emily est toujours aussi subtil et riche en émotions. Les choeurs sont bien utilisés, et viennent renforcer les refrains quand il le faut.

     

 « The Serpent's Curse » est un album cohérent, unifié par une atmosphère particulière, pleine de mystère et d'étrangeté.

 
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Ainsi, Pythia nous offre ici un bon second album, et les progrès attendus ont bien été réalisés. Le groupe commence à trouver son propre son et à complexifier sa musique, et ce pour la plus grande joie de l'auditeur.


Chronique réalisée par Eccentric.