
Rhapsody fait partie de ces groupes dont faire la chronique s’avère ardue. Non seulement parce que les introductions finissent par se lasser de toujours devoir répéter que le combo italien est l’un des poids lourds du power metal symphonique (fantasy/épique/théatral, enfin, passons tout ces qualificatifs), mais aussi parce que la bande de Fabio Leone prend un malin plaisir à se lancer dans des joutes orchestrales de plus en plus ambitieuses. Ou à réapparaître lorsqu’on ne s’y attend pas. Christopher Lee fait de la musique quand Rhapsody s’essaye au cinéma... C’est donc une année pleine de surprise -et de joie- pour les fans de Rhapsody puisque quelques mois après la parution de l’estimé « The Frozen Tears of Angels », le groupe est de retour avec un EP, « The Cold Embrace of Fear », un exercice de style périlleux étant donné une sortie qui pourrait paraître prématurée.
On connaît le goût de Rhapsody pour les ambiances cinématographiques. C’est souvent leur recette gagnante fantaisie/orchestration/narration qui a contribué à forger leur griffe reconnaissable entre mille. Ici, le groupe a choisit d’exploiter ce filon. Reprenant le concept d’un morceau unique, l’EP se divise en 7 pistes, chacune formant un « Acte » du morceau. Rhapsody nous livre là un véritable film sans les images, certes, mais qu’il est aisé de se représenter tant cette idée a été exploitée avec talent. Entre pistes narrées (de véritables scènes de théâtre, pourrait-on dire) et morceaux instrumentaux, Rhapsody soigne son entrée pour nous délivrer la piste clé autour de laquelle s’agence toutes les autres. Piochant successivement dans des ambiances à la Emerald Sword, Reign of Teror ou encore Triumph or Agony, sans oublier de passer par les chœurs emphatiques, la masterpiece en question est à l’image d’une bande originale de film réussie, émotionnellement forte. Le morceau étant conséquent - un voyage d’un bon quart d’heure, soit quasiment la moitié de l’EP-, Rhapsody peut à loisir jouer sur ses classiques et ses multiples facettes : on retrouve les passages calmes accompagnés à la guitare acoustique, les refrains et chœurs toujours aussi incisifs et efficaces, l’habituel solo... Fabio Leone oscille pour sa part entre l’anglais et l’italien pour un résultat au chant du plus bel effet.
Mais The Ancient Fires Of Har-Kuun n’est pas le seul Acte chanté. Happy end oblige, Rhapsody nous gratifie d’une ballade simple, sobre mais pas moins émouvante pour l’Acte V (Neve Rosso Sangue) avant de recourir à ses ritournelles plus qu’épiques pour l’Acte VI (Erian’s Lost Secrets), reprenant par instants le thème du morceau principal, même si ce dernier est décliné avec un tel nombre de variations qu’on en vient à ne plus très bien savoir si telle ou telle sonorité à déjà été utilisée.
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Bien que dissimulées derrière un amoncellement d’orchestrations, les saturations sont toujours là ! Et appuient comme à leur habitude les passages énervés ou introduisent une nouvelle vague instrumentale. Dommage que l’ensemble fasse plus pâle figure que la partie symphonique, même si c’est là le principe de cet EP. |
La note maximale échoit bien évidemment à l’orchestration...Et le point manquant au thème principal, fort agréable mais répété un peu trop souvent pour un EP. |
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Les chœurs et Rhapsody, une grande histoire...Qui prend beaucoup d’ampleur sur « The Cold Embrace of Fear », aspect épique oblige. |
Mettez le Seigneur des Anneaux, fermez les yeux et imaginez... En mettant l’EP de Rhapsody, ce sera encore plus facile. |
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Le groupe reste dans ces classiques ; de ce fait l’album se distingue véritablement par l’aspect expérimental et orchestral de l’œuvre. Son statut d’EP permettra de pallier la courte durée en même temps qu’il justifiera l’aspect expérimental qui aurait pu déplaire aux auditeurs peu habitués. Il est ici davantage question de donner corps en musique à un concept à part entière plutôt que de se retrancher derrière un genre musical (même si Rhapsody a pratiquement érigé le sien). Plutôt que de donner une griffe à sa musique, Rhapsody a ici incarné son empreinte grâce aux instruments. Et non plus l’inverse.