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Chthonic - "The Ancient Realms"


Adrana - The Ancient Realms

Date de sortie : 21 septembre 2011

Jaquette Chthonic- Takasago Army

Tracklist

1. Fall Of An Iced Dusk 1'59
2.The Frozen Path 3'46
3.The Grey Princess 5'26
4.Revelation 4'32
5.The Old Guardian 5'43
6.Prison Of Memories 4'55
7.Theater Of A Blazing Night 2'01
8.Burning Horizon 4'27
9.Over the Past 4'50
10.Poison 4'15
11.The Bow and the Beast 4'07
12.Obsidian Collapses 6'29
13.A New Dawn 3'26

            Il y en a que ça gave, les voix lyriques dans le metal. Il y en a qui aiment ça. Puis, il y en a dont ça en touche une sans faire bouger l'autre.

Mais commençons par le commencement.

Adrana, c'est un groupe qui vient de France, de Tours, plus précisément. Et en effet, c'est un groupe dont la chanteuse pratique presque tout le temps le chant lyrique. Qu'on soit clair : que vous appréciez cela ou non, ce n'est pas ce qui nous gênera dans l'album « The Ancient Realms » (en français « les anciens royaumes »),  second et dernier opus du combo, sorti il y a peu de temps. Ce n'est pas ce que l'on regrette, oh non. Ce qu'on regrette, c'est ce certain manque d'originalité, cette espèce de pâleur en terme de saveurs musicales, de la part d'un genre qui mériterait plus de mordant, plus de couleurs. Cet album raconte les aventures de la princesse Adrana, à la recherche de son royaume perdu. L'on eût aimé que cette valeureuse guerrière puisse parer sa quête d'une musique un peu plus affirmée. A qui la faute ? Eh bien, aux orchestrations, majoritairement. Au sentiment un peu âpre que, certes, les compositions ont un fort potentiel, dans un goût assez théâtral. Le genre qui a tendance à vous en mettre plein les oreilles avec des orchestrations majestueuses portées par des guitares qui déménagent. Certes. Mais voilà, quelque chose dans les arrangements ne suit pas. Ce côté un peu « cheap » des parties orchestrales ; voilà ce qu'on regrette. Ce qui ferait la différence, ce serait l'impression d'être vraiment entré dans la quatrième dimension, pas de n'y avoir mis qu'un pied hésitant. Ou plutôt, d'ailleurs, dans l'univers d'Adrana. La princesse aurait peut-être apprécié un peu plus d'efficacité pour mettre en lumières son monde atypique. Des cordes plus présentes et parfois plus incisives. Des riffs un peu moins attendus, aussi. Certes, n'enregistre pas avec un orchestre philarmonique qui peut. Mais enfin, pourquoi diable les parties symphoniques ne sont-elles pas toutes gérées comme celles de l'intro Fall Of An Iced Dusk, pourquoi, enfin, le début du très Nightwishien Burning Horizon dépareille-t-il à côté de son prédécesseur, l'orientalisant  et grandiose interlude Theater Of A Blazing Night ? Pourquoi a-t-on l'impression qu'en ces anciens royaumes, l'on sait très bien faire du metal, l'on sait très bien faire de la symphonie, mais l'on a beaucoup plus de problèmes lorsqu'il s'agit de mettre les deux ensemble ? Pourquoi, malgré la beauté de la ballade Prison Of Memories, on a le sentiment qu'il manque ce je-ne-sais-quoi qui fait la majestuosité des excellents groupes ?

            Bon. Ce qu'il y a de bien à retenir,  c'est déjà que le son global du groupe s'est nettement amélioré depuis leur précédente galette, «  Perturbatio ». C'est que la partie metal est relativement bien maîtrisée, et le travail de composition agréable à découvrir. C'est la Voix, véritable point fort de cet album : mais la Voix en général, car il y a non seulement Anaé, mais il y a aussi les choeurs. Dont on aurait aimé une utilisation plus fréquente, justement. Il y a aussi la surprenante Obsidian Collapses et ses grunts scandés dans un vide abyssal, agrémentant ce qui est sans doute l'un des plus beaux refrains de « The Ancient Realms ». Il y a des morceaux comme The Old Guardian ou le nostalgique Over The Past, à mon sens les plus aboutis de l'album. Il y a, tout simplement, le potentiel pour espérer se prendre une claque musicale à l'avenir. Car le metal « lyrique » se faisant rare, il le mériterait bien.

            Qu'on se le dise : au regard d'une scène metal en général, cet album est très bon. Au regard d'une scène metal symphonique, le jugement se doit d'être plus sévère. Enfin, au regard de la scène française de ce genre, on ne peut que dire à Adrana : « Allez, un petit coup d'accélérateur pour le prochain. Parce que la concurrence est rude. »


Note Metal   Note Symphonique

 

Voilà une partie heavy traditionnelle mais solide, presque toujours efficace !

     

Aïe, malheureusement le point faible de l'album, malgré une certaine qualité de composition.

 
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Note  Voix / Choeurs   Note Harmonie d'ensemble
 

On regrettera peut-être l'utilisation limitée des choeurs car justement, ils font partie des éléments très positifs de cet opus. Rien à redire sur le chant principal. Clairement l'un des points forts du groupe. Que dire de plus ?

     

Moments calmes alternés avec moments plus heavy, interlude judicieusement placé... Il y avait des erreurs à ne pas faire. Adrana ne les a pas faites de ce côté-là.

 
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Il est temps de se rendre compte que le metal orchestral « à chanteuse » par excellence n'est pas mort, loin s'en faut, mais à présent, tellement de choses ont déjà été faites qu'il devient de plus en plus difficile de se montrer original dans ce genre. Et surtout, de hisser sa musique à la hauteur des « grands » tout en gardant « sa patte ». Rien que ça. Sur quelles terres mystérieuses Adrana nous emmèneront-ils la prochaine fois, et surtout, sauront-ils nous surprendre ?

Chronique réalisée par Lwiz.