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Therion - "Sitra Ahra"


Therion- Sitra Ahra

Date de sortie : 17 septembre 2010

Jaquette chronique

 

Tracklist

 

01. Introduction/Sitra Ahra 05:24
02. Kings Of Edom 08:51
03. Unguentum Sabbati 05:10
04. Land Of Canaan 10:32
05. Hellequin 05:18
06. 2012 04:16
07. Cu Chulain 04:16
08. Kali Yoga III 03:41
09. The Shells Are Open 03:44
10. Din 02:37
11. After The Inquisition : Children of the Stone 07:22



C’est une curiosité, Therion.  Un outil absolument revendiqué, un détachement total et parfait de la musique au profit des idéaux d’un groupe. Pas d’un groupe de musiciens, non. Mais d’un groupe de croyants.

C’est à la secte du Dragon rouge que sont dédiés les textes de Therion. On le sait, ce n’est plus un secret pour personne, et pourtant, on est surpris de découvrir que ce qui est employé comme une arme, la plus colossale arme de conviction qui soit – l’art – se trouve ici bien loin de n’être qu’un écrin aguicheur. A l’image de ces compositeurs dont la foi ébranla les règles, Therion s’impose comme un groupe à nul autre pareil. On est libre, ou plutôt, ou est soumis au fait d’aimer, ou de ne pas aimer Therion. Peu importe. Mais une chose est certaine, c’est que ce groupe ne peut pas laisser indifférent, tant sa musique est originale et détachée des conventions.

Nous sommes en 2010, et sort « Sitra Ahra ». Une des premières choses qui le rend remarquable est le total refus de mise en avant d’un instrument, et ce au sens large, c'est-à-dire que même la voix est soumise à la musique et n’est employée que comme un instrument, à la différence d’une grande partie des autres groupe de la scène metal qui ne se lassent pas de mettre en avant leur vocaliste. On connait, il est certain, les instrumentistes de Therion, car ce groupe nous est familier, mais une écoute vierge de toute connaissance entraine l’auditeur à constater que la musique toute entière est mise en avant, non pas des interprètes.

Les voix, justement, sont multiples, et on est toujours ravi d’entendre que si le lyrique sied si bien aux femmes, les hommes ne sont pas en reste et sont tout à fait capable de se faire entendre sur des guitares électriques. Le mélange harmonieux du masculin et du féminin est tout à fait plaisant sur celui, non moins harmonieux, du metal et du classique. Les contraires ne s’épousent-ils pas à merveille ? L’introduction éponyme de l’album se fait sur ce principe, et l’impact est aussi immédiat que le coup de timbales qui annonce le début de la musique.

Les orchestrations sont véritablement travaillées et innovantes compte tenu du style. On n’est pas mécontent d’entendre dans Hellequin une très belle partie d’orgue hamond, ou encore, dans Land of Canaan, un accordéon (!) et un harmonica (!!). Tout est permis dans une musique dont le crédo est le mélange des styles à la rencontre des incohérences proclamées (sans parler de la descente chromatique d’Ungentum Sabatti qui rappelle Le Fantôme de l'Opéra). Pourquoi, donc, s’en priver ?

Un des défauts véritablement récurent de cet album est la répétition. Si certaines parties sont fort bien écrites, il n’en demeure pas moins que leur répétition à l’excès en amoindrit la qualité musicale et l’impact émotionnel. Le motif exposé au début d’Hellequin, par exemple, et qui est repris dans, certes, de différents et intéressants arrangements, passe d’une franche bonne idée à une lourdeur. Mais au final, on peut s’interroger : ces répétitions sont elles autant de doxologies ? Sont-elles des motifs qui cherchent à pénétrer l’esprit pour faire adhérer aux idées du compositeur ? Sont-elles, elles aussi, un outil du Dragon ? Le mystère ne trouvera probablement jamais de réponse.


Metal   Symphonique

 

D’la batterie, d’la guitare, du bourrin, du metal.

     

L’aspect symphonique de la musique de Therion se retrouve surtout dans le traitement des sonorités, des timbres, et dans le travail des voix. Celui-ci est très bien fait, et on est ravi d’entendre un tel metal.

 
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Voix / Choeurs   Harmonie d'ensemble
 

La qualité des voix de Therion se trouve beaucoup dans le quantitatif. On dénombre des utilisations de la voix véritablement variées pour le style, et c’est un plaisir d’entendre des voix traitées comme des instruments, et non pas comme d’immortelle diva pleine de prétention mal placée.

     

Les morceaux sont globalement bons, mais certaines maladresses, comme les répétitions, ou certains passages un peu douteux, font l’imperfection de cet album au demeurant excellent.

 
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Egal a lui-même, Therion nous sert un album original et, indiscutablement, therionesque. Les couleurs se retrouvent. On n’en doute pas, après quelque minutes d’auditions : c’est bien eux !


Chronique réalisée par Anthony D.