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01. Opening Credits 02. Across the Endless Sea Part II 03. Assault on the Shore 04. Master of the Waves 05. A Soldier's Letter 06. Godsent 07. At the Gates of Morken 08. Rise of the Giants 09. Score to a New Beginning 10. End Credits |
Chronique
Il y a des jours où faire une chronique, c'est tout sauf facile. Parce que tout d'abord, le temps que je passe à écrire cette chronique, je ne le passe pas à écouter "Score To A New Beginning", le troisième album studio des français de Fairyland. Et vu que l'album tourne en boucle depuis que je l'ai reçu, ça va être très dur... Une chronique, ça se doit également d'être objectif, et quand on tombe sur un album aussi mervei- pardon, aussi intéressant, et bien il est difficile de réfréner son enthousiasme…
Commençons par le commencement : il faut rappeler que depuis le dernier album, « The Fall of an Empire », Fairyland est devenu un projet solo du claviériste et compositeur Philippe Giordana, qui dirige donc les opérations, aidé de musiciens invités sur l’album. Pour « Score To A New Beginning », on retrouve donc beaucoup de musiciens en guests, 16 pour être précis ! Le chanteur principal de l’album est Marco Sandron du groupe Pathosray, accompagné par Fabio D'Amore à la basse, Willdric Lievin à la batterie, Chris Menta aux guitares rythmiques et bien sûr Philippe Giordana himself aux claviers et chœurs.
Maintenant parlons de la musique ! La première chose à dire, c’est que si les types de morceaux et leur organisation dans l’album n’étonnent pas, la qualité de ceux-ci est tout simplement impressionnante. En effet, on entame l’opus bien sûr par un morceau orchestral d’une minute trente, assez grandiose et dont la qualité sonore reste inégalée. On entend toute une symphonie d’instruments, qui sont certes des sons d’ordinateur et pas un vrai orchestre, mais d’une qualité telle qu’on aurait presque du mal à distinguer la différence avec un vrai orchestre. Il n’est pas difficile de dire qu’avec cet album, Fairyland propose le meilleur rendu orchestral par ordinateur jamais atteint dans le metal symphonique.
Il fallait insister sur ce point parce que si vous connaissez Fairyland, vous aurez compris que si le travail sur les orchestrations est plus grand que jamais, c’est que tous les autres éléments sont du même acabit. L’intro Opening Credits enchaine sur le premier vrai morceau metal, Across the Endless Sea Part II, et en mets plein la vue dès le départ. Surprise cependant : l’ensemble de la chanson est bien moins rapide qu’à l’accoutumée, moins « speed metal » classique, plus en subtilités et passages mélodieux. Du coup, on sent clairement que Fairyland s’émancipe et regarde vers d’autres horizons musicaux, et que derrière cet enrobage orchestral du plus bel effet se cache une musique assez originale et variée.
Assault on the Shore montre également une facette moins énervée de Fairyland, faisant pressentir un album globalement plus calme. Les refrains sont cependant toujours aussi épiques, et la voix de Marco est exceptionnelle de variété, tant dans les passages calmes que dans les grands aigus très heavy metal.
Et commence alors un morceau de choix, Master of the Waves. Le titre avait été choisi par le label pour présenter l’opus, et pas sans raison, puisqu’après une minute d’orchestral on enchaine sur du metal envoûtant et très planant. Le rythme est toujours plus calme qu’avant, les voix plus douces, mais la sauce prend vraiment, d’autant que la double pédale permanente des anciens albums laisse ici place à des compositions plus travaillées, aux riffs plus lourds ! On a toujours aux trois quarts du titre les habituels soli de guitare et claviers, les refrains à chœurs, du déjà vu, mais harmonisé avec une ambiance vraiment unique qui évite la lassitude.
A Soldier’s Letter est probablement la ballade metal du titre, assez émouvante, avec une introduction plus calme au piano. On retrouve également de la guitare sèche, et mine de rien, que de changements dans le style de Fairyland ! Car si la musique reste globalement dans un univers fantasy typée speed metal, elle en sort assez souvent pour plaire très probablement à un plus large public.
Si vous êtes par contre fans des bons vieux titres de speed metal symphonique, rassurez-vous, Godsent est là pour vous ! Ce morceau est probablement le plus proche du style des anciens albums, et nous pousse d’ailleurs à la comparaison. Et on ne peut que constater que les orchestrations sont plus impressionnantes, les compositions plus travaillées, le son bien meilleur, et le rendu général plus accessible d’écoute. L’énergie est toujours là, le chanteur impressionne toujours autant, que du bonheur !
La variété se ressent aussi dans At the Gates of Morken, qui entame sur un metal aux sonorités électroniques. Si l’intro est peut-être moins accrocheuse, et le titre plus « synthétique », on y retrouve quand même un passage de choix : le featuring de Jay et Djang de Benighted Soul en guests vocaux ! Bonne idée que d’inviter la chanteuse lyrique et le chanteur à la voix rauque du groupe de metal symphonique nancéen, car si le son de leurs voix est un peu faible, la prestation est remarquable et apporte un grand bol d’air frais au titre.
Puis un retour aux sources : comme dans le tout premier album, un titre purement orchestral vient nous préparer au morceau épique de fin ! Ainsi Rise of the Giants prouve encore une fois la qualité du son orchestral du groupe, et son talent pour dénicher des airs accrocheurs.
Tout cela pour en arriver à la chanson-titre, Score to A New Beginning, qui frappe fort : intro piano mystérieuse, voix angéliques en fond, puis un air celtique qui laisse place à des envolées épiques dignes de Fairyland ! Le morceau réussit l’exploit d’être probablement le plus épique qu’ait jamais composé le groupe, avec en même temps un penchant émouvant, un côté magique et envoûtant… Le refrain est planant, voire planissimant, les soli sont bien intégrés, et les airs excellents. On a tour à tour envie de sortir son épée pour occire des hordes d’ennemis pas beaux, puis de danser sur une table, puis de regretter… Car l’album conte la fin des chroniques d’Osyrhia, et contient une certaine part de nostalgie et de poésie…
Nostalgie qui s’amplifie avec le dernier morceau, End Credits, interprété par Flora de Kerion, et qui vous fera hérisser tous les poils de votre corps. Sinon, vous n’êtes pas humains ! Tout au long de l’album on peut s’imaginer des images mentales, penser à des films, et on se trouve ici au générique de fin, ce moment mi-triste mi-nostalgique où l’histoire est terminée, mais recommencera peut-être dans une suite… C’est tout le bien qu’on peut souhaiter à Fairyland en tout cas, tant la progression musicale a été énorme sur trois albums.
Il est clair que le groupe s'est détaché des influences évidentes. Plus ici de Rhapsody of Fire ou de Blind Guardian trop apparents, on entend tout simplement du Fairyland, ou du Philippe Giordana, peu importe. Les mélanges de genres et la variations d'ambiances nous font d'ailleurs beaucoup penser à un autre grand compositeur/claviériste, le japonais Nobuo Uematsu. Cet album est donc autant inspiré du metal symphonique qu'il est inspiré de films, ou de jeux vidéos, bref ; il vit est unique et mérite vraiment une écoute.
Partie métal ![]() |
Partie symphonique ![]() |
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Beaucoup de diversité, beaucoup de soli, moins de double pédale non-stop : voilà la recette d'un bon album de metal, plus proche du progressif que du speed metal. |
Normalement, le 5/5 est réservé aux grandes productions avec orchestre. Mais compte tenu du travail sur le son orchestral réalisé, impossible de trouver quoi que ce soit à redire. A part peut-être le côté "too much" des orchestrations, qu'on peut tout aussi bien apprécier pour son aspect grandiloquent. |
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Chant/choeurs ![]() |
Harmonie d'ensemble ![]() |
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Que ce soit Marco Sandron, les guests ou les choeurs, tous les chanteurs sont à leur place. Les voix s'enchainent très bien et se complètent. Mention spéciale à Flora sur la ballade finale, magnifique. |
C'est la première fois que la musique de Fairyland peut vraiment prendre toute son ampleur grâce à la qualité du son, qui mélange superbement le métal, les orchestrations et les choeurs. |
Conclusion
Pour résumer, cet album est plus varié, plus ouvert, les orchestrations sont plus travaillées et le son est bien meilleur que précédemment. Il est possible que vous n'accrochiez pas avec la musique du groupe, ou trouviez l'ensemble encore pas assez original. Pourtant l'originalité est contre toute attente un des gros points forts de cet opus, haut en émotions !
Si je vous disais simplement pour conclure que l'album est déjà un indispensable du metal symphonique, ça pourrait paraître un peu présomptueux. Alors je dirais simplement que vous devez l'écoutez, voire l'acheter. Et que si "Score To A New Beginning" ne vous mets pas une baffe à la première écoute, il vous prouvera en tout cas que le metal symphonique français n'a pas à rougir face au reste du monde ! ● Galathrandir
