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MaYaN - Quarterpast


MaYaN - Quarterpast

Date de sortie : 20 mai 2011

Jaquette MaYaN - Quarterpast

Tracklist

1. Symphony of Aggression 7:52
2. Mainstay of Society – In the eyes of the law : Corruption 5:30
3. Quarterpast 1:35
4. Course of Life 6:10
5. The Savage Massacre – In the eyes of the law : Pizzo 5:30
6. Essenza di te 2:08
7. Bite the Bullet 5:21
8. Drown the Demon 5:05
9. Celibate Aphrodite 7:26
10. War on Terror – In the eyes of the law : Pentagon Papers 4:33
11. Tithe 0:50
Bonus Track :
12 Sinner’s last Retreat 7 :39

           Amis fans de metal en tous genres, vous avez peut-être un jour eu l'agréable surprise d'une remarque sur vos goûts éclectiques : « Ce que j'aime bien c'est que tu écoutes autant de l'opéra que du metal ».  Eh bien, dites à vos parents, à vos grands parents ou autres, que les deux ne sont pas si éloignés que ça. Surtout depuis le 20 Mai 2011. En effet, depuis cette date, votre oeil a peut-être été attiré, en flânant chez le disquaire, par l'album de MaYaN, paré d'une petite étiquette rouge et blanche vantant le « nouveau groupe de Mark Jansen d'Epica » comme on aurait vanté le nouveau film de Brad Pitt. Allez, on ne me la fait pas : je suis sûre que vous avez envie d'entendre ce que ça donne.

          Déjà, la première frayeur que vous auriez pu avoir est que cela ressemble éventuellement de trop près à Epica. Au moins, sur ce point, nous voilà rassurés. Ça n'a rien à voir. Mais il s'agit tout de même de Mark Jansen, de deux anciens musiciens d'After Forever, mais aussi de collaborations prestigieuses telles que Henning Basse, chanteur de Sons Of Seasons, et de deux, non, trois chanteuses talentueuses, dont une véritable chanteuse d'opéra, s'il vous plaît : j'ai nommé Floor Jansen et Simone Simons, qu'on ne présente plus, ainsi que l'italienne Laura Macrì. On se doute bien qu'il est toujours difficile pour de tels artistes de présenter un nouveau groupe, et que le premier album est un challenge. Et force est de constater qu'ils n'auront pas choisi la facilité. Il y a d'abord ce premier morceau, Symphony Of Aggression, ou comment avoir l'impression d'être entré dans la quatrième dimension. Changements de tempo toutes les vingt secondes - j'exagère à peine -, structure difficilement compréhensible, voix féminines angéliques scandant « Etrangle-moi », le tout sur une durée de plus de sept minutes…Oui, c'est du death, pas de doute là-dessus. Ce morceau, on s'en rendra vite compte, se montre assez élitiste et plaira certainement aux puristes mais a de grandes chances de rebuter les novices. Ma foi, c'était tout de même risqué de le placer en première position. Surtout quand on sait que la suite de l'album peut se montrer beaucoup plus accessible. Car il y a la voix de Henning Basse qui est bourrée de classe, faisant ainsi vivre certains refrains assez inoubliables comme celui de The Savage Massacre, Celibate Aphrodite ou Sinner's Last Retreat. Car il y a les couplets à la rythmique jouissive de Celibate Aphrodite. Il y a aussi des interludes atypiques tels que ce Quarterpast qui fait chanter d'adorables enfants nous parlant de cadavres. Sans compter l'efficacemorceau Bite The Bullet et sa mélodie entêtante. Mais celui-là, mes amis, s'éloigne résolument du death metal : méfiance quant aux morceaux qui ne sont pas représentatifs du reste d'un album, et on pourrait citer mille exemples…Il y a aussi la voix fabuleuse de l'italienne Laura Macrì. Si les interventions de la soprano sont majestueuses, on regrettera leur rareté. Certains diront peut-être qu'il y a des plaisirs qui s'apprécient avec parcimonie ; je suis d'avis que lorsqu'un gourmand déniche le bonbon du siècle, il n'en déguste pas seulement trois avant de laisser le paquet de côté. Ici, c'est un peu pareil. Il s'agit d'une véritable soprano italienne et cela s'entend. Dommage qu'elle n'ait pas eu une place un peu plus importante dans les morceaux. Enfin, il paraît légitime que « Quarterpast » nous fasse découvrir une musique révélant Mark Jansen comme interprète principal, et beaucoup  de morceaux font la part belle à ses grunts.

          Globalement, l'ensemble est sombre, dissonant, parfois teinté de ces quelques taches de lumière apportées par les voix féminines, les choeurs et les claviers, comme dans l'interlude Tithe par exemple. On appréciera à ce titre les claviers assez déjantés et légèrement dissonants (le morceau Symphony of Aggression en est un bel exemple). Cet album se revendique comme étant un « Symphonic Death Metal Opera » : il est vrai qu'il présente, au moins, deux facettes qui sont tellement développées chacune dans leur genre que cela constitue une véritable prise de risque. En effet, entre le metal extrême et l'opéra, pourquoi choisir? Il en résulte que l'auditeur habitué au death metal pourra se trouver désorienté par les interventions très lyriques de Laura Macrì, par exemple, telles que l'interlude Essenza di Te, et qu'en revanche les auditeurs beaucoup plus habitués au classique et au metal symphonique « à chanteuse » pourront se sentir un peu perdus par des morceaux assez poussés dans l'extrême et aux structures parfois complexes tels que War on Terror, The Savage Massacre ou Symphony of Agression.

          S’il y a quelques années, le metal « à chanteuse » semblait connaitre sa belle époque, il semblerait qu’aujourd’hui le duo « grunts/voix féminine(s) » ait le vent en poupe. Cet album choisit de ne pas faire le choix entre le metal extrême et l’opéra et de proposer une musique qui réunit ainsi deux tendances du metal radicalement différentes : MaYaN n’aura pas été le premier, mais peut-être le seul à le développer à ce point. Dans quelques années, « Quarterpast » sera sans doute de ces albums incompris à leur époque et que l’on vénère car trop en avance sur leur temps.

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Note Metal   Note Symphonique

 

Des riffs efficaces et une grande maîtrise technique.

     

Des orchestrations traditionnelles mais efficaces, et toujours bien placées.

 
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Note Voix / Choeurs   Note Harmonie d'ensemble
 

Les lignes de chant sont véritablement portées par la dualité grunts de Mark Jansen/ Chant de Henning Basse, et le résultat est parfois saisissant de charisme ; à ce titre, mention spéciale au morceau Celibate Aphrodite. Les voix féminines apportent une touche d'originalité mais pour un album qui se revendique comme un véritable opéra de metal, on regrettera que ce côté-là n'ait pas été un peu plus développé.

     

Bien que les meilleurs morceaux soient plutôt concentrés dans la seconde partie de l’album, l’ensemble est homogène et l’univers est posé dès les premières notes. Il y a bien ce premier morceau dont on ne sait pas trop quoi penser. Est-ce véritablement une faute de goût, ou est-ce un coup de maître et Mark Jansen est-il un génie incompris ? Les auditeurs se feront leur propre avis.

 
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En résumé, cet album nous laisse sur des pensées aussi dissonantes que ses accords. Est-il réussi? Dans l'ensemble, oui. Plaira t-il à un grand nombre? C'est beaucoup moins évident. Peut-être nous faudra t-il tous du temps pour prendre du recul et mieux l'appréhender en le remettant dans son contexte, mais aussi faudra t-il attendre le(s) prochain(s) opus du groupe afin d'être quelque peu éclaircis sur la véritable direction que les musiciens veulent prendre. Amis metalsymphoniens, écoutez cet album plusieurs fois. Vraiment. Néophytes, faites de même mais sachez qu'il ne s'agit pas de la production idéale pour s'initier au metal symphonique, à cause de sa complexité et de sa singularité. Toujours est-il que malgré cela, cet album est tout de même assez bien parti pour figurer dans le top 10 de l’année.



Chronique réalisée par Lwiz.