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1. Njord 2. My Destiny 3. Emerald Island 4. Take the Devil in Me 5. Scarborough Fair (Acoustic Version) 6. Through our Veins 7. Irish Rain 8. Northbound 9. Ragnarok 10. Morgenland 11. The Holy Bond 12. Forya's Theme |
Chronique
Leaves eyes. Ce nom poétique et légèrement ésotérique est évocateur pour un grand nombre d’auditeurs de métal. Il s’agit avant toute chose de la réunion entre un groupe de métal, Atrocity, et l’ancienne chanteuse du groupe gothique « theater of Tragedy », Liv Christinne – que certains connaissent sans doute pour son célèbre duo avec Craddle of Filth sur Nymphetamine.
En 2009 sort Njord, le nouvel album du groupe qui nous intéresse. Celui-ci ne passe pas inaperçu, et ce en dépit du fait que sa sortie coïncide de près avec des géants attendus par beaucoup : le dernier album d’Adagio, celui d’Epica, l’acoustique de Within Temptation, etc... Quels sont les éléments qui font de Njord un album notable ?
A l’instar de Wagner dans la tétralogie avant eux, les musiciens de Leaves Eyes aiment à profiter de la richesse de la mythologie nordico-germanique. Celle-ci teinte leurs textes d’ambiances riches et variées, et donnent évidemment leur nom a l’album : Njord. Il s’agit du dieu de la mer, des vents et du feu, ainsi que de la fécondité et de la pêche.
Il n’est pas inintéressant de commencer à observer cet album en nous concentrant sur ce qui intéresse, généralement, de premier chef les amateurs du genre : la chanteuse. Leaves eyes s’impose sur la scène du métal à chanteuse par la voix de Liv Kristine. En effet, celle-ci a une particularité très intéressante qu’on ne retrouve que très rarement. Elle est, et de manière totalement assumée, très douce et contemplative. On est bien loin des poncifs des chanteuses de métal qui tentent de tout leur chœur de ressembler soit à Tarja Turunen, soit à Candice de Eths. Liv est pure, et sans artifice. Cela n’est pas du à des faiblesses vocales ou des impossibilités techniques, dans la mesure où on l’entend, dans quelques passages choisis, chanter avec beaucoup plus de puissance et de rondeur, mais ceux-ci sont rares. Cette voix est d’ailleurs remarquablement mise en valeur, tant dans les ballades que dans les morceaux plus rythmés. Les contre chants sont également très agréables.
Les compositions sont plaisantes. Les harmonies, quoi que peut être un peu répétitives, s’enchainent bien et sont très jolies. L’espace sonore est fort bien occupé, il en résulte une efficacité générale et des ambiances très bien menées. Comme beaucoup de leurs collègues métaleux, Leaves Eyes a décidé de faire appel à un chœur et à un orchestre pour cet album : il s’agit du Lingua Mortis Orchestra, conduit par Victor Smolski. Le rendu est vraiment charmant et agréable. On reprochera par contre le manque d’originalité dans l’orchestration qui se contente de nappes de cordes et de quelque soli d’instruments traditionnels tel des cornemuses ou des flutes Irlandaises.
La véritable qualité de Leaves Eyes, à mon sens, se trouve dans la judicieuse communion qu’ils vont du travail des sonorités, et de la simplicité de leurs mélodies. Des détails qui pourraient au premier abord passer pour des faiblesses, comme une sur abondance de nappes, ou un manque d’originalité harmonique, s’avèrent finalement utiliser au profit de l’album en général. Celui-ci n’est, en définitif, pas un album qui s’écoute, selon moi. C’est un album qui s’entend. La création des ambiances est mise en valeur par ce développement de la simplicité. L’exploration de différents univers traditionnels est également une force qui donne une diversité agréable à l’album, sans qu’on sombre dans un désagréable patchwork. Les bons albums d’ambiances sont hélas très rares, et d’aucun serait ravi que des groupes comme Leaves Eyes subsistent et ne sombrent pas dans le désir de ressembler au reste de la scène metal.
Aucun album n’est parfait, je vais donc me permettre de faire remarquer une ombre au tableau, qui si elle est une faiblesse pour moi sera peut être une force pour d’autre, mais je ne trouve pas que les grunts soient du meilleur goût sur un album pareil. Sa force réside, comme je l’ai dit, dans le développement calme et contemplatif des atmosphères, or les interventions trop violentes et colorées de Krull desservent cette ambiance et tirent l’auditeur de ses rêveries.
Partie métal ![]() |
Partie symphonique ![]() |
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Rien à redire. Les riffs accrochent bien, la batterie sait être présente sans être entêtante. Le rythme est bien maitrisé, et sert à merveille l’album. |
Les instrumentations sont assez pauvres, hélas. Leaves Eyes a la chance de travailler avec un orchestre qui sert à peine et dont l’écriture est assez pauvre. S’il est clair que les sons sont splendides, il n’en demeure pas moins que l’ensemble aurait pu aller plus loin. Très largement plus loin. |
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Chant/choeurs ![]() |
Harmonie d'ensemble ![]() |
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La voix de Liv Christinne colle très bien à la musique de Leaves Eyes – c’est son groupe, me direz vous ! – et sa douceur rend un contraste charmant avec la puissance des guitares électriques et la force des batteries. L’auditeur francophone aura sans doute un petit coup de cœur pour la chanson « Champs de Lavandes » dans laquelle Liv pousse la chansonnette dans la langue de Molière. Rien de stupéfiant puisqu’elle se contente de chanter la même chose en Français, puis en Anglais, mais l’anecdote mérite la citation ! |
Le tout est efficace. Le travail de gestion des ambiances est bien mené, et toutes les chansons semblent à leur place. S’il ne s’agit pas d’un album époustouflant, il est tout de même très agréable à écouter dans son ensemble, et sans être une musique d’ascenseur, constitue une trame d’ambiance de fond vraiment plaisante. |
● Anthony D.
