
Tracklist
01. Dark Spell 1 :42
02. Lost My Mind 6 :03
03. Dependance 5 :44
04. Night Of Death 5 :30
05. Neverending Story 4 :24
06. Runaway 4 :47
07. An Elfik Man 4 :58
08. Light Under Me 5 :49
09. Last Breath 2 :39
10. Musical Box 6 :12
Lorsque j'ai découvert Lands of Past, c'était en 2008, et le morceau Il Seme Maledetto m'avait agréablement séduit par sa grâce mélancolique. L'album « Call of the Depths », malgré une autoproduction de qualité moyenne, proposait un mélange très intéressant d'orchestrations ambiantes et de metal dont le seul défaut était de se cantonner à un registre heavy plutôt convenu.
Près de quatre ans plus tard, Lands of Past revient avec un ambitieux « Nerverending Story », en référence autant au film qui a bercé notre enfance qu'à l'album éponyme de Within Temptation. Écrit comme une B.O alternative de Willow (Ron Howard, 1988), cet album est toujours le produit du trio Olivier Jablonski (guitare et claviers), Alexandra Quero (piano) et Sébastien Ortega (guitare et arrangements), mais les deux chanteurs ont été remplacés... par deux chanteuses ! Exit donc le chant masculin pour un double chant féminin, celui d'Ilinca Kiss (qu'on embrasse au passage) et Stefanny Vlaeminck (qu'on embrasse aussi, il n'y a pas de raison), au registre résolument plus rock que lyrique ou metal, choix légitime mais discutable dans la mesure où les deux nouvelles recrues ont de jolies voix mais un timbre assez similaire.
On peut également regretter la disparition du violoncelle, mais les orchestrations (cuivres et cordes, toutes samplées) sont en revanche plus présentes et employées à bon escient et avec intelligence sur l'ensemble de l'album, les nombreux breaks instrumentaux nous permettant d'apprécier une composition inspirée qui n'hésite pas à mettre quelques touches d'électro ici et là (écoutez Neverending Story, et vous penserez certainement comme moi au travail de Rob Dougan pour Matrix). De la prometteuse intro Dark Spell au magnifique Musical Box qui clôt l'album en beauté, Lands of Past nous propose dix pistes (une ou deux de plus n'eussent pas été de trop) qui s’enchaînent très bien et s'écoutent sans déplaisir.
Pourtant, on serait presque tenté de dire aux musiciens de délaisser les guitares, tant les passages et morceaux instrumentaux se suffisent à eux-mêmes. Car si la partie métallique ne démérite pas (l'énergie est là et les amateurs de soli en auront pour leur compte), elle n'apporte pas grand chose et même, elle aurait tendance à plomber l'originalité des compositions en manquant souvent de personnalité. De même, le chant rock ne convainc pas toujours, le contraste avec les ambiances et le rythme menaçant de rompre l'harmonie de certains morceaux (je ne suis personnellement pas convaincu par Runaway – et, je le précise encore une fois, ce n'est pas la justesse qui est en tort). L'acoustique, en revanche (Night of Death ou An Elfik Man) s'accorde davantage à la volonté du groupe de créer des ambiances marquantes, à la fois sombres et nuancées. Ainsi, à sa manière, Lands of Past applique le procédé du sfumato (cette technique vaporeuse qui caractérisait l’œuvre dede Vinci) à la musique. Une impression due probablement aussi au défaut de production qui conférait déjà à « Call of the Depths » cet étouffement du son dès que les instruments se multiplient. Et c'est bien dommage, sachant l'effort des musiciens de ne jamais sombrer dans le déjà-entendu, le mièvre ou le kitsch. Et pourtant, avec ce passage nerveux à la Iron Maiden à la fin de Last Breath, on n'en est pas loin.
Tantôt épique, tantôt tragique, le groupe n'a pas volé son qualificatif de dark, nous livrant une musique toute en montée en puissance et privilégiant souvent la lenteur aux grosses cavalcades effrénées, et ce malgré un recours un peu trop systématique du fade en fin de morceau. Mais à part ce détail stylistique, et les quelques points négatifs que j'ai soulignés, nous avons bien là une musique de film dont il ne nous manque que les images.
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C'est bien, mais ça manque quand même d'audace et de personnalité. La guitare, plus présente que la basse et la batterie, a un son trop heavy pour un registre qui se veut dark. |
Il ne manquerait plus que de vrais instruments pour que les compositions du groupe s'expriment à leur aise. Elles sont en tous cas déjà ici assez remarquables. |
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Ilinca et Stefanny remplissent leurs rôles, elles chantent juste et bien mais la proximité de leur timbre ne rend pas leur présence très pertinente. Quelques effets choraux pas désagréables. |
Une note médiane eut mieux convenue pour souligner à la fois les qualités indéniables de composition et de cohérence de l'album, mais également l'absence d'hétérogénéité entre les orchestrations et « le reste » (chant/guitares). |
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La musique de Lands of Past est manifestement cinématographique. C'est sa grande qualité, c'est sa force. Mais on a le sentiment que le groupe a le séant entre deux trônes : l'ambient orchestrale et une sorte de metal rockisant qu'il n'arrive pas encore tout à fait concilier. Parvienda-t-il à réaliser cette alliance un jour, en se forgeant un style métallique plus personnel et véritablement plus sombre ? Ou bien décidera-t-il de s'affranchir de cette caution métallique pour aller à fond dans l'expérimentation orchestrale ?