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chronique - "My Fatal Kiss"


         
My Fatal Kiss cover
 

KrypteriaKrypteria
   Allemagne
 Date : 2004

Date de sortie
Août 2009

  1. Ignition
2. My Fatal Kiss
3. Why (Did You Stop The World From Turning)
4. For You I'll Bring The Devil Down
5. Deny
6. The Freak in Me
7. Never Say Die
8. Dying to Love
9. Shoot Me
10. God I Need Someone
11. Now (Start Spreading The Word)
12. Head First Into a Sea of Flames
13. Too Late, Game Over and Goodbye
 


Chronique

« Oyez, oyez, braves gens ! Car voici venu le temps du successeur de notre bien-aimé Bloodangel’s CryMy Fatal Kiss ! Le roi est mort, vive le roi ! » Hé oui, car deux ans après leur dernier opus, nos Krypteriens nous reviennent enfin de la contrée du Studio accompagnés de My Fatal Kiss, leur 3ème album.

          Bien qu’orienté dans une veine plus heavy, My Fatal Kiss n’en constitue pas moins l’une des plus belles réussites du groupe.
La guitare/basse a d’emblée le beau rôle et on se délecte tout aussi bien des quelques soli que des titres délibérement plus heavy (« Ignition»). Coté saturations, tout a été mis en œuvre et le résultat est probant : il se dégage de cet album une belle énergie et une pêche bienvenue dans un univers globalement sombre. Néanmoins, si cette galette fait la part belle à ces deux instruments, le prix de la technique revient incontestablement aux percussions du Sieur Kuschi, qui ne nous épargne pas : blast, double-pédale, décalages, ruptures de rythme...etc. Assez impressionnant, le rendu peut par moments faire penser au travail qu’avait fournit Jukka Nevalainen (Nightwish) sur l’album Oceanborn. Un travail de maître qui ne donne que plus d’attrait aux morceaux (« Shoot Me»), mais qui ne les  sauve pas toujours de l’enlisement presque pop-métal (« Never Say Die»). Car sans ce labeur, certains titres de l’album auraient paru bien fades à l’écoute…

En effet, si la partie « métal » est savamment travaillée et distillée dans l’ensemble des morceaux, on ne peut pas vraiment en dire autant de la partie « symphonique »… De ce côté-ci, Krypteria a eu rendez vous avec la simplicité et le basique de façon quasi-systématique : Des titres qui débutent sur une intro timide au clavier, amplifiée (trop) souvent à grand renfort de saturations, ou qui encore font entendre faiblement quelques violons pour accompagner la voix de Ji-In Cho… L’album faiblit donc un peu de ce côté-ci, et mis à part des morceaux assez magistraux (« Dying To Love », « Now (Start Spreading the World) »), le manque d’innovation orchestrale finit parfois par produire la fâcheuse impression que la galette tourne en rond. En revanche, les chœurs sont quant à eux parfaitement intégrés aux morceaux, soutenants le chant de Ji-In Cho lorsqu’il vient à manquer de puissance et d’allant sur certains refrains. Le génial « Deny », ou encore « Why (Did You Stop The World From Turning) » et« God I Need Someone » sont autant d’exemples qui confirment la place indispensables des chœurs au sein des compositions, même s’il est par ailleurs assez dommage de les voir relégués au rang « d’amplificateurs », alors qu’ils contribuent véritablement à donner plus de matière et de feeling aux morceaux.

De même, le fait que les refrains soient donc pour la plupart relativement conséquents et magistraux (en partie grâce à la présence des chœurs…) accentue le vide que l’on peut percevoir dans les couplets, agrémentés la majorité du temps par quelques faibles tentatives mélodiques (hors partie « métal »).Et à cela, même le beau timbre de voix de la chanteuse Ji-In Cho a du mal à y remédier.
Au niveau du chant, la jeune Coréenne est presque parfaite et a su exploiter au mieux sa voix : que ce soit au niveau des effets -même si ceux-ci donnent par instants un aspect superficiel aux compos-, au niveau de sa modulation, passant du chuchotement aux aigus à la manière de Floor Jansen (After Forever), la chanteuse va même jusqu'à aligner quelques lignes de chant « lyrique » sur « The Freak In Me ». De belles tentatives qui sauvent parfois les meubles pour les quelques (rares) morceaux relativement plats. Seul petit bémol : quelques montées dans les aigus restent encore un peu pénibles à l’écoute, et même si ce travers est plutôt bien corrigé par la présence des chœurs, on aurait aimé sentir un peu plus d’émotion et de puissance sur certains refrains, quitte à mieux répartir l’usage des effets voix (« For You I’ll Bring the Devil Down »).

Quoi qu’il en soit, en opposition avec l’obscurité développée au fil des morceaux (pourtant très catchy pour la plupart), l’impression qui suit l’écoute de l’album est surtout positive et en fait le digne concurrent -voire le maître- de l’opus précédent. Et à Kushi qui déclarait penser que « chaque personne aimant le rock ou le métal avec des mélodies accrocheuses à gogo, et avec une énergie dans la voix qui s’entend bien aura besoin d’avoir [cet] album dans sa discothèque »*, et bien, on ne peut pas lui donner tort.


Partie métal
3/5
 
Partie symphonique
2/5

Indubitablement l’aspect le plus travaillé de l’album, malgré une légère routine qui s’installe au fil de l’écoute…

 

Clairemeny l’aspect le moins travaillé de l’album, Krypteria tend trop souvent à nous servir de majestueux morceaux, sans égard pour le vide intersidéral que l’on peut retrouver dans les suivants.

     
Chant/choeurs
4/5
 
Harmonie d'ensemble
3/5

Une voix et des chœurs qui parviennent à gommer les imperfections l’un de l’autre, My Fatal Kiss combine les deux éléments d’une belle manière.

 

Malgré les redondances, l’ensemble tient la route et le groupe nous sert des morceaux organisés et équilibrés entre eux, alternant et jouant sans cesse sur différents tempos.



● Deltaplane

* Interview parue dans le webzine Aux Portes du Métal, août 2008

April Rain chronique