
Tracklist
01. When It's Coming To An End... (Intro) 1:39
02. Leverage 3:49
03. Parting 3:24
04. Voices In My Head 4:16
05. The Road Not Taken 3:44
06. White Lilly 4:05
07. Aus Der Tiefe 3:21
08. Wenn Die Engel Fallen (featuring Thomas Lindner Schandmaul) 3:21
09. Side By Side 3:00
10. Repentance 4:10
Lyriel, formation allemande somme toute assez peu connue, livre cette année son quatrième album, le très court « Leverage » (10 pistes, 35 minutes), aux sonorités bien plus accrocheuses et simplettes que par le passé. Si le combo était autrefois apprécié par les amateurs de folk metal doucereux et poétique, il n'en est rien aujourd'hui. La patte folk/symphonique a quasiment disparu et a laissé place à un metal insipide et franchement creux. À l'écoute de « Leverage », on pense à regret à ces petits groupes qui ne gagneront jamais entièrement le cœur des critiques et des fans du genre car ils manquent cruellement d'identité : Nemesea, UnSun, Eilera, Forever Slave, Asrai et compagnie...
Les deux premiers opus du combo, « Prisonworld » (2005) et « Autumntale » (2006) présentaient pourtant certains atouts : une veine celtique charmante et pleine de fraîcheur, un ton festif empli de mélancolie et de belles surprises (la reprise inattendue du tube de Mecano notamment, Hijo De La Luna). Seule la production était à déplorer car Lyriel, toujours en quête d'un distributeur pour plusieurs pays, avait alors peu de moyens pour parfaire ses œuvres. Le troisième effort, « Paranoid Circus » (2010), outre sa qualité sonore moyenne, délaissait quant à lui les influences folk au profit d'une formule moins énergique mais plus formatée. Vient alors « Leverage », dont le principal intérêt réside dans sa production, bien plus convaincante que par le passé. Il aura fallu patienter quatre ans avant que le groupe ne signe chez AFM et le résultat est sans appel : le son est propre, puissant et clair. Dommage que le contenu, lui, ne soit pas à la hauteur.
Si « Leverage » est plus agréable à l'écoute, plus plaisant à la vue et plus présent en commerce que ses prédécesseurs, il le doit uniquement à son mixage professionnel, son artwork travaillé et sa distribution à grande échelle. Ces trois points mis à part, l'album lorgne dangereusement vers le vide abyssal. Le titre introductif, When It's Coming To An End..., est d'une nullité accablante : on y entend un compte à rebours jusqu'à dix débité en allemand et accompagné de tic-tacs exaspérants. Ce tintamarre d'une minute quarante offre une mise en bouche des plus amères et ne saurait vraisemblablement justifier son existence.
Quant aux neuf pistes restantes, elles forment majoritairement une même masse, pas forcément indigeste, mais terriblement redondante. C'est comme si Lyriel avait vendu son âme aux plus offrants (AFM?) et délivrait à présent des compositions plus fadasses les unes que les autres. Le manque d'originalité atteint ici des sommets : les passables Leverage et White Lilly font immanquablement penser à Edenbridge, tandis que les plus heavy Side By Side, Voices In My Head et Repentance font clairement concurrence à Xandria (période Lisa Schaphaus). Quant aux deux ballades, la mollasse The Road Not Taken et la sirupeuse Wenn Die Engel Fallen n'ont aucun intérêt sinon de mettre en lumière la jolie voix de Jessica Thierjung. Cela étant dit, il est regrettable que ses lignes de chants ne varient pas davantage : une routine s'installe très vite et ce ne sont pas les très discrets chuchotements death, quasi inaudibles, qui changeront la donne.
Mais ne boudons pas notre plaisir, même si celui-ci n'est pas immense... Deux titres se détachent heureusement du lot par leur esprit celtique assumé et leur terrible efficacité. Il s'agit tout d'abord de l'irrésistible Parting, qui malgré un refrain 100% Nightwish (période Annette Olzon), donne furieusement envie de danser. Le violon et le violoncelle, mis en valeur par la talentueuse Linda Laukamp, s'y donnent la réplique avec une grâce subtile et un rythme soutenu. Il en va de même pour la très catchy Aus Der Tiefe, qui, dans le même genre, fait mouche. La langue allemande s'accorde très bien aux sonorités celtiques du morceau et ajoute un brin de diversité à un album qui en manque atrocement.
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Les ingrédients essentiels (guitares, batterie, basse) sont bel et bien là mais la sauce ne prend pas. Même les riffs plus heavy (Voices In My Head) ne parviennent pas à briser la monotonie qui plombe le disque. Le tout sonne très gentillet et très lisse ; on aurait souhaité plus de folie. |
Les instrumentations, bien que peu nombreuses, n'en sont pas moins très réussies. Elles sont sans aucun doute LE point fort de l'album. Il est par exemple impossible de ne pas taper du pied en écoutant les envolées de violon(celle) présentes dans Parting! On en voudrait plus... |
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Le travail de Jessica Thierjung est honorable mais son timbre est trop impersonnel. Proche de celui de Sabine Edelsbacher, il n'est aucunement nuancé. Quant à la voix gutturale et au chant mielleux de Thomas Lindner Schandmaul en guest, ils n'apportent rien de marquant. |
« Leverage » est un disque bien fait et bien produit, mais auquel on aurait arraché l'âme. On flirte ici avec un rock/metal mainstream et ses défauts : un son lassant, superficiel et adolescent. Lyriel manque encore de maturité alors qu'il s'agit quand même ici de son quatrième album. |
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Loin de se remettre en question et de prendre de vrais risques, Lyriel patauge dans la semoule et accouche d'une œuvre à la transparence absolue. Les compositions ont beau s'inscrire dans une veine pop metal très radio-friendly (leur durée ne dépasse jamais 4 minutes 15), leur intérêt, charme et richesse ne devraient logiquement pas en souffrir. On conseillera donc aux amateurs de metal efficace et mélodieux le très sombre « Dark Adrenaline » (2012) de Lacuna Coil, ou l'enchanteur « Music Of Light » (2011) du jeune groupe Arven, pour les amoureux de folk metal épuré. Là où les deux groupes réussissent le pari d'intéresser un large public avec des mélodies simples mais non stéréotypées, Lyriel échoue totalement. Décidemment, ça piétine sec chez Lyriel...