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Nightwish - "Imaginaerum" (pré-écoute)


Nightwish - Imaginaerum

Date de sortie : 05 décembre 2011

Jaquette chronique

Tracklist

1. Taikatalvi 2:36
2. Storytime 5:28
3. Ghost River 5:25
4. Slow, Love, Slow 5:51
5. I Want My Tears Back 5:08
6. Scaretale 7:32
7. Arabesque 2:52
8. Turn Loose the Mermaids 4:19
9. Rest Calm 6:59
10. The Crow, The Owl and The Dove 4:10
11. Last Ride of the Day 4:31
12. Song of Myself 13:30
13. Imaginaerum 6:18

J'ai eu l'immense honneur de rencontrer Tuomas Holopainen et d'écouter le nouvel album de Nightwish, "Imaginaerum", en avant-première. J'en profite donc pour vous faire un compte-rendu du contenu de l'album avant sa sortie le 5 décembre.

Concernant l'album en lui-même, Tuomas me l'a confirmé, ce sera bien la bande originale du film Imaginaerum, dont la date de sortie est inconnue. Au départ, l'album a été conçu pour être directement placé dans le film comme bande-son. Finalement, le son étant très lourd et assez complexe (metal, orchestre, choeurs et chant oblige), le groupe a décidé de réarranger les morceaux pour le film. L'album sera donc un album à part entière, et le film sera composé de morceaux du CD réarrangés. Il y aura donc également un CD de BO, différent de l'album. Pour autant, Tuomas a été très clair : la BO du film sera bien composée de metal symphonique, pas juste d'orchestre. Une grande première au cinéma !

Ce n'est d'ailleurs pas la seule chose de l'album qui sent bon la nouveauté. A mon grand étonnement, l'opus surprend du début à la fin et on sent que Nightwish a voulu aller de l'avant. L'avis du public avait été mitigé sur le dernier album, "Dark Passion Play", notamment concernant la nouvelle chanteuse, Anette Olzon. Premier changement et première remarque positive : son chant est bien plus agréable et maîtrisé sur cet opus. On sent qu'elle s'est lâchée et elle propose une large palette de styles vocaux. Chants aggressifs, vocalises jazzy, la voix est bien moins irritante qu'avant et vraiment plus accrocheuse. Même quand son chant est basique, comme sur l'ultraclassique single Storytime, sa voix passe beaucoup mieux. Question chant, Marco arrive à surprende également, notamment avec une interprétation angélique sur Taikatalvi, ballade enfantine en finnois qui ouvre "Imaginaerum", ou avec une voix presque black sur Ghost River, gros morceau assez sombre avec un final magnifique soutenu par une chorale d'enfants enchanteresse.

L'évolution du style des Finlandais se fait morceau après morceau et c'est le premier album qui mélange autant de styles, sans chercher toujours une tonalité épique. La quatrième piste notamment, Slow, Love, Slow, est une ballade jazzy avec une ambiance piano-bar Burtonnienne. On y entend une Anette métamorphosée, un solo de guitare bluesy, des claquements de doigts en fond qui mènent vers un solo de trompette final. Jamais je n'aurais cru entendre ce genre de morceau chez Nightwish !

Pour autant, cette variété bienvenue ne nous fait pas oublier que Tuomas est aux commandes, et la patte Nightiwsh se ressent tout au long de l'album. Certains penseront que c'est une bonne chose, d'autres non ; en tout cas le morceau suivant I Want My Tears Back est un hymne typiquement single, à la manière de Storytime, et ne laissera pas un souvenir mémorable, à part un superbe passage central à la cornemuse. Le morceau est basé sur le duo Anette/Marco, qui est tout de même très efficace.

Scaretale et ses 7 minutes reprend la tradition des morceaux plus longs et à la structure plus complexe du groupe. On passe des gros riffs metalliques à des passages de chorale d'enfants tout mignons, puis dans une ambiance cabaret assez êtrange (et Marco d'introduire : "Ladies and Gentlements, welcome..."). Clairement, l'influence de Tim Burton (et donc son compositeur Dany Elfman) n'est pas cachée ici. Le morceau finit sur des "La la la" guillerets de Marco et une mélodie de boite à musique. Encore un morceau varié et réussi qui ne laisse pas de marbre !

Le morceau Arabesque, comme son nom l'indique, est une intro arabisante assez cliché mais superbement bien réalisée. On se croirait vraiment dans une version metal des Contes des Milles et une Nuit. Elle enchaine sur Turn Loose the Mermaids, ballade guitare sèche/flûte. En fond on distingue une grosse base de percussions, qui empêche la monotonie, ce qui est assez rare pour être cité concernant une ballade de Nightwish. Aux trois quarts du morceau s'installe une ambiance Far West incroyable, tout en sifflements (bonjour Sergio Leone !) qui se termine sur une ambiance de danse celtique, qui met la pêche et donne franchement envie de monter sur une table et faire une bourrée ! Comment Nightwish passe en 6 minutes d'ambiances arabisantes au Far West jusqu'au celtique ? Aucune idée. C'est saisissant en tout cas.

Rest Calm, comme son nom l'indique, est un morceau metal plus calme, avec un duo Anette/Marco et la chorale d'enfants. Pas inintéressant, mais un peu mou. S'ensuit The Crow, The Owl and The Dove, morceau à la guitare sèche (décidémment !) où Marco chante façon crooner, en duo efficace avec Anette. L'ensemble conclut sur un piano/voix plutôt sympa, loin des mièvreries habituelles des pianos Nightwishiens.

Last Ride of the Day revient à du très lourd, avec un gros riff choral. Que vous aurez sûrement entendu d'ailleurs, puisque c'est le morceau dont a été tiré Kiteen Pallo, l'hymne réarrangé par un DJ pour le stade de la ville de Kiteen Pallo. Ce n'est clairement pas le morceau le plus marquant, avec un riff assez répétitif, mais c'est certainement le plus lourd en terme de metal symphonique. Une sacrée claque lors de la première écoute !

Song of Myself et ses 13 minutes s'annonce comme le grand morceau épique d'Imaginaerum. Il entame comme tel en tout cas, avec une grosse intro à cordes, une batterie en rythme martial, un chant d'Anette assez puissant et au bout de quatre minutes un passage de cordes très lourd et pompeux, rappelant le grandiose d'un Poet and the Pendulum. Le seul bémol est peut-être le refrain, un peu lancinant et répétitif. Après six minutes arrive un passage surpuissant (du genre de ceux qui nous prouvent que la langue française manque parfois de superlatifs) avec des plaques metalliques d'orchestre frappées en plus de la batterie et la chorale d'enfant qui refait son apparition, plus grandiose que jamais.

Et c'est en pleine orgie musicale qu'une transition s'opère et contredit le principe même de morceau épique : on ne garde de la musique que le piano et quelques cordes, et des voix. En effet, pendant les 6 dernières minutes du titre, on entend une petite mélodie triste accompagnée de dialogues divers et variés. Au début, une voix grave raconte une histoire, parle d'une ville en décadence et les travers de la société. Puis plusieurs voix apparaissent, celle d'Anette notamment, et s'échangent des phrases sur la vie, l'amour etc. Lors de notre rencontre, Tuomas m'a dit qu'il s'agissait des voix de proches de Nightwish, notamment leurs parents. Pêle-mêle, on entend des "I want to bathe in a world of sensation, love, goodness, and simplicity" (je veux baigner dans un monde de sensations, d'amour, de bonté, et de simplicité) ; une mère qui déclame dans un anglais approximatif "You child, stop work, go play, forget every rule" (toi l'enfant, arrête de travailler, va jouer, oublie toutes les règles) ; "All the world [is] dead without stories" (le monde est mort sans histoires).

Si le passage est forcément un peu kitsch, il n'en reste pas moins assez poignant, cherchant plutôt la simplicité, comparé à tout ce que Nightwish a pu faire auparavant. On a presque l'impression que le groupe est en pleine révélation. Les dialogues se terminent finalement par cette phrase plutôt énigmatique, déclamée lentement, sur fond de pluie : "And there remains... The change from G to E-minor". (Et ici repose le changement du Sol au Mi mineur).

Imaginaerum, chanson-titre, conclut l'album par un medley orchestral des thèmes de l'album. On s'imagine complètement en plein milieu d'une attraction de Disney, enchaînant les ambiances. Cette conclusion sous forme de rappel des mélodies est assez efficace et ne donne qu'une envie : appuyer sur Play à nouveau !

Pour conclure, je tiens à préciser que je n'ai pu écouter l'ensemble qu'une fois. Je ne peux donc pas juger de la répétitivité de l'ensemble, ou savoir si la grande variété des ambiances ne va pas donner un album trop dispersé. Ce que je peux vous dire en revanche, c'est que tout ça est d'une grande qualité, plutôt très bon par rapport à ce que le groupe est capable de produire. Le groupe s'est surpassé et c'est une évidence : Imaginaerum fera partie des grands albums de metal symphonique. Puissant, varié, créatif, Imaginaerum est un vrai voyage musical !


Compte-rendu d'écoute réalisé par Gala'.