
1. Unite to Defy 05:24
2. God of the Frontlines 04:37
3. Reform III 04:36
4. The Call to Arms 05:52
5. Machine Insurgency 04:55
6. Sworn to Sacrifice 04:44
7. Enemy Incited Armageddon 07:24
8. Nuclear Self Eradication 05:29
9. Numbered Among the Dead 04:36
10. The Glorious Death 08:34
Amateur de metal symphonique, vous êtes lassés des voix douces et cristallines des princesses du genre ? Vous êtes à la recherche du groupe qui réveillera la furie qui dort en vous ? Alors ne cherchez plus ! Vous l’avez trouvé ! Xerath, avec son album « II », vous prouve qu’on peut tenter sa chance dans le genre sans porter de froufrous. Bien au contraire. Mais passons sans plus tarder à l’analyse de ce décapage d’oreille.
Tout d’abord, commençons par un petit point sur le chanteur Richard Thomson, qui officiait autrefois dans un groupe de death mélodique, mais à la batterie. Comme sur le premier album de Xerath, le frontman hurle sa rage avec la même hargne qu’il frappait les futs de Chaos Incarcerated. Ainsi, première mise en garde : même s’il comporte quelques parties de chant clair, à ceux qui ne sont pas friands des déchirements de cordes vocales, évitez cet opus au chant torturé.
Nous parlions d’instrumentaux. Epiques et combinés à merveille aux autres éléments de la musique de Xerath sur quelques rares morceaux, ils perdent rapidement de leur superbe – et sont complètement absents de certaines pistes – avant de reprendre timidement un peu d’ampleur sur Machine Insurgency, Sworn to Sacrifice et Divine Rapture. L’essai au niveau orchestral produit donc un rendu engageant, mais pas aussi convaincant que celui de – par exemple – Carach Angreen qui, avec moins d’ambition instrumentale, réussit dans ses concept-albums, à faire passer davantage d’émotions au niveau musical, sans rivaliser de faste ni en orchestrations, ni en tortueuses parties mélodiques.
Bien sûr, l’autre composante inévitable de la musique de Xerath concerne évidemment le progressif des guitares. D’aucuns compareront les patterns progressifs ultra-saturés du groupe à ceux employés par un grand du death metal, Meshuggah (dont Xerath revendique clairement les influences, de même que celles, bien moins perceptibles, de Dimmu Borgir), même si les distorsions hargneuses de Xerath, ainsi que quelques ambiances de l’opus « II », sont aussi très proches du side-project du guitariste Paul Ortiz, Chimp Spanner, et tendent à flirter par très courts instants avec les sonorités mélancoliques de Katatonia.
Mais voilà. Si l’on aime à découvrir les expérimentations instrumentales et un peu hasardeuses de Xerath, les néophytes du genre auront du mal à se familiariser d’emblée avec les tortueux dédales progressifs de « II ».
L’opus est complexe, difficile à appréhender, et les bouées de sauvetage sont rares pour celui qui se noie dans cet océan de riffs. A peine parviendra-t-il à approcher les deux premiers morceaux (Unite to Defy, utilisé comme vitrine pour « II », et God of the Frontlines), les plus ambitieux instrumentalement parlant, et peut-être y aura-t-il une chance qu’il parvienne à s’accrocher à Reform part III et son côté à la Arch Enemy.
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De la technique, un beau solo sur Numbered Among the Dead, mais des sonorités et un style de jeu employé à outrance. |
Certains morceaux mériteraient la note maximale quand d’autres – plus nombreux malheureusement – se servent des instrumentaux comme nappe sonore. |
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Le chant saturé de Richard Thomson est tellement poussé à l’extrême qu’il sera sans doute difficilement appréciable pour les non-initiés. N’oublions tout de même pas de saluer la louable initiative du groupe d’introduire sporadiquement quelques choristes. |
Même si ce point apparaît également comme négatif, la structure du jeu des musiciens se répète. Alors certes, la linéarité est parfois au rendez-vous – avec les violons guimauves au fond – mais paradoxalement, cela aide tout autant à la construction de l’harmonie de « II ». |
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Une fois vos oreilles sorties de ce tourbillon de saturation de près d’une heure, on peut enfin se poser la question : Qu’a-t-on pensé de cet album ? Pour ceux que l’écoute de Xerath n’aura pas laissés hagards, on pourrait envisager quelques points de vue possibles : celui par exemple de l’auditeur de metal symphonique lassé des poncifs, qui souhaite s’aventurer sur des terres plus extrêmes. Le voyage est plutôt risqué, surtout s’il n’a aucune familiarité avec cette branche reculée. Mieux vaut plutôt opter pour un opus plus accessible. En revanche, les plus à même d’y trouver leur compte seront probablement les opposés : ceux qui, familiers du death, désirent faire la connaissance du metal symphonique.