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chronique - "From the Brink of Infinity"


         
From the Brink of Infinity cover
 

WhyzdomWhyzdom
   France
 Date : 2007

Date de sortie
21 septembre 2009

  1 - The Witness (7:05)
2 - The Train (6:00)
3 - Everlasting Child (6:39)
4 - The Power And The Glory (5:36)
5 - Freedom (2:43)
6 - Escaping The Ghosts Of Reality (7:08)
7 - Atlantis (6:51)
8 - The Old Man In The Park (6:13)
9 - The Seeds Of Chaos (3:57)
10 - Daughter Of The Night part I (2:50)
11 - Daughter Of The Night part II (7:07)
12 - On The Wings Of Time (6:51)
 

Chronique

Sonnez trompettes, résonnez timbales ! Approchez-vous bonnes gens, et venez découvrir le premier album d’un groupe français qui en a dans le coffre, j’ai nommé « From the Brink of Infinity » de Whyzdom ! Pendant que les fans n’en peuvent plus d’attendre et que tout le monde se demande s’ils sont vraiment la nouvelle révélation du metal sympho français, il m’est confié la lourde tâche de vous donner des éléments de réponse…

Et disons le tout de suite : Whyzdom a su garder ses acquis, son style, sa puissance et sa majesté pour nous concocter un premier album assez riche et varié. Les fans de la première ne seront pas déçus, à part peut-être de retrouver dans l’opus les quatre même morceaux déjà présents dans l’EP « Daughter of the Night ». L’album n’est donc pas entièrement original, et présente en définitive seulement 7 morceaux originaux et une intro, mais il faut dire que les titres déjà connus s’intègrent parfaitement à l’ensemble, et étaient suffisamment efficaces et réussis pour faire partie de la première vraie production labellisée du groupe.

On retrouve donc The Witness puis The Train, dont la production a été améliorée, et les orchestrations retravaillées. Rien d’incroyable pour qui les connait déjà, mais au final des morceaux d’un style grandiose et puissant. Everlasting Child est donc la première nouvelle chanson de l’opus, dont certains d’entre vous connaissent déjà une partie s’ils ont vu la vidéo Reborn d’accueil du site Metal Symphonique. Après une introduction progressive d’une minute trente à base de violons et de guitare/batterie, le morceau s’accélère et présente un metal rapide qui associe les gros riffs et le chant féminin accrocheur de Telya. Le morceau va crescendo jusqu’au refrain, passage grandiloquent mélant metal, orchestrations et voix aérienne. The Power and The Glory, bien que plus lent, reprend la même recette, avec des couplets metal lourds et un refrain plutôt aérien.

C’est après quatre morceaux bien pêchus que débarque une chanson qui sort de l’ordinaire : Freedom. En effet, on peut y entendre tout d’abord une minute de chorale seule, enchainée par un rythme guitare/batterie, qui se conclut au bout de deux minutes trois quarts par une montée en puissance des chœurs. Le morceau, relativement émouvant, propose une forme originale et un contenu différent du traditionnel couplet/refrain/couplet/refrain, et c’est également le seul titre sans la lead vocalist Telya.

Escaping the Ghosts of Reality revient aux bases du metal sympho, entre calme et puissance, en ajoutant en plus un élément masculin, le guitariste Vynce effectuant un passage grunté. Ces derniers, loin d’être convaincants, se révèlent malheureusement plutôt agaçants à la longue, et n’apportent pas grand-chose à la musique, n’appuyant pas particulièrement non plus le rythme du morceau. On se demande d’ailleurs si les groupes ne voient pas les grunts comme une nécessité absolue dans le metal symphonique, pour donner une caution « metal »  à leur musique. C’est bien dommage, car en dehors de ce point négatif le morceau est réussi, avec de belles orchestrations et un chant féminin agréable.

Atlantis, véritable passage épique de l’album, enchaîne des riffs rapides et la recette gagnante de Whyzdom : couplets speed et chant catchy sur fond de grosses guitares, d’une basse et d’une batterie plutôt bien mises en avant, et refrains grandiloquents qui montent dans les aigus.

Voilà que finalement débarque la ballade, passage incontournable des groupes de metal symphonique. Contre toute attente, The Old Man in the Park étonne, tant elle apparait douce, sincère, et tant le chant féminin semble maîtrisé, sans nécessité de pousser la voix comme dans les autres titres. En plus d’un long passage piano réussi, un violoncelle se joint à la fête et donne un vrai rendu sincère et émouvant à l’ensemble. Malheureusement, ou heureusement pour certains, le metal ressurgit au bout de deux minutes trente, et va progressivement accélérer le titre pour amener une nouvelle fois un refrain aérien et orchestral. Ce titre reste probablement, avec Freedom, le plus inattendu de l’opus et frôle même par moments le metal progressif, du moins dans la variété des passages et de l’intensité.

C’est reparti pour une composition qui envoie du lourd, avec The Seeds of Chaos qui se montre réellement efficace et puissant, enchaînant les riffs à toute vitesse. Whyzdom semble tout particulièrement doué dans ce genre de morceaux, qui s’il ne fera pas décoller les oreilles aux amateurs de metal pur et dur, fera sans aucun doute bouger les têtes des fans de Nightwish ou Epica.
S’ensuit une intro de trois minutes, Daughter of the Night Part I, dont la principale fonction est de faire monter la sauce en attendant l’explosif tube du groupe, Daughter of the Night, qui s’affuble pour l’album d’un Part II. L’intro rempli sa fonction, en étant mystérieuse et inquiétante, bien qu’un peu cliché. Les chœurs de la fin sont néanmoins très réussis, et explosent d’ailleurs dès le début du morceau Part II. Vous le connaissez probablement déjà, et la recette n’a pas changé depuis l’EP, cependant le son a vraiment gagné en profondeur et en richesse. Les grunts sont quant à eux malheureusement toujours présents. Comme vous aurez pu le remarquer sur la tracklist, le titre dure cette fois 7 minutes, soit une minute trente de plus que la version originale. En fait, il s’agit d’un rajout à la fin du titre, une simple prolongation du rythme guitare/batterie, auquel est venu se greffer un refrain supplémentaire.

L’album se termine par le mélancolique On the Wings of Time, toujours aussi réussi avec ses mélodies de cornemuse. Certaines parties ont également été réorchestrées pour l’album, et on entend cette fois de beaux passages d’instruments à corde.

Pour conclure ce tour d’horizon de l’album, je voulais d’ailleurs parler des éléments orchestraux, point crucial du groupe et très paradoxal. En effet, si l’ensemble est franchement réussi, proposant un rendu qui n’a rien à envier aux ténors du style metal symphonique, certains passages sont franchement décevants. Si les instruments comme les cordes ont un rendu convaincant, les instruments à vent par exemple cassent complètement la beauté du reste. Le « solo » de trompette sur The Witness, déjà présent sur l’EP, a un rendu sonore catastrophique, et vient vraiment gâcher la sincérité musicale des orchestrations. Whyzdom a probablement ses raisons et peut-être que le groupe veut donner là un effet de contraste, assumer l’utilisation de synthés par endroits, mais en définitive cela s’intègre assez mal à l’ensemble.

Deuxième point : si les chœurs sont magnifiques, les voix ont parfois du mal à convaincre. Les grunts sont d’une part très décevants. Et la voix de Telya d’autre part ne manquera de lancer la polémique auprès des auditeurs. S’il est évident qu’elle a gagné en maîtrise depuis l’EP, et que son timbre est très agréable à écouter, sa façon de chanter est inégale. Alors que certains refrains aériens sont très plaisants et très planants, comme par exemple ceux d’Atlantis, sa façon de pousser la voix fait souvent penser au chant d’une Sharon den Adel époque Mother Earth, plutôt énergique mais pas toujours parfait. En fin de compte, si vous aimez le chant d’une Sharon den Adel, vous adorerez probablement celui de Telya, d’autant qu’elle dispose d’un timbre assez personnel. Il y a cependant des chances que les autres soient déçus.

Dans tous les cas, cela ne gâche en rien le plaisir que l’on prend à écouter l’album, qui ne l’oublions pas est un premier, et qui ne pouvait donc pas être parfait. Il est de toute façon suffisamment détonnant et impressionnant pour se laisser écouter, et satisfera les amateurs en manque de metal grandiose et puissant.


Partie métal
4/5
 
Partie symphonique
4/5

Bien qu’assez classiques, les compositions et les riffs sont défoulants et réussis. Les guitares, la basse et la batterie sont bien mis en avant et le son aura de quoi faire trembler vos enceintes !

 

L’ensemble est inégal, et c’est bien dommage. Toutefois, en dehors de certains sons de synthés irritants, le travail sur les orchestrations est convaincant, et les samples sont plutôt majestueux. A cela viennent s’ajouter de très beaux passages d’instruments à corde qui donnent une vraie sincérité à l’opus.

     
Chant/choeurs
3/5
 
Harmonie d'ensemble
4/5

Les chœurs sont excellents, donnant puissance aux morceaux énergiques et émotion aux passages calmes. La voix de Telya est très agréable, même si son approche du chant pourra rebuter certains. L’ensemble est un peu terni cependant par les chants masculins.

 

La production de l’album est remarquable. Tous les éléments sont mis en valeur, et sont très clairement audibles, ce qui n’était pas un pari facile pour un groupe mêlant autant d’instruments à la fois. Les morceaux s’enchainent assez bien, et si certains passages déçoivent un peu, l’ensemble mérite largement les louanges.



Conclusion

Le premier album des français de Whyzdom est donc globalement une réussite. Seuls certains éléments sont discutables, comme les grunts, la voix parfois un peu poussée de Telya ou certains sons de synthés. On pourra en tout cas retenir « From The Brink of Infinity » comme une production d’un très bon niveau, et le groupe n’aura pas à rougir au regard de la scène musicale internationale. La tournée à venir sera une bonne occasion de vivre les morceaux en live, en attendant la suite… Avec impatience ! ● Galathrandir

April Rain chronique