
01. Ad Infinitum 01:30
02. From Chaos to Eternity 05:45
03. Tempesta Di Fuoco 04:48
04. Ghosts of Forgotten Worlds 05:35
05. Anima Perduta 04:46
06. Aeons of Raging Darkness 05:46
07. I Belong to the Stars 04:55
08. Tornado 04:57
09. Heroes of the Waterfalls' Kingdom 19:32
Si l’on peut dire une chose au sujet de la bande à Fabio Lione, c’est qu’elle ne traîne pas en besogne ! Moins d’un an après l’EP conceptuel « The Cold Embrace of Fear », les Italiens sont déjà de retour avec cette fois-ci un remède aux oreilles de ceux qui avaient apprécié et soupiraient après l’épique, le glorieux, le grandiose « The Frozen Tears of Angels ». Trêve d’adjectifs mélioratifs, passons à l’analyse de ce nouveau chapitre homérique, qui souligne également la fin des sagas épico-fantastiques (The Emerald Sword et The Dark Secret) qui se seront étalées sur près de 15 années de la discographie de Rhapsody (of Fire).
Si « The Cold Embrace of Fear » en a dérouté plus d’un, il y a en revanche de fortes chances pour que ses détracteurs soient davantage séduit par ce « From Chaos to Eternity », plus proche du Rhapsody des origines.
Le groupe, bien décidé à clore la saga The Dark Secret en beauté fait démarrer l’album sur les chapeaux de roues ; après une brève introduction instrumentale -Ad Infinitum- agrémentée de la voix d’un narrateur bien connu des aficionados du groupe (Christopher Lee, le retour), le groupe embraye directement avec son premier « hit », le morceau éponyme, From Chaos to Eternity. D’emblée, Luca Turilli, secondé par une nouvelle seconde guitare, Tom Hess, et Patrice Guers à la basse, nous sert ses habituelles prouesses saturées ; on reste là dans du Rhapsody classique et l’album est cette fois-ci vraiment centré sur le côté power épique que l’on retrouve dans les hymnes habituels du groupe. Coté instrumental, la formation a déjà donné sur le précédent opus ; elle s’attarde donc davantage sur son aspect power/speed, avec une touche d’ambiance (restons conforme à cette étiquette qu’est le Hollywood metal !).
Petit bémol de l’album : Rhapsody, à vouloir nous proposer une fin épique au possible, fait transparaitre l’aspect « Symphony of Enchanted Lands » sur la majorité des compositions de l’opus ; de ce fait, quelques titres seulement sortent du lot et se distinguent. C’est le cas de Tempesta Di Fuoco, chanté dans la langue d’origine du groupe, et jouant beaucoup sur les breaks et changement de tempos, se voulant speed au possible, ménageant de brèves plages acoustiques, avant de lorgner du côté d’un mid-tempo l’instant d’après. Et ce, toujours avec la recette gagnante de Rhapsody, le refrain épico-guerrier à souhait. Mais cette distinction est également valable pour le marginal I Belong To The Stars. Le titre ne transgresse pas les critères Rhapsody, c’est certain. Pourtant, ces claviers façons grand Nightwish, ses chœurs aux intonations ecclésiastiques, très différents de ceux que l’on retrouve sur tout le reste de l’opus... Rien à faire, la composition contient un petit plus qui la démarque des autres, à l’image de Ghosts Of Forgotten Worlds. Des guitares et un jeu d’ambiance un peu plus sombres se font d’ailleurs entendre sur ce dernier, avec peut-être une touche de progressif, rapidement secondé par les chœurs, au premier rang pour appuyer le chant – aigu - du frontman. Le plus appréciable sur cette piste restera sans doute la perpétuelle confrontation entre les guitares aux tonalités tantôt acoustiques, tantôt progressives, tantôt « death ».
La douceur dans ce monde de speed est apportée par la « ballade » Anima Perduta, au tempo forcément plus calme, mais sans que la composition dénigre pour autant la ligne directrice de l’album ; le couplet est certes peu appuyé (une flûte, un léger jeu d’ambiance et quelques lignes façon clavecin pour accompagner Fabio Lione), mais le refrain est accompagné par les inévitables chœurs, la présence discrète d’un ténor, et un apport symphonique plus conséquent. Cette « ballade » reste donc parfaitement dans le ton de l’album.
Mais peut-être ce calme apparent est-il là pour mieux trancher avec le titre suivant, le plus énervé de cet album, avec cette voix agressive, à la limite du grunt death, ses blasts endiablés et le pattern enjoué (aux rapides accents folk) du clavier. Vous l’avez peut-être deviné, il s’agit d’Aeons Of Raging Darkness, le single que le groupe avait révélé pour présenter « From Chaos to Eternity ».
Les chœurs sont par ailleurs une merveille sur « From Chaos to Eternity », un aspect (avec le chant) extrêmement travaillé et ouvragé. On observe cette alternance de voix et de registres sur un titre comme Tornado, qui s’entête à vouloir nous le confirmer ; on mélange les différents types de voix, passant de la soprano au grunt death/folk... Etonnamment, sur cette piste, c’est le refrain qui faiblit légèrement face aux couplets, rendus très dynamiques avec toutes ces interactions, et un final qui laisse la place à des violons vivaces et aux chœurs, superbes une fois encore.
Petite précision sur l’aspect instrumental. Si les nappes orchestrales et le clavier d’Alex Staropoli sont toujours sur le qui-vive et appuient fortement l’aspect épique des compositions, la partie symphonique reste un peu plus en retrait sur cet opus ; cela laisse davantage d’espace d’expression aux saturations (notamment au nouveau recruté, Tom Hess).
Le dernier morceau va toutefois faire exception à la règle. Masterpiece en vue, voici Heroes of the Waterfalls' Kingdom qui va s’amuser à mélanger tous les registres made in Rhapsody pendant une vingtaine de minutes : les premiers opus du groupe avec la partie instrumentale qui verse brièvement dans le médiéval, en passant par le récent « The Frozen Tears of Angels » avec les jeux d’ambiances, le côté B.O et la séparation du morceau en 5 actes. Tous les ingrédients sont réunis en une vaste épopée qui donne lieu à un final mémorable.
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Le mélange des tonalités et la technicité de la partie metal : ce sont là les deux éléments qui façonnent une partie metal de haute qualité, dont on ne se lasse pas, à part peut-être ceux pour qui les ritournelles de Rhapsody n’ont plus de secrets... |
Un peu de brouillage aux milieux des cordes et claviers, mais l’aspect épique sur lequel joue Rhapsody, à grand renfort de cuivres et de nappes, donne toujours du souffle à l’ensemble des compositions. On regrettera également l’absence d’un véritable orchestre... |
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Canons, chœurs, superpositions... Quel éclat ! |
« From Chaos to Eternity » est un condensé d’énergie, de puissance et d’émotion, un véritable travail d’orfèvre, indépendamment du fait que Rhapsody of Fire semble remâcher ses recettes à succès. |
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La parution aussi rapide d’un nouvel opus pouvait faire peur aux fans : la qualité allait-elle être au rendez-vous ? La réponse est indéniablement « oui ». Des regrets à avoir ? Peut-être le peu de titres proposés pour cet album à la place déterminante dans la discographie de Rhapsody, ou encore (et surtout) la manie que le groupe a de recycler la machine à tubes, puisque l’ensemble des compositions garde la même forme, au grand dam de l’Originalité ! Cet opus restera tout de même une belle réussite. Un travail vite fait, mais bien fait.