
1. Transmission from Hell 02:05
2. Thank Your Lucky Scars 04:52
3. Forgive Me Father (I Have Sinned) - Elder version 04:21
4. Lilith Immaculate (Extended Length) 08:11
5. The Persecution Song - Elder version 05:43
6. Forgive Me Father (I'm in a Trance) 06:27
7. The Spawn of Love And War - Elder version 06:23
8. Summer Dying Fast ("Midnight in The Labyrinth" breadcrumb trail) 05:22
Un an après la sortie d’un appréciable « Darkly Darkly Venus Aversa » qui renouait avec le symphonique des anciens temps, Cradle of Filth sort un EP qui, comme souvent (celui de Visions of Atlantis en témoigne), présentent pour l’auditeur lambda un intérêt limité s’il n’est pas fan du groupe en question, et pour le chroniqueur les mêmes contraintes qu’une année bissextile : un jour de plus tous les quatre ans, et le plus souvent un jour de travail en plus. Disons que cette année, ça sera tombé en novembre. Bref, vous l’aurez compris, je ne vais pas m’attarder sur un produit artistiquement indigent et qui n’existe que pour satisfaire la consommation de l’amateur invétéré de Cradle. Le groupe pousse même le vice puisque pour noyer le poisson, il offre à l’indulgent acheteur, en plus du CD contenant une intro bavarde, un morceau inédit, cinq reprises de « DDVA », et une version orchestrale de Summer Dyning Fast (déjà présent sur l’EP de 2001, « Bitter Suites to Succubi »), un DVD (que votre serviteur, pour son grand malheur n’a pas) contenant un documentaire, un clip et pas loin de 11 titres interprétés lors du dernier Graspop. Bref, du supplément superfétatoire pour fan hardcore.
Aussi, ne pouvant être trompés par tant de bonus offerts pour endormir notre conscience, concentrons-nous sur les huit titres du seul CD.
Passé l’intro Transmission from Hell, qui donne l’impression de replonger avec ses effets d’électricité dans une ancienne version de Frankenstein, on enchaine sans transition aucune, sur l’unique piste originale de l’EP (je veux dire : qui ne soit pas déjà connue d’ailleurs): Thank Your Lucky Scars. Avec un titre aussi popeux, on craint le pire. Or on a le droit à un morceau de black cradellique intéressant, avec du blast, du hurlement, une gratte claire désormais familière chez Cradle, laquelle ne s’épargne pas quelques soli, des tempi variés, bref un morceau pas dégueulasse mais qui est bien vite oublié.
S’ouvre ensuite la partie des reprises. Nous en avons deux du single de « DDVA », Forgive Me Father (I Have Sinned). La première (« elder version »), donne l’impression d’un enregistrement black des années 1990 : production crade, on n’entend pas grand-chose, le morceau se reconnait mais a été mixé de sorte à mettre en valeur ses aspérités. De manière générale, les « elder version » (c’est le cas pour The Persecution Song et The Spawn of Love and War) donnent l’impression d’avoir été enregistrée près d’un lavomatic ou d’une machine à café (noir, il va sans dire) : la batterie (ou la guitare, on ne sait plus trop) fait un bruit de mixeur, ce qui rend pénible l’écoute du morceau mais souligne paradoxalement la clarté des orchestrations (j’y reviendrai).
La seconde version de Forgive Me Father (I’m in a trance), est pour le moins… déconcertante. Changement radical d’ambiance, puisque nous avons là un remix effectivement « trance », plus goth que black, avec un beat entêtant, des nappes planantes et un chant ralenti. Le morceau se permet quelques variations, comme des petits breaks instrumentaux et des orchestrations synthétiques atténuées. Il fallait le faire. Je retiendrai personnellement la voix de Caroline Campbell, qui semble on ne peut plus prédisposée au péché sur cette version. Mais, comme toute version remixée, ça traine en longueur, et l’ennui finit par pointer.
La version « extended » de Lilith Immaculate donne encore le sentiment d’une production brouillonne et confuse, d’autant plus qu’il tend à lasser par sa longueur. Heureusement, le refrain fait toujours son effet. La deuxième partie du morceau, après un break instrumental, développe une dimension cinématographique admirable. Ce morceau illustre toutefois un point positif de l’EP, senti sur les autres pistes et confirmé par la très belle reprise instrumentale de Summer Dying Fast : à savoir la qualité des orchestrations de l’EP (du moins de leur rendu sonore). Mais si ces orchestrations sont plutôt bien mises en valeur, se révélant tour à tour épiques et tragiques, elles donnent souvent, dans ce contexte d’EP, l’impression d’un gadget, alors qu’intégrées à l’album elles lui conféraient une véritable épaisseur.
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J’aurais pu mettre 3 mais sachant que presque tout ici est tiré de l’album précédent et qu’il n’y a ni recherche ni innovation, je me contenterai d’une note sanction, qui néanmoins ne prend pas en compte les qualités de cette partie relativement bien maitrisée. La faute aux « elder version » qui nuisent beaucoup à l’appréciation des instruments. |
Si on ne perd rien par rapport aux versions d’origine, on gagne au final peu. Cela reste toutefois une des qualités de cet EP. |
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On appréciera cette partie selon qu’on est fan ou non des hurlements de Dani. Je préfère pour ma part la voix suave de la claviériste. |
En remplaçant « harmonie » par « intérêt », on comprendrait cette note sévère, et on la trouverait plus juste. Comment parler d’harmonie quand cet élément n’entre en rien dans l’association de variations de morceaux d’un album antérieur avec des pistes supplémentaires ? |
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Non seulement cette « Evermore Darkly » est bancal, mais en plus il est long. Les pistes s’étirent, et si l’on est plus ou moins content de réécouter les morceaux les plus emblématiques de « DDVA », on regrette que de bonnes idées aient été abandonnées pour être servies en « bonus » sur cet EP. Certaines audaces surprendront. Pour autant on n’en éprouvera pas moins une réelle irritation à l’égard de ce qui n’est qu’un produit marketing décrédibilisant complètement les efforts de musiciens ayant par ailleurs prouvé qu’ils savaient faire de bons albums.