
Tracklist
01. For the Few 04:51
02. Possession 04:46
03. The Awakening Chapter III - Regret 05:12
04. The Awakening Chapter IV - Torment 04:34
05. The Awakening Chapter V - Descension 03:55
06. Trapped 04:42
07. Lies 03:22
08. Suffer in Silence 04:48
09. What We Leave Behind 03:12
10. Eyes of a Child 04:37
11. Stone Cold 05:07
12. The Secret Room 05:23
Winter In Eden... Oh, le bel oxymore. Oui, mais voilà, il s’agit maintenant pour nous de déterminer si la musique des métalleux joue autant sur les contrastes que le laisse supposer le nom de leur combo. Eh oui, car Winter In Eden souhaite – d’après ses propres dires – exprimer à travers sa musique une diversité similaire à celle de son appellation. Alors, pari tenu ?
Bien... Autant être franc. Plus ou moins fraîchement débarqué du Royaume-Uni (en 2007, précisément), Winter In Eden n’est pas encore le diamant qui se dégagera des cohortes de formations de metal gothique à tendance symphonique – grouillantes, en ce moment. En revanche, rappelons-nous que dès 2009 (avec l’EP « At the Edge of the World», suivi par « Awakening » un an plus tard), la barre qualitative du groupe avait été relativement bien placée, pour une formation alors totalement indépendante !
Mais Winter In Eden nous revient aujourd’hui sous de nouveaux auspices – le combo est désormais labellisé – et, surtout, avec un nouvel opus, « Echoes of Betrayal ».
Au classicisme un peu décevant du disque « Awakening » succède donc des compositions toujours très calibrées, sans surprise et soumises à une production peut-être un peu trop léchée. Les saturations sont effacées, et aucun blast, même timide, ne viendra jamais pointer le bout de son nez. Le tout est poli, ultra-carré. De ce fait, le metal se placerait presque en filigrane, comme une nappe sonore d’arrière-fond, et c’est bien dommage, surtout lorsqu’on entend les intonations mélancoliques de Suffer in Silence, ou la basse de What We Leave Behind.
Bien sûr, cette première fausse note n’empêche pas de remarquer que le travail symphonique du groupe s’est lui précisé et affiné. A titre d’exemple, le titre For the Few apporte un petit cachet d’authenticité avec son pattern entêtant au violon, comme si Winter In Eden s’était égaré du côté de Lyriel le temps d’une chanson. Et c’est loin d’être l’exemple le plus probant, puisque disséminés tout au long de l’album, plusieurs passages viendront confirmer cette évolution en lorgnant carrément vers un metal épique.
Malgré tout, les essais hésitants – mais à saluer – de l’opus « Echoes of Betrayal » en matière d’orchestration se brisent souvent contre les écueils de prudence du groupe, bien retranché derrière ses schémas de sureté.
Car la question de son polissage – au détriment des instrumentaux – ayant déjà été abordée, venons-en à sa deuxième Némésis. Sa rythmique. Parfois appauvrie parce que trop conventionnelle, cette dernière se concentre souvent en une succession de mid-tempi (malgré les sursauts de The Awakening : Chapter IV - Torment), et « Echoes of Betrayal » s’écoute avec intérêt, mais trop rapidement. On y décèle quelques perles (Lies, sans doute le titre le plus affirmé de l’album, qui garde quelques aspérités), et on surprend parfois des éclairs d’orchestrations échappés d’un Nightwish dans toute sa grandiloquence avec la diversité que cela suppose (cuivres, idiophones divers), bien qu’ils disparaissent malheureusement aussi vite qu’ils sont arrivés. On n’a qu’une seule envie, que ça s’élance enfin ! On exhorte Vicky Johnson !
Oui, mais... non. Vicky Johnson ? La chanteuse ! Sa voix est loin d’être désagréable, et je m’en explique de ce pas. Vicky Johnson n’appartient pas au camp des sopranos, et ne le prétend pas. Par conséquent, elle ne s’égosillera donc pas dans l’espoir de placer coûte que coûte des aigus crissants, comme tentent de le faire pas mal de ses consœurs. Non, au contraire, même si elle possède une voix pleine – et somme toute assez dans la moyenne –, Vicky Johnson plaque consciencieusement sur les compositions un beau timbre grave à la Ji-In Cho (Krypteria). Néanmoins, les inflexions du chant sont parfois plates et si ce dernier est loin d’être exécrable, il n’est pas non plus l’élément le plus convaincant de l’album.
Pour en revenir à la généralité d’« Echoes of Betrayal », il faut bien admettre que la dizaine de titres laisse perplexe. Pourquoi, alors que les instrumentaux semblent si prometteurs, ces derniers s’effacent-ils brusquement derrière des structures dénuées de toute audace ? Le disque (pas prise de tête, diraient certains) reste au demeurant sympathique à écouter mais... il frustre l’oreille. Les saturations réfrénées, les structures musicales prévisibles réussiraient presque à ruiner l’inspiration perceptible des instrumentaux. Et avec l’overdose de groupes que connaît actuellement le genre, seules les formations qui savent développer une griffe particulière sont assurées de rester dans les mémoires. Alors, pourquoi Winter In Eden n’aurait-il pas la capacité de faire de même ?
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Une désagréable impression de gommage dépersonnalise parfois les riffs... Dommage. |
De belles mais brèves orchestrations... Vraiment trop brèves ! Qui plus est, couplées à une rythmique plus dynamique, leur éclat n’en aurait été que plus vif ! |
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Correct. Des chœurs presque invisibles en guise de faux décor, mais pas déplaisants. |
Tout tient parfaitement la route ! Jamais un « mot » plus haut que l’autre. Verso de la médaille : une bonne production n’est pas synonyme de calibrage automatique... Surtout dans le metal. |
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Désastre total ? Non, pas du tout... Juste l’espoir que le prochain Winter In Eden tienne compte des promesses amorcées dans cet opus ! Allez, petit scarabée, il est temps de prendre ton envol.