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Stream of Passion - "Darker Days"


Stream of Passion - Darker Days

Date de sortie : 22 juin 2011

Stream of Passion-DarkerDays

Tracklist

01. Lost (5:28)
02. Reborn (3:38)
03. Collide (5:22)
04. The Scarlet Mark (3:42)
05. Spark (2:37)
06. Our Cause (4:44)
07. Darker Days (4:30)
08. Broken (4:46)
09. This Moment (3:55)
10. Closer (4:38)
11. The Mirror (3:33)
12. Nadie Lo Ve (3:05)
13. The World Is Ours (3:48)

Fondé à l'origine par le prolifique Arjen Anthony Lucassen, tête pensante des divers Ayreon, Star One, Guilt Machine et autres, le projet gothique/symphonique Stream Of Passion nous offre cette année sa troisième galette, « Darker Days », aux couleurs plus noires et plus complexes, du moins en apparence. Le Danois aura influencé le groupe le temps d'un unique premier album studio, « Embrace The Storm » (2005), et d'un disque live, « Live In The Real World », enregistré avec Ayreon en 2006. Un an plus tard, il quitte comme convenu le navire tandis que de leur côté, les autres membres s'activent et accouchent en 2009 du lumineux « The Flame Within ». Plus coloré et plus abordable, cet opus promettait une belle reconnaissance au groupe. Mais l'arrivée de « Darker Days » remet en question un grand nombre de points car ici, Stream Of Passion se perd dans des contrées musicales aux contours brouillés et livre une œuvre où énergie, mélodie, harmonie et intérêt font défaut. Ça fait un peu beaucoup, tout de même...

            Sans jamais avoir été très marquantes, les compositions de Stream Of Passion dégageaient cependant une fragilité, une fraîcheur et une naïveté touchantes, qui ne transparaissent quasiment plus dans « Darker Days ». On sent de la part du groupe une volonté honorable de complexifier les morceaux et de les enrichir mais il accumule les fautes de goût. Une trop grande partie des chansons sont régies par des mélodies pas toujours évidentes et parfois désagréables à l'oreille. Les orchestrations de The Scarlet Mark, The Mirror et This Moment manquent cruellement d'éclat : elles oppressent l'auditeur plus qu'elles ne l'envoûtent. A leur écoute, on pense à ReVamp et à son manque de finesse dans les mélodies, ainsi qu'à The Gathering version bas de gamme, où les parties atmosphériques virent à l'ennui. Quant aux touches progressives, elles nous rappellent inévitablement Edenbridge et son goût immodéré pour les compositions alambiquées et souvent disgracieuses, en particulier par le passé.

            De par son absence de musicalité, cet album est marqué par un manque d'harmonie certain. « Darker Days » annonçait clairement des jours plus sombres : nous ne sommes donc pas surpris par la tournure plus heavy de certains morceaux. En revanche, la cohabitation de genres opposés au sein d'un même morceau est, quant à elle, bien plus problématique. L'introduction et les parties instrumentales de Collide, très énervées, font tache avec la douceur des couplets et la beauté du refrain. Les deux ambiances s'entremêlent avec difficulté et font barrage à toute harmonie. La recette était bien plus convaincante sur le sulfureux Games We Play de « The Flame Within », car le mélange était alors plus homogène. Les deux premiers morceaux de l'album laissaient pourtant présager le meilleur de « Darker Days » : le surpuissant Lost est un délice de symphonie électrique, dont la beauté est décuplée par le violon et le bandonéon, et Reborn, doté d'un superbe refrain, dégage un charme fou auquel la voix de Marcela Bovio n'est pas étranger.

            Car si la magie opère quelquefois, il faut quasiment lui en attribuer tout le mérite. Sa voix claire et paisible se pose avec douceur sur la majorité des morceaux, notamment sur les deux courtes ballades très épurées, Spark et Nadio Lo Ve. Cette dernière est d'ailleurs la plus touchante, car le piano se mêle avec grâce à la voix cristalline de la Mexicaine, tandis que la première pêche par sa mélodie bancale et franchement angoissante. On retiendra donc avant tout la ballade Broken et ses riffs de guitare acérés, qui démontre toute la puissance vocale de la demoiselle, dont le timbre rappelle un peu celui d'Anneke van Giersbergen (ex-The Gathering, Agua De Annique). Marcela nous enchante même d'un chant en espagnol, sa langue natale, qu'elle parsème sur de nombreux titres : une touche exotique bienvenue, qui ne parvient malheureusement pas à faire obstacle à la platitude et à la redondance des morceaux restants.

            Le même schéma de composition est répété tout au long des insipides Our Cause, Darker Days, The World Is Ours et compagnie. Le disque s'essouffle terriblement vite. On a peine à différencier les morceaux : tous se ressemblent et aucun ne ressort réellement. C'est d'autant plus dommage car la production est irréprochable et les musiciens sont tous très doués, mais pas assez inspirés pour nous séduire. Il aurait été judicieux d'accorder une place primordiale au violon et au bandonéon, qui ne résonnent que trop rarement, ainsi que de retravailler les morceaux à la racine, de les ouvrir à d'autres horizons. Après deux ans d'attente, on était en droit d'attendre quelques prises de risques...


Note Metal   Note Symphonique

 

Probablement le disque le plus noir du groupe à ce jour, « Darker Days » n'offre cependant rien de transcendant. La guitare électrique est mise en avant (Collide, Darker Days) sans jamais briller : il n'y a pas un seul break mémorable.

     

Les orchestrations, en tant que telles réussies, ne sont en revanche pas valorisées par les mélodies singulières qui les accompagnent. Le violon et le bandonéon sont quant à eux trop dans l'ombre pour marquer les esprits.

 
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Note  Voix / Choeurs   Note Harmonie d'ensemble
 

Le disque est uniquement porté par la voix de Marcela Bovio, dont la voix tour à tour très douce et puissante ensorcelle l'auditeur. C'est l'atout majeur du disque. Le chant est juste, pur et très agréable à l'écoute (Broken).

     

Les compositions, majoritairement fadasses, ne sont pas harmonieuses. « Darker Days » tourne en rond et épuise l'auditeur avec des morceaux plats à la musicalité incertaine, où les diverses ambiances cohabitent mal ensemble.

 
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Stream Of Passion est un de ces petits groupes de la scène metal symphonique qui, à l'instar de Xandria, Visions Of Atlantis, Niobeth, Forever Slave et beaucoup d'autres, a peu de chance de s'affirmer un jour. Si « Embrace The Storm » était un premier pas réussi, il était trop impersonnel : on aurait juré entendre un clone d'Ayreon avec Marcela à la barre. « The Flame Within », de son côté, prenait une direction plus mélancolique, mais sa créativité restait très limitée. Alors que dire de ce « Darker Days », si ce n'est qu'il combine les mêmes défauts et en ajoute de nouveaux. Mais une chose reste sûre : lors d'un concert, Stream Of Passion ferait une première partie tout à fait honorable car il piocherait les meilleurs morceaux de ses trois albums. Mais en tant que tête d'affiche, c'est une autre affaire... La salle de concert ressemblerait alors étrangement à un dortoir....



Chronique réalisée par Sylwish.