
01. Overture
02. Act I: Intro
03. Act I: King of the Franks
04. Act II: Intro
05. Act II: The Iron Crown of Lombardy
06. Act III: Intro
07. Act III: The Bloody Verdict of Verden
08. Act IV: Intro
09. Act IV: The Age of Oneness Out of Diversity
10. Act V: Intro
11. Act V: Starlight
12. Finale
13. Iberia
14. The Bloody Verdict of Verden (Instrumental)
Si j’évoque le nom de Christopher Lee, il y a de fortes chances pour que le personnage apparaisse dans votre esprit sous la forme des canines de Dracula ou de la robe blanche de Saroumane plutôt que sous son tout nouveau costume musical, largement inspiré de... Charlemagne. Pourtant, c’est sous cet habit que ce célèbre monsieur fait son entrée dans le monde du metal symphonique ; et une entrée en grande pompe -avec orchestre- et accompagné par Marco Sabiu (Kylie Minogue, Take That, Pavarotti, entre autres). Tadadaaaam ! On croirait presque entendre les cuivres surfaits qui accompagnent les scènes filmées de batailles épiques, et, à première vue, on pourrait effectivement le penser, Sir Lee ayant décidé de retracer la vie du célèbre empereur Charlemagne.
Cela ne sera pas le cas.
On aurait pu craindre, avec un tel déploiement de moyens, que l’aspect « épique » qui résulterait de cet album tende dangereusement vers le kitch gratuit (se reporter aux premiers clips de Rhapsody pour plus de détails). Bien au contraire, l’opus va dans le sens inverse et reste extrêmement décevant tout le long, notamment (et c’est bien là le comble !) au niveau orchestral. Décortiquons cela en détails.
Au niveau symphonique, l’auditeur se noie dans un mélange sirupeux, déstructuré ; alors que les instruments représentent la plus grande part de l’album, voire sa totalité, on est un peu dérouté par leur manque d’expression, et continuellement en train d’espérer l’apothéose et la révélation du potentiel du disque à la piste suivante. Mais cela n’arrivera pas ; les cuivres tentent tant bien que mal de sauver l’ensemble du naufrage, mais les mélodies finissent toujours pas s’éteindre dans une espèce d’embrouillamini, en plein milieu des compositions, afin de laisser les pleins pouvoirs... aux voix (!), qui, tout en oscillant perpétuellement entre chant et narration (certaines pistes penchant un peu trop souvent vers cette dernière), n’ont par conséquent aucune difficulté à se faire entendre au milieu de l’orchestre. C’est plutôt l’effet inverse qui se produit ! Mais n’y voyez pas là un problème de production ; en vérité, la musique se fait quasiment inexistante lors de certaines partie narrées, et est carrément reléguée en fond sonore.
Christopher Lee se retrouve par voie de fait seul à la gouvernance du navire ; et loin de dénigrer son talent de narrateur, ce dernier semble donc constamment s’y rapporter. Le chant dans tout ça ? Comme dit précédemment, quelques invités s’y essayent, et des chœurs appauvris font un passage éclair, pour finalement donner l’impression d’écouter un interminable interlude de Rhapsody of Fire.
Mais revenons un peu sur la classification de « Charlemagne : By The Sword and The Cross » donne dans le genre « metal symphonique », grâce à l’orchestre, sans doute, mais on prône ici un côté metal inexistant, que l’on jugerait tout droit sorti d’une banque son. La mise en retrait des guitares est telle que l’on peine à entendre les riffs, voire à les distinguer, si bien que l’on se dit qu’une telle occultation des saturations était l’effet réellement désiré par la production. Le tout sonne donc davantage comédie musicale (qui est réellement en cours de réalisation !) que metal symphonique, donc. En revanche l’inspiration classique est indéniable, même s’il reste toujours le problème de sa mise à l’écart vis-à-vis des conteurs (qui interprètent quelques personnages d’époque, à savoir Pépin le Bref, Hildegarde, la seconde femme de Charlemagne, et le Pape Adrien) à la manière d’un dialogue d’une scène filmée qui se doit de ne pas être noyée par la musique à l’arrière.
Ainsi, malgré les moyens déployés, l’ensemble reste beaucoup trop pauvre et ressemble davantage à une bande originale de film aux accents épico-historiques à laquelle il manquerait des thèmes principaux, qu’à un véritable album de musique « classique », dirons-nous, et encore moins étiqueté métal.
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Un point qui n’est nullement mérité, mais dédié aux guitaristes qui ont tant bien que mal tenté de placer quelques accords au milieu de cette nappe orchestrale. |
C’est évidemment l’aspect le plus développé (et majoritaire) de cet opus. Mais la présence de l’orchestre n’enlève rien au manque d’inspiration des compositions qui se réduisent carrément à des notes d’arrière fond lors de certaines narrations. |
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Même si le chant laisse à désirer, le concept mettant en scène plusieurs personnages permet toutefois aux différent intervenants de se donner la réplique afin d’établir une sorte de dynamique sur cet opus davantage narré que chanté. |
Concept album oblige, l’auditeur appréhende l’œuvre dans son ensemble, tout comme le suggère l’organisation des titres, un enchaînement d’introductions et une suite d’actes ; l’album s’écoute sans discontinuité. |
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Le pari de Christopher Lee d’arriver à étaler la vie de Charlemagne sur un album de metal symphonique est tenu... mais non réussi. Sans doute est-ce la classification de l’opus qui dérange, puisqu’il est dès lors soumis aux critères que l’on attribue au metal (alors que l’absence de guitares affirme le contraire). « Charlemagne : By The Sword And The Cross » est à considéré davantage comme une œuvre orchestrale, voire tout simplement comme un concept album, sans étiquette possible, ce qui laisse alors à l’auditeur la possibilité d’établir son jugement sans forcément y attribuer les caractéristiques d’un genre quelconque.