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chronique - "April Rain"


         
Perturbatio cover
 

Adrana
Delain
   Pays-Bas
 Date : 2005

Date de sortie
30 mars 2009

  1. April Rain
2. Stay Forever
3. Invidia
4. Control the Storm
5. On the Other Side
6. Virtue and Vice
7. Go Away
8. Start Swimming
9. Lost
10. I'll Reach You
11. Nothing Left
 


Chronique

"April Rain" est sans doute un des albums les plus attendus de l'année, pour plusieurs raisons. D'abord, il faut dire que le groupe lui-même a été formé d'abord comme un projet de l'ex-claviériste de Within Temptation Martijn Westerholt, et ne devait voir le jour que pour un unique album. Plusieurs dizaines de concerts plus tard, voici contre toute attente le second opus, "April Rain" ! Compte tenu de la récente popularité du groupe et des moyens que leur label Roadrunner Records a mis en œuvre, le public et les fans attendent de pied ferme l'album, pour voir si en fin de compte, Delain version 2009, c'est mieux que l'ère "Lucidity", un peu similaire, ou moins intéressant...

Et alors ? La première chose que je peux vous dire, c'est que l'album est effectivement intéressant, bien que sans grande surprise, et que si vous avez écouté le single April Rain, qui est aussi la première piste de l'album, vous aurez une assez bonne idée de l'opus dans son ensemble. Il est certain que depuis "Lucidity", beaucoup de choses ont changé. Le son tout d'abord, beaucoup plus travaillé, assez harmonieux entre guitares/batteries et synthés. Ces derniers sont d'ailleurs plus en retrait que sur le premier opus du groupe, restant souvent des (grosses) nappes de fond, créant une atmosphère plutôt proche de l'orchestre que des simples synthés. A cela se rajoute une évolution claire de la voix de Charlotte, qui sans être exceptionnelle est très agréable à l'écoute, variée et plutôt bien gérée.

Au niveau de la composition, les morceaux sont plutôt axés metal, avec des sons plutôt lourds, et des parties claviers grandioses, tout l'album jouant des différentes intensités metal pur / piano et orchestres seuls / mélange des deux. On pourrait finalement rapprocher ce type de son du dernier Within Temptation, orchestre en moins. Du coup, tout l'album s'écoute très bien, les morceaux sont péchus, et parfois plus lents. Il est clair que le groupe a prévu ses morceaux pour le live, et nul doute que beaucoup de têtes devraient remuer à l'écoute par exemple de Virtue and Vice ou Go Away !

Au final, le principal souci du CD, c'est quand on commence à avoir l'impression que les morceaux se suivent, et se ressemblent peut-être un peu trop. La faute d'abord à la structure des morceaux, franchement répétitive : mini-intro, couplet, refrain, couplet, refrain, solo ou orchestral, refrain. Ensuite, les airs sont sympathiques, mais la surcharge lors des refrains (guitares, voix doublée, chœurs, plusieurs synthés...) face au calme des couplets tend à lasser au bout d'un moment. Le côté un peu cliché de ce genre de musique, avec soit des morceaux metal plutôt rapides, soit des ballades plutôt tristes, est également un peu décevant. D'un autre côté, la force de Delain ne se situe pas forcément au niveau de l'originalité totale de sa musique.

J'insiste et j'exagère le trait, puisqu'il y a quand même çà et là des pointes d'originalités, notamment la présence d'une violoncelliste sur l'album, Maria Ahn, qui apporte une touche de sincérité bienvenue par rapport aux claviers. De plus, on peut entendre la voix de Marco Hietala, bassiste et chanteur de Nightwish, qui est franchement jouissive. Ses lignes de chants changent de son groupe finlandais, et risque vraiment de faire craquer les filles (si ce n'est pas déjà fait) ! Mais la liste des guests s'arrête là, pas de Sharon den Adel ou autres Liv Kristine.

Car on comprend que Delain, pour son premier vrai album en tant que groupe, veut imposer son univers et la voix de Charlotte. Néanmoins, elle manque peut-être d'un peu d'originalité, en dehors de tout débat technique, son timbre n'étant pas aussi mémorable que pourrait l'être celui de tous les chanteurs cités précédemment. Son chant rappelle bien souvent d'autres chanteuses, comme par exemple Andrea des Corrs. En tout cas, elle se situe dans une veine plutôt pop-rock, comme la majorité des groupes de metal sympho à l'heure actuelle, et il faut dire qu'elle se débrouille bien, et qu'on ne pourra pas lui reprocher la grande variété ou la grande maitrise de sa voix ! Pour finir, on peut préciser que le guitariste du groupe, Ronald, pose lui aussi sa voix, en chant clair et en grunts, présence pas indispensable mais bienvenue.

Du coup, il y a vraiment de bonnes choses dans cet album, si on est à la recherche d'un bon album travaillé qui sait être tour à tour envoûtant, puissant ou plus nostalgique, mais il ne faudra pas non plus attendre un album unique en son genre, qui va révolutionner le style.


Partie métal
3/5
 
Partie symphonique
4/5

Les structures sont simples et un peu usées, le tout pèche par la technique, mais en même temps ce n'est vraiment pas le but d'un groupe comme Delain. De plus, certains passages plutôt heavy pourront quand même surprendre.

 

Pas de surprise, un groupe de metal symphonique dont le compositeur principal est un claviériste est forcément un bon point pour la partie orchestrale. Les ambiances de synthés sont imposantes, donnent vraiment toute la saveur à l'opus. De plus, la présence du violon augmente la valeur du côté orchestral. Dommage qu'en fin de compte on n'aie pas un véritable orchestre symphonique.

     
Chant/choeurs
4/5
 
Harmonie d'ensemble
4/5

La voix de Charlotte passe très bien, et reste sans faille, malgré un manque d'originalité qui fait qu'on a du mal à la retenir. Très bon travail néanmoins, et les voix du guitariste du groupe et surtout de Marco Hietala ne font qu'augmenter le plaisir !

 

Tout est assez bien géré, l'ensemble est très homogène et s'écoute sans souci. La balance entre metal et symphonique est très bonne et les airs sont variés. Mais l'ensemble est un peu lassant à cause de structures trop répétitives.



Conclusion

Pour terminer, on peut donc dire qu'il s'agit d'un bon album, et que Delain a su évoluer depuis "Lucidity" et plutôt dans le bon sens. Les morceaux sont taillés pour les concerts, il faudra voir quelle ampleur le groupe saura leur donner sur scène. On est donc en face d'un album de metal symphonique à écouter, peut-être pas assez diversifié et surprenant, mais prouvant la qualité et la singularité de ce combo hollandais. "April Rain" pourra sans problème bercer nos écoutes pendant les pluies du mois d'avril. ● Galathrandir

April Rain chronique