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chronique - "An Acoustic Night At The Theatre"


         
An Acoustic Night At The Theater Within Temptation cover
 

KrypteriaWithin Temptation
   Pays-Bas
 Date : 1997

Date de sortie
Octobre-novembre 2009

  01 - Towards The End
02 - Stand My Ground
03 - Caged
04 - All I Need
06 - Somewhere
07 - The Cross
08 - Pale
09 - What Have You Done
10 - Memories
11 - Forgiven
12 - Utopia


Chronique

               Du symphonique à l’acoustique, il n’y a qu’un pas à faire. Mais un grand, un très grand pas, un bond de géant. Qu’a effectué le groupe Within Temptation, en s’aventurant sur des terres qu’appréhendent souvent les groupes de métal symphonique, préférant ne pas s’y risquer.
Pourtant, ce nouveau live de Within Temptation est beaucoup plus impressionnant dans la mesure où il succède à un Black Symphony grandiose et majestueux, et qui, surtout, avait sorti l’artillerie lourde composée d’une chorale et d’un orchestre de 60 musiciens.
Avec An Acoustic Night At The Theatre, on entre dans les coulisses d’un live à l’ambiance beaucoup plus intimiste et épurée.

               Bien sûr, acoustique oblige, le groupe a supprimé toute la partie saturation, qui était de toute façon en déclin sur leurs derniers albums, ce qui commençait à les cantonner -selon certains- au domaine pop/rock-sympho.
Néanmoins, afin de conserver un certain équilibre, Within Temptation a donc aussi supprimé bon nombre d’orchestrations et de chœurs, ce qui métamorphose littéralement certains morceaux et les fait paraître extrêmement épurés (« Caged »).
Le groupe a toutefois évité de jouer les morceaux orchestraux « poids lourds » (comme « Jillian », « Mother Earth », « Our Solemn Hour »…) qui auraient été assez défigurés dans leur version acoustique en perdant énormément de consistance et d’intensité.

          On retrouve donc les principaux titres issus du répertoire « calme » de la formation et les morceaux « All I Need », « Somewhere », ou encore « Memories » s’adaptent plutôt bien à leur version acoustique, malgré un risque sous-jacent : certains de ces titres ayant été considérés comme un peu faibles sur les albums studio, ils généreront sans doute la même réaction sur An Acoustic Night At The Theatre, même s’ils ont cette fois-ci l’avantage de ne pas devoir faire face à des compos comportant de grosses orchestrations.
Le live est toutefois porteur d’une certaine prestance, puisque quelques compos ont été arrangées afin de dynamiser l’ensemble. On note ainsi une adaptation rythmique de la batterie, quoiqu’un peu banale par moments, en particulier sur « Stand my Ground » et sur les couplets plus généralement. On observe également quelques duos violon/piano, très présents et joliment exécutés, mais qui constituent un aspect à double-tranchant ; en effet, cela peut tout aussi bien conférer des touches d’authenticité supplémentaires à certains morceaux (« Towards The End », « Caged »), comme cela peut au contraire accentuer le défaut récurrent de Within Temptation, à savoir les fioritures inutiles.

               La voix de Sharon Den Adel qui joue également un rôle-clé dans l’adaptation des compositions en version acoustique. Aussi élaboré que sur le Black Symphony, son chant se module sans cesse, sans rupture, ni notes qui froissent l’oreille.
Certains morceaux gagnent donc plus d’ampleur puisqu’elle chante dans un registre mixte, usant aussi bien de sa voix de poitrine (notamment sur des titres où l’on était davantage habitué aux aigus, comme « Frozen ») que de sa voix de soprano (« Forgiven »).
Quoi qu’il en soit, son chant n’est pas à remettre en cause sur ce live et comble au contraire par moments les blancs dus à la réinterprétation de certains morceaux (« Memories », « The Cross »).

               Du côté technique du live, le son est excellent, si bien que l’on croirait des enregistrements studios ! Cela est surtout dû à l’acoustique – au sens commun du terme, cette fois-ci – excellente des théâtres dans lesquels Within à effectué son Theater Tour 2008 (d’où sont issus les titres présents sur ce live) ; chaque élément s’entend donc parfaitement bien, sans craindre trop d’interférences « parasitaires » entre la musique et le(s) public(s).
Un public d’ailleurs bien sage (est-ce dû à l’impression de fragilité que dégage les morceaux ?), mais qui n’hésite pas pour autant à répondre aux sollicitations de Sharon, à battre la mesure et à applaudir chaleureusement chaque invité venant rejoindre le groupe sur scène.
Utopia Within Temptation coverDe ce côté-ci, on retrouve donc successivement Anneke van Giersbergen sur « Somewhere » (et on ne peut s’empêcher de faire alors un parallèle entre ce live et le récent album solo de l’ex-Gathering qui s’orientait vers le même style), Keith Caputo pour « What have you done » qui au passage, perd complètement les quelques passages un peu « rappés » de la version originale, et Chris Jones sur « Utopia », seul titre inédit, destiné à promouvoir l’album.

               Un titre plutôt réjouissant pour un morceau qui l’est bien moins…
Le morceau, qui relève plus de la country que de la symphonie – même en version acoustique – pourrait avoir une place de marque sur cet album si le travail de composition avait été plus poussé. Extrêmement linéaire, on n’y retrouve aucun rebondissement : couplet sans couleur, refrain entêtant, mais pas extraordinaire pour autant, accompagné par des violons lancinants. En gros, un titre qui sonne assez single et qui s’étale sur environ 4 minutes.
Nous dirons donc que Within Temptation conclût ce live sur une note ni bonne ni fausse, mais mitigée.

               L’écoute du live An Acoustic Night At The Theatre, qui fait en quelque sorte le synopsis des albums précédents (sans pour autant n’en reprendre que les grands succès) peut donc se clore sur deux idées : on peut y voir la continuité de l’engagement du groupe vers une carrière faisant de plus en plus abstraction du métal. Ou tout simplement, on peut aussi écouter ce live pour ce qu’il est, c'est-à-dire tout simplement beau et réussi.

● Deltaplane

An Acoustic Night At The Theater Within Temptation