
01. Messiah
02. As I Slowly Bleed
03. Fly Away With Me
04. You Killed Me
05. Live To Fight Another Day
06. Eyes Of A Stranger
07. Thanks For Nothing
08. Turn The World Around
09. Higher
10. Victoria
11.(How Can Something So Good) Hurt So Bad
12. The Eye Collector
Le fan hoche la tête, perplexe. Ne se serait-il pas trompé de groupe ? L’album qu’il détient est certes bien estampillé Krypteria mais la cover est à des années lumières de l’imagerie habituelle du groupe.
Qu’importe ! En avant la musique.
Pour mémoire, le quatrième album des allemands, « All Beauty Must Die », souligne les sept années d’activité du groupe. De « Liberation » à « All Beauty Must Die », l’évolution du combo a été plutôt conséquente, passant d’une tradition gothique metal épurée à un style toujours escorté par un clavier, mais beaucoup plus discret, comme pour mieux répondre aux orientations heavy des derniers opus (comme pourrait le laisser deviner la pochette d’album qui fleure bon un bestiaire stylisé heavy metal). Ainsi, si « All Beauty Must Die » se rapproche par bien des aspects de son aîné, « My Fatal Kiss », on peut voir en cet album un melting-pot de tout ce que Krypteria avait produit jusque là, mais arrangé de façon hasardeuse ; l’opus de « hits » que nous propose le groupe (entendez par là des morceaux plutôt sobres, de courte durée avec une mélodie facilement mémorisable) a déjà été tenté par un nombre incalculable de formations, avec plus ou moins de succès. Krypteria s’était par ailleurs déjà aventuré dans ces eaux-là (mais oui ! Vous souvenez-vous de « My Fatal Kiss » ?) pour un résultat correct et sympathique, voir très bon aux yeux des néophytes du groupe, mais bien loin de la substance de « Bloodangel’ Cry ».
Quid du line-up de ce nouvel album ? Et bien, ce dernier ne subit aucune transformation ; en revanche, l’album accueille quelques invités, qui se livrent sur les morceaux les plus aboutis de cet opus. On retrouve donc une énergie plus que bienvenue sur le titre Higher, avec Tobias "Eggi" Exxel à la basse et Olli Singer à la guitare pour un morceau bien vivant au niveau mélodique, avec enchaînement de virements et autres crescendos. Idem pour le majestueux Victoria, l’un des rares titres ayant échappé à la réduction des effectifs pour la partie instrumentale, et amplifié par des chœurs pompeux et la voix de la célébrissime Doro Pesh. Le duo entre cette dernière et la chanteuse Ji-In Cho marque par ailleurs un moment fort de l’opus ; le refrain, bien qu’axé dans la logique de ce « All Beauty Must Die », se démarque largement des autres puisqu’il ne sombre pas dans l’efficacité sans émotion qui teint une partie de l’opus.
Hélas oui. Autant « My Fatal Kiss » pouvait pécher par son aspect simpliste et basique, autant « All Beauty Must Die » se perd quelquefois en rabâchant la technique remâchée du morceau pêchu, avec des résultats, certes, mais qui n’en fait pas l’album de l’année.
À la première écoute, on a parfois du mal à départager les morceaux puisque la plupart ont un schéma similaire ; en revanche certaines compositions n’en sont que plus remarquées (Higher, Victoria, The Eye Collector, Fly away with me). On tend l’oreille, la partie metal se veut travaillée autant qu’efficace mais c’est avec un peu de regret que l’on constate que seuls quelques morceaux parviennent à réellement harmoniser les deux (The Eye Collector, Higher, Thanks for Nothing -et sa petite ressemblance avec Passion and the Opera de Nightwish, si, si). Quoiqu’il en soit, les adeptes de « My Faltal Kiss » ne seront pas déçus ; en dépit de rares morceaux qui battent de l’aile pour la partie metal, cette dernière est toutefois menée avec la même efficacité que sur le précédent opus. L’énergie des morceaux n’est donc pas remise en cause si ce n’est quelques faiblesses au niveau rythmique, moins enjoué et énergique que sur « My Fatal Kiss » avec pour résultat de desservir certains morceaux, davantage que de leur insuffler de l’allant. À titre de constatation, les morceaux les plus variables rythmiquement sont aussi ceux qui sont les plus aisément remarqués -en dépit de la loi immuable disant que seul le plus mémorisable trouve grâce.
Attaquons maintenant le chant, loin d’être dénué de qualités ; le travail sur les chœurs est irréprochable, car même si l’on peut regretter sa présence uniquement dans les refrains, le groupe sait parfaitement l’adapter aux lignes de chant dynamiques de sa frontwoman Ji-In Cho (Messiah, Fly Away With Me, Turn The World Around, Higher, Victoria).
Clôturons sur la partie symphonique ; sans dénigrer son passé, Krypteria est forcé de constater que son héritage instrumental reste toujours en retrait, en dépit de son goût prononcé pour le piano -les nappes aux claviers jouant trop souvent le triste rôle d’ambiance de fond.
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Le maître mot de Krypteria ? L’énergie. Que les guitares saturent et que les riffs efficaces s’enchaînent ! Pour preuve, le seul morceau qui déroge à la règle, (How Can Something So Good) Hurt So Bad, tombe quelque peu comme un cheveu dans la soupe, pas vraiment dans le ton de l’album. |
Soyons franc, la partie instrumentale n’a pas été une priorité pour cet album, l’introduction de lignes de piano ou de violons servant surtout d’atout émotion... |
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Entre les chœurs majestueux - mais décidément trop brefs - et la voix pleine et entrainante de Ji-In Cho - qui fait ou non la réussite d’un titre avec ses modulations rythmiques réussies-, cette partie est finalement l’une des plus abouties du travail de Krypteria. |
Tout reste dans le ton, aussi bien de façon positive (les morceaux sont la suite logique les uns des autres, l’ambiance générale oscillant entre heavy et metal FM reste agréable) que de façon moins méliorative (les soli et les chœurs nous laisse entrapercevoir ce que peut faire Krypteria au mieux de sa forme, tout comme le morceau The Eye Collector). |
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Krypteria évolue dans une dimension heavy qu’il explore avec efficience, mais il reste encore à voir si le groupe saura entretenir la qualité (instrumentale principalement) qui marquait ses premiers opus.