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Adagio, Samaël et Paradise Lost à l'Elysée Montmartre (Paris) 19/12/2009



A quelques jours de Noël, en ce 19 décembre, Paris a rendez-vous à l’Elysée Montmartre pour un concert réunissant trois groupes évoluant chacun avec excellence dans leur propre univers. L’Elysée Montmartre affiche complet pour cette soirée qui s’annonce de qualité, entre prog/symphonique, black/electro et gothic/doom métal.  L’hiver ayant fait son apparition dans la semaine il fait fort froid et il n’y a pas encore grand monde lorsque, accompagnée de Nessy (dont vous avez déjà pu admirer le travail photographique dans notre galerie), j’arrive sur les lieux vers 17 heures. La file d’attente s’allonge petit à petit et l’Elysée Montmartre, ponctuel, nous ouvre ses portes à 18 heures.


Nous sommes à peine rentrés dans ce temple parisien de la musique, le temps de saluer quelques connaissances, que déjà les lumières de la salle s’éteignent, laissant les français d’Adagio arriver sur scène et nous gratifier de leur metal néo-classique mêlant progressif et musique classique. Et en parlant de musique classique, c’est au son de la danse des chevaliers issue du ballet «Roméo et Juliette» de Sergueï Prokofiev que les membres d’Adagio entre uns à uns sur scène avant d’entamer leur set avec l’efficace « Vamphyri », tiré de leur dernier album «Archangels in Black» avant d’enchainer sur le single « Fear Circus », tiré lui aussi du dernier opus du groupe. A ce stade de la soirée le public reste fort peu démonstratif. Est-ce parce qu’il n’a pas eu le temps de se réchauffer ? Est-ce parce qu’il n’est pas beaucoup sollicité par le groupe ? Est-ce parce qu’il n’est que peu convaincu ? Malgré une prestation de très belle facture de la part du groupe le public n’est pas tout à fait au rendez-vous. Christian Palin est très à l’aise au chant et nous fait une jolie démonstration de sa palette vocale, Stephan Forte nous gatte de joli soli, Kevin Codfert interprète un bon petit solo en introduction de « Undead », avant-dernier morceau du set. Pas de doute la prestation technique est remarquable et carré mais, pour mon premier concert d’Adagio dont j’avais entendu tant de bien scéniquement, la prestation scénique est un peu décevante. Difficile d’en blâmer le groupe, ce sont les conditions de ce concert qui veulent ça et je me fais un devoir de les revoir dans de meilleures conditions. Le jeu de lumière, première partie oblige, sera ce soir limité au minimum syndical, les musiciens ne sont pas idéalement mis en valeur mais la balance sera le meilleur de la soirée. Le set, bien trop court s’achève après moins d’une demi-heure et le groupe s’éclipse sans même un salut sous des applaudissements tout de même enthousiastes.

Setlist Adagio
Vamphyri (archangels in black)
Fear Circus (archangels in black)
Second Sight (sanctus ignis)
Undead (archangels in black)
Dominate

Après un rapide changement de plateau (on apprécie d’ailleurs la rapidité avec laquelle tout s’est enchainé ce soir) voilà le temps de la claque pour moi. Car c’est en effet Samaël et son black/metal électro qui vient maintenant investir la scène de l’Elysée Montmartre, et les suisses que je vois pour la première fois en live me feront très forte impression. Un set dont je retiens : une énergie débordante, une très bonne communication avec le public, un grand professionnalisme et une grande variété dans les périodes de leur carrière qui seront abordées (10 titres tirés de sept albums différents, fait assez rare pour être apprécié) … Un concert d’une très grande qualité dont il y a peu à redire, c’est lourd, puissant, et on se laisse emporter pleinement par la musique ! Les lumières sont en magnifique adéquation avec la musique du quartet et sont appuyés par des projections adaptées à chaque titre qui nous immergent pleinement dans l’univers du groupe. On entend relativement bien chaque instrument même si on regrettera un son trop fort et une basse trop présente. Vorph, chanteur/guitariste est impressionnant de charisme et de magnétisme et sa voix puissante en fait trembler plus d’un. Mais les autres membres du groupe ne sont pas en reste et ne manquent pas d’énergie. Xy est impressionnant derrière sa semi-batterie couplée avec un clavier (la batterie est le plus souvent samplée pour lui permettre d’envelopper la musique de Samaël de nappes de claviers et d’effets divers et variés qui contribue à faire l’ambiance lourde, puissante avec ce petit côté électro-industriel), il fait de petits sauts pour percuter ses futs avant de repasser au clavier. Mention spéciale également à Christophe Mermod qui est complètement dans son monde derrière sa basse et qui, souvent souriant, prend visiblement beaucoup de plaisir. Bluffant !  Un véritable show dont on ne voit pas passer les 45 minutes et qui réchauffe nettement un public majoritairement sous le charme. A revoir à n’en pas douter.

Setlist Samaël
Rain 
Solar Soul 
Reign Of Light 
Infra Galaxia 
Western Ground
Ceremony Of Opposites 
Black Hole 
Into The Pentagram 
Slavocracy 
The Ones Who Came Before

A 20h25 voici venu le temps pour les britanniques Paradise Lost d’entrer en scène. La majeure partie du public étant venue pour eux celui-ci se resserre un peu plus, nous rappelant que le concert est sold-out ce soir. J’avais déjà vu les britannique délivrer sur scène leur gothic/doom metal (changement de registre après Samaël donc) il y a un peu moins deux ans en festival et même si j’apprécie beaucoup musicalement j’avais été déçu par le manque de prestance scénique du combo. J’attendais de les voir dans un concert qui leur est propre pour affiner mon avis sur la question. Voilà chose faite. Je ne m’attendais donc pas à grand-chose scéniquement et de ce côté-là j’ai été plutôt agréablement surprise même si la prestation n’est pas grandiose, on se laisse plus porter par la musique qui nous vient aux oreilles que par la prestation scénique. Le guitariste Greg Mackintosh, absent pour raison familiale, est remplacé par Milly Evans, inconnu au bataillon (mais qui s’avère être le technicien guitare de Paradise lost depuis plusieurs années), qui saura parfaitement tenir son rôle. Nick Holmes n’excelle pas dans son rôle de frontman et reste statique derrière son micro et son chant est un peu faiblard … Problème de balance ou problème de voix ? Quoiqu’il en soit le son est bien trop fort pour Paradise Lost, avec trop de basses, le moins bon son de la soirée, dommage et décevant pour un groupe de tête d’affiche. Cependant les lumières et les projections sont, elles, de qualités, ce qui relève le niveau du set. Le public est conquis, une bonne ambiance s’installe dans la salle, ça chantonne, ça opine du chef et ça entonne un « Joyeux anniversaire » de rigueur quand Nick Holmes dédie « No celebration » à Aaron Aedy qui, sa guitare à l’épaule, fêtait ses quarante ans ce soir là.
Malgré une communication et un jeu de scène minimaliste nous avons assisté à 1h20 d’un très beau show musical et professionnel, porté par de sublimes compositions tirées d’une bonne partie de la discographie des britanniques.

Setlist Paradise Lost
Rise of Denial
Pity the sadness
Erased
I remain
As I die
The enemy
First light
Enchantment
Frailty
One second
No Celebration
Eternal
Requiem

Faith divides us
Last Time
Say just words

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